‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiéeChapitre 239 sur 298 · CHAPITRE VIII. — DESSICCATION DU BOIS ET DE LA TOURBE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. — DESSICCATION DU BOIS ET DE LA TOURBE

donnant aux murailles une grande épaisseur ; enfin la dernière peut être réduite à moins de 0,1 de la chaleur produite, en abandonnant la fumée à une température peu supérieure à 100".

1786. Quant aux dispositions proposées par M. Leplay, la dernière est un peu compliquée ; elle exigerait de grands frais d'établissement, et ne sera que difficilement adoptée par l'industrie. La première est dans le môme cas, à cause surtout de la multitude des tuyaux formant les calorifères à air chaud et à vapeur.

1787. A mon avis, la disposition la plus simple et la plus économique consisterait en deux galeries parallèles un peu allongées, A et A', ayant chacune à ia partie inférieure un foyer F, F', et des tuyaux horizontaux placés au-dessous du sol, que la fumée parcourrait simultanément ou successivement, mais de manière à répartir la chaleur le plus uniformément possible sur le fond des galeries. Chacune des galeries serait fermée aux deux extrémités par des portes doubles en tôle, et renfermerait au niveau du sol, et prolongés en dehors, deux rails qui porteraient des wagons en fer sur lesquels le bois serait placé de manière à remplir la plus grande partie de la galerie. Les fumées des deux foyers se rendraient dans une cheminée commune d'une grande section et garnie à son sommet d'un registre destiné à régler le tirage. Les murailles voisines des deux galeries formeraient un espace fermé; au milieu se trouverait la cheminée qui communiquerait par le bas avec chacune des galeries au moyen d'orifices garnis de registres, de chaque côté de la cheminée, à la partie inférieure seraient placés les foyers F, F'; au-dessus de la voûte des foyers, chacun des espaces communiquerait avec une des galeries par des ouvertures munies de registres, et avec l'air par la partie inférieure ; enfin, dans les espaces dont je viens de parler, se trouveraient des tuyaux de condensation de la vapeur pouvant communiquer avec les galeries, et ouverts par le bas à l'extérieur. Yoici de quelle manière on opérerait avec cet appareil. Les deux galeries étant occupées par des wagons chargés de bois vert, on allumerait le foyer F, et on ouvrirait les registres d'un côté. Dans la première galerie la dessiccation aurait lieu par la chaleur seule, et dans la seconde il y aurait un commencement de dessiccation par un courant d'air chaud, dirigé de haut en bas à une température qui s'élèverait constamment. Lorsque le bois de la galerie A serait sec, on éteindrait le foyer F, on allumerait le foyer F', on fermerait les registres d'un côté et on ouvrirait les registres de l'autre; alors on enlèverait rapidement les wagons de bois sec pour les remplacer

par des wagons de bois vert; les choses resteraient en cet état jusqu'à la dessiccation complète du bois de A'; après quoi on ferait sur A' la même manœuvre que sur A.

Par cette disposition on utiliserait une grande partie de la chaleur de la vapeur, la manœuvre serait très-simple et les frais d'établissement peu considérables. A la vérité on n'utiUserait pas la chaleur du bois desséché, mais cette perte serait peu considérable ; pour l'éviter il faudrait trop compliquer l'appareil ; d'ailleurs on ne peut utiliser la chaleur du bois qu'en le faisant traverser par un courant d'air qui refroidit en môme temps les murs de l'enceinte, et il est douteux qu'il en résulte un grand avantage ; tandis que, dans la disposition dont je viens de parler, si les changements de wagons s'effectuent rapidement, les enceintes des deux galeries ne se refroidiront pas sensiblement.

1788. Avec les procédés de dessiccation que nous avons décrits (1774, 1775) le bois le plus sec se trouve soumis à la température la plus élevée, ce qui occasionne assez souvent l'inflammation des portions déjà desséchées, inflammation qui risque de se communiquer à toute sa masse : aussi ces procédés ne permettent-ils pas d'effectuer une dessiccation complète ; ils présentent aussi l'inconvénient d'exiger des appareils d'une très-grande dimension, des installations très-coûteuses et môme presque impossibles pratiquement pour le menu bois qui occupe bien plus d'espace à poids égal que celui qui est coupé en bûches d'un gros diamètre ; enfin ils ne peuvent pas s'appliquer au bois coupé en morceaux de 0'",25 à 0",30, longueur qu'il ne peut pas dépasser lorsqu'il doit être employé pour les hauts fourneaux par exemple, ou bien pour les gazogènes ou générateurs de gaz, et ce n'est pas sans quelque difficulté que l'on coupe le bois desséché, la dessiccation le durcissant beaucoup.

MM. Thomas et Laurens ont proposé et réalisé une méthode basée sur des principes différents et qui convient pour tous les bois, mais surtout pour le traitement de celui destiné à être brûlé en bûchettes de petite longueur. Elle consiste dans l'installation de chambres ou fours en maçonnerie épaisse, fonctionnant tour à tour méthodiquement comme nous allons le dire, et que l'on remplit simplement avec le bois vert après en avoir échauffé les parois intérieures jusqu'au rouge sombre. Supposons quatre chambres étroites et longues A, B, G et D garnies de registres disposés de telle façon que chacune d'elles puisse recevoir la flamme d'un foyer spécial ou bien la fumée très-chaude d'un foyer dont on voudrait utiliser la chaleur perdue, et

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