CHAPITRE VII. — ÉVAPORATION DANS LE VIDE
vapeurs dans l'intérieur du serpentin se rend dans le vase C, d'où elle s'échappe par le tuyau de décharge D' muni du robinet s. On peut l'évacuer à volonté, sans laisser rentrer l'air dans l'appareil et sans suspendre le travail de la vaporisation dans la chaudière ; pour cela, on ferme le robinet w, on met la capacité C en communication avec la chaudière à vapeur, et on ouvre le robinet de décharge s ; lorsque l'eau est écoulée, on ferme le robinet s et on ouvre le robinet u. Au-dessous de la chaudière A est un cylindre 0 destiné à recevoir le sirop cuit, lorsqu'on ouvre le robinet H ; le vide y est fait préalablement par la vapeur. Dans les raffineries où l'on emploie de l'eau pour condenser la vapeur, celle qui sort du serpentin suffirait au besoin.
On voit, d'après ce qui précède : 1° que s'il n'y avait pas de pertes par les robinets et les ajutages, le vide une fois produit dans l'appareil se maintiendrait indéfiniment, et qu'à chaque opération il suffirait de faire le vide dans le cylindre 0 et dans le réservoir C, ce qui consommerait un volume de vapeur égal à trois ou quatre fois seulement le volume du sirop avant la cuite ; 2° que, dans les raffineries, on ne consommera pas d'eau pour la condensation ; 3° que, dans les fabriques de sucre indigène, on pourra employer la condensation de la vapeur à évaporer du sirop déféqué, ce qui doublera à peu près l'effet utile du combustible.
Mais ces résultats ne sont pas complètement atteints dans la pratique, et l'on a été conduit à entretenir le vide avec une pompe à air, comme nous allons le voir dans la disposition suivante adoptée par MM. Derosne et Cail, et employée plus spécialement dans les fabriques de sucre.
i^^k .^ Appareil de M. Degrand^ modifié par MM. Derosne et Cail. — Cet appareil est une combinaison de ceux d'Howard et de Degrand ; le vide est produit et maintenu dans la chaudière par une pompe à air, et la vapeur est condensée par la transmission de la chaleur, à travers la paroi d'un serpentin, à un liquide qui s'évapore par un courant d'air. Les figures 370 et 371 représentent une coupe verticale et une projection horizontale de la partie de l'appareil qui se trouve à la suite de la chaudière. Celle-ci d'ailleurs est disposée comme toutes celles qui évaporent dans le vide ; seulement le dôme qui la surmonte renferme une soupape destinée à établir ou à intercepter la communication avec le reste de l'appareil, au moyen d'un levier et d'une tige passant à travers une boîte à étoupes. C, tuyau d'écoulement des vapeurs de la chaudière ; D, cylindre dans lequel
les vapeurs sont projetées de haut en bas et où s'arrête le liquide entraîné ; la hauteur de ce liquide est indiquée par un niveau n, et il peut être extrait par un robinet r, placé à la partie inférieure, lorsque le vide n'existe pas dans l'appareil ; E, E, tubes destinés à conduire les vapeurs dans les deux serpentins F, F, formés chacun d'un tube replié sur lui-même dans un plan vertical et fixé dans un châssis en bois ; G, G, tuyaux placés à la suite des serpentins et qui établissent la communication avec la pompe aspirante ; H, H, réservoirs du liquide froid, placés au-dessus des serpentins et dont le liquide s'écoule par im grand nombre de petits orifices distribués
Fig. 371.
sur toute leur longueur ; les plaques dans lesquelles sont percés les orifices sont terminées en bas par une ligne dentelée afin de répandre uniformément le liquide ; es robinets d'alimentation des réservoirs II se manœuvrent au moyen d'une manette à la portée des ouvriers