CHAPITRE VI. — DISPOSITIONS DES SÉCHOIRS A AIR CHAUD
ainsi, l'air saturô renfermant peu de vapeur, ces appareils doivent exiger une certaine dépense de travail pour mettre en mouvement le volume d'air nécessaire au séchage. Cette circonstance ne se rencontre pas dans les séchoirs ordinaires, parce que les matières y sont fixes et qu'elles s'échauffent progressivement par la condensation d'une partie des vapeurs produites dans les parties supérieures du séchoir. Ces deux appareils pourraient facilement être modifiés de manière à ne laisser sortir le mélange qu'à une température peu inférieure à 100°. Il suffirait que les cloisons ab du premier et la cloison AB du second fussent chauffées par un moyen quelconque, afin d'échauffer l'air à mesure qu'il se refroidirait en produisant de la vapeur. Dans la disposition de la figure 400, le mode de chauffage le plus simple consisterait à former la cloison AB avec une série de petits tubes parallèles, communiquant par le haut et par le bas avec des tubes horizontaux, dont l'un amènerait la vapeur, et dont l'autre ferait écouler l'eau du condensateur. Le mélange pourrait sortir à une température très-voisine de 100°. En plaçant deux autres séries de tubes parallèles à AB de l'autre côté de l'étoffe, contre les cloisons de bois, on augmenterait beaucoup la quantité de matière séchée dans un temps donné. Si la vapeur était à une température supérieure à 100°, les vapeurs produites s'écouleraient d'elles-mêmes sans l'intervention de l'air; les orifices C et D devraient être supprimés, et il suffirait que les orifices E et F communiquassent avec l'air extérieur. Dans ce dernier cas, en supposant que l'appareil soit enveloppé de matières conduisant mal la chaleur, et d'une épaisseur suffisante, la quantité de vapeur formée serait égale à celle qui se condenserait dans les tuyaux. Ces derniers devraient avoir des surfaces ternes, afin d'émettre le plus de chaleur possible par le rayonnement.
1750. La figure 401 représente une coupe transversale d'un séchoir à draps. Ces séchoirs, qu'on désigne ordinairement sous le nom de rames^ doivent contenir de l'air à une température supérieure à 40°; ils renferment deux tuyaux à vapeur A, A', qui les parcourent dans toute leur longueur. Ces tuyaux sont enveloppés de planches, de manière que l'air échauffé autour d'eux puisse s'échapper par la partie supérieure. L'air froid arrive par des orifices nombreux B, placés au-dessous des tuyaux. Les draps sont tendus sur des traverses horizontales D, D, qui laissent entre elles un intervalle de O'",10 environ; les pièces C, C sont seulement suspendues aux traverses D ., D'. L'air chaud s'élève contre les surfaces des quatre nappes
de drap centrales C,C, et descend contre les deux surfaces des nappes extrêmes C',r/, pour gagner les orifices E, qui sont uniformément
Fig. 401.
distribués dans la longueur du rame, et communiquent avec la cheminée d'appel.
1751 . La figure 402 représente une coupe verticale d'un séchoir à étoffes, construit, il y a plusieurs années, par M. René Duvoir, pour une blanchisserie. Les pièces de calicot sont suspendues verticalement à des pièces de bois a, a, a qui forment un plancher à clairevoie, sur lequel les ouvriers peuvent marcher pour aller étendre les pièces dans toutes les parties du séchoir. Trois calorifères, placés audessous du sol, lancent l'air chaud à la température moyenne de 120° dans un canal en briques, d'où il s'échappe latéralement par un
grand nombre d'ouvertures o, o, o fermées par des portes à
coulisses qui permettent de le répartir également des deux côtés. L'air chaud s'élève d'abord; il est ensuite obligé de descendre pour gagner les orifices des cheminées d'évaporation, dont une partie se trouvent au bas du séchoir en A, A, et l'autre en B, h, à moitié de sa hauteur. On n'ouvre ces dernières qu'au commencement de l'opération, et on les ferme ensuite complètement, afin que l'air soit obUgé de descendre jusqu'à la surface du sol. Les cheminées se réunissent trois à trois, et forment de chaque côté un seul corps qui s'élève audessus du toit.
Dans cet appareil, on sèche, en 6 heures, 150 pièces de calicot, qui contiennent ordinairement 1130'' d'eau. La consommation de