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CHAPITRE III

Calorifères destinés à chauffer Pair & une haute température.

1897. Pour le chauffage de l'air à une haute température, l'économie des surfaces de chauffe et celle du combustible exigent né-

cessairement que la fumée et l'air à échauffer marchent en sens contraire. Quand l'air est lancé par une machine soufflante, ce qui arrive presque toujours, il s'écoule dans des tuyaux de fonte placés dans des canaux que parcourt l'air hrûlé.

1898. La disposition la plus simple consisterait en un canal voûté, horizontal, en briques, d'une suffisante épaisseur, terminé à un bout par un foyer, à l'autre par une cheminée, et renfermant un tuyau de fonte, placé de manière que l'air brûlé pût circuler autour; le tuyau recevrait l'air froid par l'extrémité voisine de la cheminée, et communiquerait par l'autre avec le tuyau qui doit conduire l'air chauffé dans Je lieu où il doit être utihsé. Cette disposition, d'abord essayée pour chauffer l'air d'alimentation des hauts fourneaux, produit peu d'effet utile à cause de la grande surface exposée à l'air que présente le canal de chauffe ; d'ailleurs elle tient trop de place.

Ordinairement, pour diminuer l'espace occupé, on replie le canal à fumée sur lui-même, dans un plan horizontal, ou plus souvent dans un plan vertical. Ces trois dispositions offrent l'inconvénient d'exposer les joints à l'action des gaz sortant du foyer et de ne permettre leur visite et leur réparation qu'en démoHssant le fourneau.

1899. En Angleterre, on employa d'abord un calorifère formé de trois gros tuyaux de 0^,70 de diamètre intérieur, placés horizontalement et réunis par des coudes ; ils sont placés dans une chambre en maçonnerie et séparés par des voûtes qui forment des carneaux parcourus successivement par la fumée d'un foyer à la houille ; les tuyaux sont supportés de distance en distance par des murettes reposant sur les voûtes ; la consommation de l'appareil était de 620 kilogrammes de houille par tonne de fonte ; l'air y était chauffé à 182°. Beaucoup plus tard, on chercha à l'améliorer en employant un système de deux tuyaux concentriques de façon à établir une double circulation d'air. Cette disposition de doubles tuyaux concentriques avait été adoptée pour remédier à un inconvénient grave que présentent en général les tuyaux d'un grand diamètre ; l'air s'échauffant inégalement, il se produit un courant d'air froid dans l'axe des tuyaux et il devient impossible de porter l'air à une température élevée. Les tuyaux étaient en fonte et avaient O^.TO de diamètre intérieur. Les petits tuyaux étaient en tôle, de 0°',014 d'épaisseur et de 0"',48 de diamètre intérieur. La disposition du fourneau était exactement la même que dans l'appareil précédent. La consommation de houille était de 6 quintaux par tonne de fonte. Ces deux appareils sont abandonnés depuis* longtemps.

1900. La disposition, connue sous le nom de Calder, usine anglaise où elle été construite pour la première fois, est représentée dans les figures 472 et 473. L'appareil se compose de deux cylindres horizontaux À et B, et de neuf petits tuyaux C, C,... recourbés en forme de siphons, et dont les extrémités sont fixées par le masticage dans les tubulures des cylindres. Le tuyau d'arrivée de l'air A est fermé à son extrémité,

et il en est de même du tuyau de départ B.

Ce système de tuyaux est placé dans un fourneau chauffé à la houille. Les assemblages des petits tuyaux avec les gros sont enveloppés de maçonnerie ; la flamme du foyer arrive dans le four par une fente longitudinale nn , pratiquée dans toute sa largeur, et l'air brûlé s'écoule dans la cheminée par un conduit en maçonnerie établi à la partie supérieure du four. Dans un appareil qui a bien fonctionné , les tuyaux A et B avaient 3", 30 de longueur et 0'",25 de diamètre ; les petits tuyaux C avaient 0'°,08 de diamètre intérieur; on en a fait aussi de 0'",10 ; 0'°,12 et O^jli de diamètre intérieur. La température de l'air peut atteindre dans cet appareil 300° et plus. L'effet utile doit être bien faible, à cause surtout de la disposition des orifices de sortie de l'air brûlé.

