‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiéeChapitre 263 sur 298 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

dans sa course, ne soit pas obligé de changer de vitesse. Ces considérations ont engagé l'auteur à donner aux calorifères la forme indiquée.

1890. Un appareil qui a beaucoup d'analogie avec ceux dont je viens de parler a été établi dans les bâtiments des archives de la guerre. Il se composait d'une cloche chauffée exactement comme celle de la figure 467 ; mais l'air à chauffer circulait autour de sa surface dans un canal rampant.

1891. Tous les calorifères, dans lesquels l'air ne circule pas librement autour des surfaces de chauffe, sont comphqués et d'une construction difficile ; ils ne produisent qu'un faible effet utile à cause du peu d'étendue des surfaces de transmission de la chaleur ; aussi ne se sont-ils pas propagés.

1892. Calorifères à alimentation continue. — Les foyers de ces calorifères peuvent être disposés comme ceux des calorifères placés dans les pièces à chauffer et à ventiler ; mais, comme ces appareils doivent renfermer de grandes surfaces de chauffe, et qu'il est important de diminuer autant que possible la transmission de la chaleur

j par l'enveloppe du calorifère, il est

plus commode de placer le foyer sur une des faces latérales. Tous les calorifères horizontaux ou verticaux peuvent facilement être modifiés de manière à satisfaire à cette condition. Il est important de remarquer que, ces foyers devant être alimentés par du coke ou des houilles sèches, on a moins à se préoccuper, dans la disposition de l'appareil, des moyens de nettoyage des tuyaux.

1893. M. Poncini a présenté à l'Exposition universelle de 1855 un calorifère à alimentation continue^ dont la figure 468 représente une coupe verticale. Le foyer est alimenté par une trémie et l'air brûlé s'élève dans trois tubes verticaux B, qui le conduisent dans un tuyau perpendiculaire au plan de la figure et ensuite dans deux tuyaux parallèles C ; il redescend ensuite de chaque côté par cinq tuyaux verticaux E dans deux tuyaux horizon-

HpLUX D, qui communiquent avec la cheminée Ff . L'air pur est amené par un canal inférieur et s'écoule par le tuyau G.

1894. La figure 469 représente une coupe verticale d'un calorifère à tubes verticaux garni d'un foyer à alimentation continue. La vue de la figure suffit pour faire comprendre la disposition de l'appareil. Ce genre de foyer a été appliqué au chauffage des fours à cornues des usines à gaz et môme à quelques chaudières à vapeur.

Fig. 469.

1895. Calorifères céramiques. — Les différentes considérations que nous avons exposées relativement aux inconvénients qui peuvent résulter de surfaces de chauffe portées à une température trop élevée ont mené un certain nombre de constructeurs à établir des calorifères tout en briques. L'un des systèmes les plusbmployés et l'un de ceux qui paraissent donner les meilleurs résultats est celui de MM. Gaillard et Haillot; cet appareil est représenté fig. 470 et 471. Il est formé d'un foyer surmonté d'un conduit vertical A' très-large formé de briques réfractaires ; la fumée se divise ensuite dans les conduits B horizontaux pour descendre dans les conduits B',puis dans les conduits B" et B " ; deux rangs superposés de conduites sont séparés dans le sens horizontal par des briquettes réfractaires de 0'",04 d'épaisseur; la fumée se rend ensuite dans le conduit F qui la mène à la cheminée ; D,D sont des tampons de nettoyage de ces conduits, il y en a d'autres en D',D' ; les conduits horizontaux sont séparés par des cloisons

verticales E,E formées de briques creuses réfractaires, posées verticalement de façon que les joints d'une assise reposent sur les pleins des briques de l'assise suivante ; l'appareil est entouré d'une chemise en briques ordinaires de 0'",22 d'épaisseur; l'air extérieur est amené par un conduit dans la grande chambre F d'où il se distribue dans

tous les canaux formés par les creux des briques, et il arrive dans une chambre supérieure G d'où il se rend dans les deux conduits d'air chaud de la distribution .

1896. Les avantages généraux des calorifères céramiques senties suivants : ils présentent à l'air des surfaces moins fortement échauffées que celles des calorifères en fonte, et par suite permettent de four-

nir de l'air qui se trouve dans des conditions hygiéniques plus certaines ; de plus, leur masse étant très-considérable, on obtient une très-grande régularité dans le chauffage de l'air, et ils permettent sans inconvénient des intermittences dans la conduite du foyer ; cet avantage est précieux quand il s'agit d'obtenir un chauffage continu comme dans les hôpitaux par exemple. Mais ce dernier avantage disparaît et devient même un inconvénient lorsqu'on n'a à faire que des chauffages intermittents, à cause de la grande quantité de chaleur qu'il faut emmagasiner dans l'appareil avant d'arriver à son maximum d'effet, et à cause aussi de la grande quantité de chaleur que l'appareil conservera sans utilisation quand le chauffage viendra à cesser. D'un autre côté, il est absolument impossible d'éviter les fendillements sinon de la brique au moins de la terre qui les joint, et il se forme ainsi en très-grand nombre des issues que la fumée traversera pour se mélanger à l'air si le tirage est imparfait, ce qui est fâcheux au point de vue de l'hygiène et du comfort ; ou bien que l'air traversera pour se mêler à la fumée, si le tirage est bon, ce qui constituera une perte. De ces deux inconvénients, les constructeurs paraissent avoir choisi le dernier ; ils donnent en effet à la fumée une vitesse notablement plus grande que celle de l'air chaud de façon qu'il y ait toujours appel de l'air à la fumée ; en particulier, il résulte des expériences faites par M. Tresca sur le calorifère qui vient de nous occuper, que la vitesse de la fumée est près du double, dans ce calorifère, de celle de l'air chaud; d'après les mêmes expériences, il résulte que le rendement calorifique de ces calorifères est de 0,80 à 0,85 et que la quantité de chaleur utilisable qu'ils peuvent fournir est d'environ 700 calories par mètre carré de surface de chauffe.

Quant aux calorifères métalliques, il résulte d'expériences de M. Morin que leur effet calorifique est d'environ 0,85 à 0,93 en moyenne, et qu'il faut une surface de chauffe de 1 5 mètres à peu près par 1,000""= d'air, chauffé sans ventilation, et de 20""^ s'il y a ventilation.

Pour un calorifère analogue au calorifère Staib et construit par M. Weibel et C' de Genève, le rendement calorifique a été de 91 p. 100.

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