CHAPITRE IV. — SÉCHAGE PAR LA CHALEUR
que nous avons calculés ; mais ces variations ne changeront pas les conséquences générales que nous avons déduites de la supposition admise.
1701. Pour que l'air chaud puisse sortir saturé aune température donnée, du moins quand les matières humides ont été échauffées, il faut nécessairement que l'air chaud pénètre dans le séchoir à une température croissante avec celle de sa sortie ; car lorsque le régime est établi, toute la chaleur apportée par l'air doit se retrouver dans le mélange d'air et de vapeur à la sortie, et il est facile de prévoir que la température de l'air chaud doit augmenter suivant une loi trèsrapide à mesure que celle du mélange s'élève. En effet, en supposant à l'origine l'eau et l'air à 0°, en conservant les notations précédentes et en désignant par /' la température de l'air chaud entrant, la quantité de chaleur absorbée par un mètre cube du mélange sera, d'après ce qui précède :
et on aura
0,41 (0,76 — p]t' 0,41 (0,76 — p)t-\- d, 07 (606,5 + 0,30o^)p l-{-at ~ i-\-at '
d'où
et pour des températures de sortie du mélange égales à
on trouve pour les températures d'entrée
1702. Si la température extérieure était égale à 6°, en négligeant la petite quantité de vapeur que contient l'air, on aurait évidemment :
0,41 (0,76 — p) (< — 6) -f 1 .07 (606,5 + 0,30ot — e)p
En supposant 6 = 15°, et pour les mêmes valeurs de t, on aurait pour t' : .. .
1703. Ainsi, quand l'air extérieur est à 0° ou à 15°, pour que le
mélange saturé fût à 40° seulement, l'air chaud devrait entrer à une température voisine de 150°, température qui ne pourrait pas être dépassée pour les matières textiles ; l'effet utile serait alors seulement de 0,76 ; mais avant qu'on eût atteint cette température, il aurait été eh décroissant pendant réchauffement des matières à partir de 1° ; l'effet utile moyen dépasserait 0,75 ; il deviendrait évidemment plus petit à la fin de la dessiccation, quand la température de sortie dépasserait 40°, parce qu'alors l'air ne sortirait plus saturé. îi 1704. Mais quand l'air extérieur esta 0° ou à une température quelconque 6, l'effet utile, qui est primitivement égal à l'unité, quand l'air sort du séchoir saturé à la température extérieure, diminue d'abord pour augmenter ensuite, et se rapprocher de l'unité quand la température du mélange s'approche de la limite de saturation ; on conçoit facilement qu'il doit en être ainsi.
1705. La formule générale qui représente l'effet utile peut facilement s'obtenir en remarquant qu'on peut toujours négliger dans le calcul la petite quantité de vapeur qui se trouve dans l'air extérieur. En supposant par exemple l'air à 15° et à moitié saturé, la tension de la vapeur est seulement de 0°',0064, le poids de l'air sec renfermé dans 1 mètre cube est de I'',2l6, celui de la vapeur de 0'',010 ; le poids du mètre cube du mélange, de l'',226 ; la capacité calorifique moyenne du mélange de 0,239 ; tandis que si l'on négligeait la vapeur qui se trouve dans l'air, le poids du mètre cube d'air serait de l'',23 ; et la capacité calorifique de 0,2377. Ainsi on peut ne pas avoir égard à la vapeur qui se trouve dans l'air à 15°, et à plus forte raison quand la température est moins élevée. D'après cela, en désignant par 6 la température extérieure, et, comme ci-dessus, par t la température de sortie de l'air saturé, par p la tension de la vapeur, les quantités de chaleur C et Ci, absorbées par l'air et la vapeur de 6° à f sont : .
„ 0,41(0,76 — p) (<— 6) 1,07(60fi,f)-^0,30o< — 6)p
Le rapport de la chaleur employée pour la vaporisation à la chaleur totale dépensée sera
' C-|-Ci~ 1,07(606,5 + 0,305* — 6jp + o,4i (0,76 — ^j) (< — 6} '
On voit, à l'inspection de cette formule, que, pour la même valeur