CHAPITRE Vni. — APPAREILS A EFFETS MULTIPLES
6°, 19 de mercure- (ce qui correspond à 65° pour la température de son ébullition), et dans la troisième à 0°, 70 de mercure (ce qui correspond à 45° pour la température de l'ébullition), la surface de chauffe de la première étant représentée par i , celle de la seconde sera 5, et celle de la troisième 20. D'abord l'effet de la première, si elle est chauffée à feu nu, ne peut pas être comparé à ceux des deux autres, parce qu'il dépend de l'intensité du foyer et qu'il peut varier dans de fortes proportions, depuis 20 kilogrammes jusqu'à 50 kilogrammes de vapeur par mètre carré et par heure ; il ne pourrait leur être comparé qu'autant que le chauffage aurait lieu par de la vapeur dont on connaîtrait la température. Quant aux deux autres, les excès de température sont 100 — 65 = 35° et 65 — 45 = 20° ; ainsi, dans ces circonstances, les surfaces de chauffe devant être en raison inverse des excès de température, la troisième surface devrait être à la seconde dans le rapport de 35 à 20 ou de 1 , 75 à 1 , et non pas dans celui de 20 à 5 ou de 4 à 1 . L'appareil dont il est question n'est réellement qu'à double effet ; car les vapeurs de la première se rendent simultanément dans la seconde et dans- la troisième. Enfin les deux dernières chaudières communiquant avec la pompe à air par le même tuyau, il s'y produit nécessairement la même détente, et les liquides ne peuvent y entrer en ébullition qu'à la même température, et à la condition d'avoir le même degré de concentration ; cependant d'après la description, la seconde chaudière pourrait concentrer le sirop jusqu'à 25° Baume, et la troisième pourrait l'amener de 25° au point de cuite. Il résulte évidemment de ce que je viens de dire que M. Rillieux, l'inventeur de l'appareil, ne s'est pas complètement rendu compte des phénomènes physiques qui s'y produisent.
1661. En résumé, c'est M. Pecqueur qui, le premier, a établi les vrais principes de la distillation et de l'évaporation à effets multiples et qui en a fait le premier l'application.
1662. En Allemagne, on emploie encore actuellement des appareils à effets multiples disposés d'après le principe de Rillieux; les chaudières sont cyUndriques et horizontales ; elles sont pourvues d'un faisceau tubulaire horizontal recevant la vapeur ; le Hquide à évaporer entoure le faisceau tubulaire ; les tubes s'encrassent; on a dû imaginer un système pour les rendre amovibles afin de permettre le nettoyage. Ce sont là des conditions qui rendent l'entretien des appareils difficile ou du moins pénible.
1663. En France, on emploie exclusivement des chaudières cyhndriques verticales terminées par des calottes sphériques en haut et