CHAPITRE VIII. — DESSICCATION DU BOIS ET DE LA TOURBE
Cillé dans le troisième compartiment, dans des tuyaux, débouchent dans la deuxième section de la galerie, où ils sont en contact avec le bois. La vapeur surchauffée, développée dans la troisième section, traverse la deuxième dans des tuyaux fermés. La quatrième section est celle du refroidissement du bois desséché ; le refroidissement du hgneux y est produit par de l'air froid circulant autour de l'enveloppe en tôle mince qui forme cette partie de la galerie. Dans ce système, la chaleur du ligneux se transmet à l'air contenu dans l'enceinte, à la tôle, puis à l'air extérieur. Ce dernier s'échauffe progressivement, en circulant en spirale, depuis l'extrémité de la galerie jusqu'à la porte placée entre la quatrième et la troisième section; il se rend ensuite par un conduit spécial dans la deuxième section , où il concourt à la dessiccation préalable du combustible. En résumé, le bois introduit froid et humide, par une des extrémités de la galerie, en sort à l'extrémité opposée converti en ligneux , à une température peu supérieure à celle de l'atmosphère ; les agents de la dessiccation et du refroidissement, savoir, la chaleur du foyer et l'air froid, parcourent la galerie dans une direction opposée à celle des wagons. Admis aux extrémités de la troisième et de la quatrième section, tous les gaz plus ou moins refroidis sortent ensemble à Textrémité de la galerie, où l'on peut supposer qu'ils sont appelés par un ventilateur. Quant à l'eau hygrométrique admise dans la galerie avec le bois lui-même, elle en sort sous deux états différents : la partie vaporisée, dans la première et la deuxième section, reste en dissolution dans le mélange d'air et de gaz qui a produit la des- -siccation ; la partie vaporisée dans la troisième section se condense dans les tuyaux des deux sections précédentes, et forme une source d'eau distillée à 100°, qu'on peut utiliser à l'alimentation des chaudières à vapeur. La galerie est fermée à ses extrémités, et subdivisée aux trois points de jonction des sections par des portes mobiles, au moyen desquelles on interrompt ou on établit à volonté, soit la communication des sections extrêmes avec l'atmosphère, soit la ^;ommunicalion des sections contiguës.
1781. Les dimensions des différentes parties de l'appareil, et les détails de construction, ne peuvent être déterminés qu'à la suite ilessais, ainsi que la quantité de chaleur consommée. M. Leplay a cependant étudié les dispositions de la galerie et calculé l'effet utile produit, en supposant d'abord qu'on emploie un foyer spécial, et en admettant qu'on emploie la chaleur perdue des générateurs.
1782. M. Leplay examine ensuite le cas où il serait important de
recueillir les eaux provenant de la condensation des vapeurs pour l'alimentation des générateurs. Il faudrait alors dessécher en vase clos ; la construction et le service de la galerie se trouveraient simplifiés. Les gaz du foyer, ou ceux qui s'échappent des générateurs, circuleraient exclusivement autour des parois en tôle de la galerie, depuis l'extrémité de la section n° 3 jusqu'à l'extrémité opposée de a section n° 1. L'eau hygrométrique vaporisée dans la troisième section circulerait dans des tuyaux placés près du sol des sections n° 2 et n" 1 ; celle qui serait produite dans la deuxième section pénétrerait dans les premiers tuyaux traversant la section n° 1 . La portion de vapeur qui ne serait pas condensée échaufferait au moyen de serpentins, en dehors de la galerie, de l'eau contenue dans des haches. M. Leplay a donné un aperçu de la distribution probable de la chaleur dans cette disposition.
1783. Les renseignements que je viens de donner permettent d'apprécier les effets que peuvent produire les différents modes de dessiccation, et les dispositions proposées par M. Leplay. Je m'occuperai d'abord des séchoirs chauffés par un foyer spécial. D'abord il convient de rejeter le séchage par un courant d'air préalablement chauffé dans un calorifère, parce que la température du mélange d'air et de vapeur serait trop peu élevée pour produire un grand effet utile.
1784. Le chauffage direct par la combustion n'est praticable qu'en introduisant dans le foyer ou dans les gaz qui s'en dégagent un grand excès d'air, de manière que la température du mélange n'atteigne pas 200°; maison se trouve alors dans le cas du séchage par de l'air préalablement échauffé dans un calorifère. On augmenterait beaucoup la températiu'e du mélange d'air et de vapeurs à la sortie, si on refroidissait les gaz qui sortent du foyer, en les faisant circuler dans des tuyaux de fonte ou de terre cuite, placés au-dessous du bois, avant de les abandonner à la partie supérieure de la chambre.
1785. Le meilleur de tous les systèmes de séchage est évidemment celui qui a lieu en vase clos, parce qu'alors on ne perd réellement que la chaleur employée à la vaporisation et à réchauffement du bois, celle qui passe à travers les murailles du séchoir, et celle qui reste dans la fumée du calorifère, quand elle pénètre dans la cheminée. La première perte est inévitable ; la seconde l'est également, mais elle est très-petite relativement à la première, et seulement dans le rapport de 40 à 320 ; la troisième peut être diminuée en