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CHAPITRE IV Séchage par la chaleur

JSéchagfe par l'air chaud*

1693. Le séchage à l'air chaud est très-favorable à la régularité du travail ; il est nécessaire lorsque la dessiccation doit s'effectuer rapidement, ou qu'elle ne pourrait pas avoir lieu à l'air libre. Ce mode de séchage est évidemment plus cher que celui qui se fait naturellement par l'exposition à l'air. La dépense de chaleur se compose toujours de celle qui est employée à produire la vapeur et de celle que renferme l'air qui entraîne la vapeur.

1694. Les séchoirs, qui portent souvent le nom impropre d'étuves, peuvent se diviser en trois classes : ceux qui reçoivent l'air chauffé en dehors; ceux dans lesquels, outre le courant d'air chaud, il y a un chauffage intérieur ; et enfin ceux dans lesquels il n'y a point d'accès régulier d'air extérieur, c'est-à-dire dans lesquels la vaporisation est uniquement produite par la chaleur provenant d'un calorifère intérieur. Nous examinerons successivement ces différents modes de séchage.

1695. Séchoirs à courants d'air chaulé extérieurement. — Ces séchoirs consistent toujours en une chambre close, dans laquelle sont étendues les matières à sécher, et qui a deux ouvertures, l'une pour l'arrivée de l'air chaud, l'autre pour la sortie de l'air saturé de vapeurs dans l'atmosphère. De quelque manière que soit placé l'orifice d'accès de l'air chaud, ce gaz gagne toujours rapidement la partie supérieure du séchoir ; l'orifice d'écoulement de l'air saturé doit évidemment être placé à la partie inférieure : car s'il était placé en haut, et si l'air chaud n'était pas uniformément distribué dans toute la surface du séchoir, il se dégagerait beaucoup d'air non saturé, tandis que si l'orifice de sortie est placé au bas, l'air chaud descendra en se répandant uniformément dans toute la section. Je pense qu'il est plus avantageux d'amener l'air chaud dans un canal au sommet du séchoir,

l^ue de le laisser monter à travers une partie des matières humides, parce qu'il y aura plus de régularité dans le séchage. Les orifices de

dégagement doivent communiquer avec une cheminée d'appel qui permette au besoin d'augmenter le tirage au moyen d'un foyer spécial ; ordinairement on se contente de placer dans leur intérieur la cheminée en tôle du calorifère.

1696, L'appareil étant disposé comme nous venons de le dire,, examinons ce qui se passe par l'accès de l'air chaud, et faisons pour le moment abstraction de la chaleur absorbée par les murailles et transmise au dehors. L'air chaud, en descendant par couches horizontales sensiblement isothermes, se refroidit en échauffant les matières humides et en se chargeant de vapeur, et quand il en est saturé, les vapeurs qu'il renferme se condensent successivement à mesure que l'air se refroidit ; ainsi la température des matières va progressivement en diminuant de haut en bas; à une distance du sol, décroissant avec le temps, l'air saturé de vapeur est à la température extérieure, et il sort par la cheminée d'écoulement un volume d'air égal à celui qui est entré dans le calorifère, augmenté de celui qui correspond à la saturation complète, et l'air sort évidemment dans ces conditions jusqu'à l'époque où les matières qui se trouvent à la surface du sol commencent sensiblement à s'échauffer. A partir de cet instant, la température du mélange d'air et de vapeurs à la sortie du séchoir va toujours en croissant; mais à une certaine limite la quantité totale de chaleur contenue dans un mètre cube du mélange d'air et de vapeurs est égale à celle qui se trouvait dans le poids d'air que contient le mélange à la température d'entrée de l'air chaud dans le séchoir; au delà de cette température, l'air n'est plus saturé, et il l'est d'autant moins que sa température est plus élevée. S'il atteignait la température qu'il avait en entrant dans le séchoir, il est évident qu'il ne serait nullement chargé de vapeurs.

1697. 11 résulte de cet examen des phénomènes qui se produisent dans un séchoir, qu'on peut diviser l'opération en trois périodes distinctes :

Dans la première, toute la chaleur apportée par l'air est employée à réchauffement des matières à sécher ; l'air écoulé est à la température extérieure, et toute la chaleur est utilisée.

Dans la seconde période, l'air s'échappe saturé à une température qui va d'abord en croissant jusqu'à une certaine limite, variable avec la température à l'entrée du séchoir ; ensuite la température du mélange reste constante.

Enfin, dans la dernière période, durant laquelle s'achève la dessiccation, l'air s'échappe non saturé à une température croissante, et

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