1901. Dès l'origine, et pendant bien des années, le chaufi'age du vent dans les hauts fourneaux, qui avait été pratiqué pour la première fois en Angleterre, à Gartsherry en 1832, s'est effectué dans ce pays en brûlant de la houille. C'est également ce mode de chauffage qui servit dans les premières applications faites sur le continent.

Mais en France et en Allemagne, où le charbon coûte plus cher qu'en Angleterre, on songea bientôt à opérer le chauR'age au gueulard des hauts fourneaux au moyen de la flamme qui s'en dégage ; c'est principalement sur des hauts fourneaux au charbon de

PéCLKT. II. • 33

Fig. 472.

Fig. 473.

bois que ce genre d'installation fut exécute ; le peu d'emplacement dont on disposait d'ordinaire fit adopter certaines dispositions dont une des plus anciennes est celle de Wasseralfingen. Elle consiste en plusieurs rangées de tuyaux à section circulaire, de O",!,^ environ de diamètre, placées horizontalement les unes au-dessus des autres dans un four établi au bord du gueulard pour en recevoir la flamme. Deux coudes, réunis aux tuyaux horizontaux par des joints à emboîtement, mettent ces tuyaux en communication de manière à ce que le vent les parcoure successivement. C'était le système du tiiyau droit primitivement employé, mais reployé plusieurs fois sur lui-même et avec un chauffage bien moins méthodique. Tous les coudes étaient tenus en dehors du four dans un but de conservation des joints et de surveillance des fuites ; comme on ne donnait à ces tuyaux qu'une faible longueur (l'",50 de portée), pour en éviter la flexion, le poids de la fonte non employée à la chaufl'e était assez considérable relativement à celui de la partie qui formait la surface de chauffe ; celle-ci était de 0°"',S0 à 0'''",60 par mètre cube d'air à chauffer par minute, aussi la température n'était-elle en moyenne que de 160°.

On a beaucoup fait varier cet arrangement des tuyaux, tout en conservant le type ; on a employé des tuyaux plus gros afin d'avoir une plus grande portée et un moins grand nombre de joints. Or, comme nous l'avons déjà dit, les gros tuyaux ne sont pas propres à fournir un bon chauffage de l'air.

Fig. 474. , it Fig. 475.

1902. L'appareil de Taylor, représenté parles figures 474 et 475 se

compose, comme l'appareil de Calder, de deux gros tuyaux horizontaux, réunis par huit tuyaux courbés en demi-cercles, fixés à leurs extrémités dans des tubulures des gros tuyaux. On a donné à ceux-ci 3"°, 60 de longueur, 0",36 de diamètre extérieur, 0'",025 d'épaisseur. Les tuyaux courbes avaient pour axe un cercle de 0'",78 de rayon, et un développement de 2"", 25; leur diamètre était de O"",!?, leur surface totale de 11"'% 60. Les joints sont faits à emboîtement et mastic, comme l'indique le détail au-dessus de la figure 474, et noyés dans la maçonnerie. M. Taylor admet que, dans son appareil, 1 mèter carré de surface de fonte chauffée au rouge-cerise suffît pour porter 1°" d'air à 300% par minute. Cette disposition doit donner un meilleur effet utile que le modèle de Calder, parce que l'orifice de sortie des gaz brûlés est à la partie inférieure du four ; mais il y a trop peu de surface de chauffe. L'appareil, abandonnant l'air brûlé à une très-haute température, doit nécessairement utiliser assez mal la chaleur du combustible.

Cet appareil a été aussi employé avec le chaufl"age au gueulard.

