‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiéeChapitre 204 sur 298 · CHAP. III. — SÉCHAGE PAR UN COURANT D'AIR PRODUIT ARTIFIC · texte numérisé non relu

CHAP. III. — SÉCHAGE PAR UN COURANT D'AIR PRODUIT ARTIFIC

saturé, la tension de la vapeur serait de O^jOOô ; son poids par mètre cube, de 0'',0064 ; le poids total, de 362 kilogrammes. En supposant 2 hommes à 3 francs pour un travail de 10 heures, le prix de l'évaporation de362 kilogrammes serait de 0',60;et celui de 1 kilogramme d'eau reviendrait à 0^0016. La dépense serait encore plus faible, si l'on diminuait la vitesse d'accès en augmentant les diamètres d'entrée des ventilateurs ou leur nombre, et si le travail était produit par la vapeur.

1689. Le tirage par une cheminée d'appel coûterait beaucoup plus; en effet, l'excès de température de l'air dans la cheminée devrait être au moins de 20° ; or, pour élever de 20° la température de i mètre cube d'air, il faut 1,3.20. 0,24 =6%24 ; par conséquent 1 kilogramme de houille sera nécessaire pour 8000 : 6,24 = 1282 mètres cubes d'air; et par suite, pour le volume d'air précédemment calculé, il faudrait 56520 : 1282 = 45 kilogrammes de houille, ce qui, à 50 francs la tonne, porterait la dépense d'appel par heure à 2 Ir. 25.

1690. Mais l'eiTet produit dépendant de la température de l'air et de son état hygrométrique, il augmentera évidemment à mesure que la température sera plus élevée et que le degré de saturation sera moindre ; il serait évidemment nul si l'air était saturé. En outre, l'évaporation produit un refroidissement de la matière et de l'air, qui diminue nécessairement la quantité de vapeur dont l'air peut se charger. En supposant que toute la chaleur soit fournie par l'air, 0^0064 de vapeur, dans les circonstances que nous avons supposées, exigent à peu près 0,0064 . 640 = 4%096, ce qui abaisserait la température de l'air de 13°, 1. A la vérité, une grande partie de cette chaleur sera restituée par l'enveloppe de la galerie, par l'air et par le rayonnement des corps environnants ; mais il y aura toujours un certain abaissement de température qui dépendra de la nature de l'enveloppe de la galerie, de son épaisseur, de ses- dimensions et d'une foule de circonstances dont il est impossible d'apprécier d'avance l'influence.

1691. Il est évident que si l'on voulait construire un appareil de séchage par l'air extérieur non chauffé et mis en mouvement par un travail mécanique, il faudrait réduire autant que possible la vitesse d'appel, en multipUant le nombre des ventilateurs, employer un moteur à vapeur et disposer l'enveloppe du séchoir de manière qu'elle se mît promptement en équilibre de température avec les corps environnants ; cette enveloppe devrait par conséquent n'avoir qu'une faible épaisseur, et devrait être formée de corps bons conducteurs.

C'est le contraire des conditions à remplir pour les enveloppes des séchoirs à air chaud.

1692. Ce mode de séchage pourrait devenir très-avantageux si l'on pouvait dessécher à peu de frais l'air à son entrée dans le séchoir; il donnerait un effet utile à peu près proportionnel à la température extérieure. Avec cette modification, il pourrait s'apphquer avantageusement à la dessiccation des corps qui ne peuvent subir cette opération qu'à une température peu élevée, comme lacoUe. La dessiccation de l'air pourrait avoir lieu par la chaux vive ou par le chlorure de calcium ; avec le premier corps, elle coûterait fort peu de chose si l'on avait l'emploi de la chaux hydratée, ce qui a Ueu dans quelques circonstances ; avec le chlorurede calcium, le prix de la dessiccation de l'air résulterait de celui de la dessiccation et de la calcination du chlorure, opérations qui pourraient quelquefois s'effectuer par la chaleur perdue des générateurs. La dessiccation de l'air s'effectuerait facilement dans des caisses en bois, communiquant par la partie supérieure avec le séchoir, latéralement et par la partie inférieure avec l'air extérieur, et garnies d'un grand nombre de cloisons horizontales à claire-voie sur lesquelles la chaux ou le chlorure de calcium seraient déposés, et de portes latérales pour renouveler la matière siccative ; pour l'emploi de la chaux vive, les cloisons pourraient être en bois ; pour le chlorure de calcium, elles devraient être entoile métallique, et le fond delà caisse devrait renfermer un vase destiné à recevoir le chlorure de calcium liquéfié. Dans tous les cas, il faudrait donner aux caisses une grande section, et espacer assez les matières siccatives pour que l'air ne prît dans les caisses qu'une très-petite vitesse ; l'appareil devrait être disposé de manière que l'air ne sortît jamais du séchoir que saturé, et pour cela il devrait avoir une petite hauteur et être divisé en deux parties égales A et B, par une cloison longitudinale qui ne se prolongerait pas jusqu'à son extrémité. Chacune des deux parties pourrait communiquer par ses deux extrémités avec les caisses de dessiccation et avec l'appel. Au commencement du travail, on ferait marcher l'air dans le sens AB ; quand les matières de A seraient sèches, on fermerait la communication des deux chambres, on ferait seulement passer l'air à travers la seconde chambre B, pendant qu'on renouvellerait les matières de A, après quoi on ferait marcher l'air dans la direction BA ; quand les matières de B seraient sèches , on ferait passer l'air seulement à travers la chambre A, pendant qu'on renouvellerait celles de B, et ensuite on ferait circuler l'air de nouveau dans les deux chambres et

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