1903. L'invention qui a consisté à faire descendre au pied des hauts fourneaux les gaz éteints par la seule pression que l'on produit au gueulard, a permis de placer les appareils à air chaud à proximité des tuyères, de leur donner une grande surface de chauffe et d'obtenir une température de l'air beaucoup plus élevée. Quand les appareils étaient au gueulard, il n'était pas rare de voir l'air chaud arriver aux tuyaux après avoir perdu 23 ou 30 p. 100 de l'excès de température qu'il avait à sa sortie des fours à air chaud ; d'ailleurs, tout parcours un peu prolongé de l'air chaud occasionne toujours une perte sensible de chaleur, malgré les précautions que l'on prend d'ordinaire contre le refroidissement ; il n'y a guère maintenant d'appareils à air chaud, quel qu'en soit la forme et le système, qui soient chauffés autrement que sur le sol et par les gaz du gueulard.

Comme on a reconnu, depuis quelques années, qu'il y a avantage à chauffer l'air des hauts fourneaux plus fortement qu'on ne le fai sait jusque-là, on a été mené à accroître la surface de chauffe des appareils. Au chiffre de O^^OO à O^^SO autrefois employé on a substitué celui de l""', par mètre cube d'air échauffé en une minute ; l'accroissement de la surface de chauffe est d'ailleurs favorable à la bonne utilisation de la chaleur. Dans les usines où l'on chauffe l'air à 300" on porte la surface de chauffe à 1""',30 ; pour atteindre 400°, on emploie l'°'',50 à i'^^OO; il convient même d'aller jusqu'à 2'°'', pour le maintenir toujours à cette limite. D'après le Journal of

iron and steel Institute (1871-73), dans les usines de Cleveland, où l'on chauffe l'air à 350° et 600°, on a 4""' de surface de chauffe, et à Ayrsome, pour se maintenir à 600°, on emploie 5'"'),30. Les appareils en fonte permettent bien d'obtenir des températures aussi élevées, mais toutes les dispositions ne supportent pas également bien la fatigue qui en résulte; ceux dans lesquels le chauffage est tout à fait méthodique doivent être préférés parce que, dans ce cas, les surfaces qui chauffent au maximum sont les seules qui s'altèrent et qu'on doit renouveler.

1904. Les appareils chauffés parles gaz des gueulards sont sujets à des variations de température qui proviennent surtout des poussières entraînées par le gaz, notamment par ceux des hauts fourneaux au coke ; ces poussières diminuent considérablement la combustibilité de la fonte qu'elles recouvrent. Il est donc important d'employer des appareils de nettoyage préalable des gaz, ayant un développement suffisant; dans tous les cas, on doit établir les appareils à air chaud de façon que leur nettoyage soit prompt et facile ; si on emploie les appareils multi-tubulaires, dont les tuyaux, rapprochés les uns des autres, ne peuvent être nettoyés qu'en pénétrant dans le four, il faut se résoudre à en avoir de rechange. Cette diminution de la conductibilité de la fonte par le fait des dépôts qui la recouvrent a poussé à l'exagération des surfaces de chauffe.

1905. Comme il n'existe pas de pyromètre d'un usage sûr et facile pour mesurer les températures de l'air chaud, dès qu'elles dépassent 300°, les chiffres supérieurs à ce dernier sont des approximations plutôt que des mesures exactes. On les obtient au moyen de barrettes de métaux fusibles à diverses températures, et, suivant la manière d'opérer, il peut y avoir des différences et par suite des erreurs très-notables.

1906. MM. Laurens et Thomas ont imaginé une disposition totalement différente des appareils précédents et de leurs dérivés. Ces ingénieurs avaient d'abord employé les appareils multitubulaires du genre Calder, qui leur avaient donné lieu de reconnaître que le vent était loin de se répartir également entre tous ces petits tubes implantés sur un même tuyau droit plus ou moins long, et que c'était toujours une opération difficultueuse que de les débarrasser des enduits poussiéreux qui les recouvrent.

L'élément constitutif, établi en 1846 pour l'appareil en question, consiste dans un assez gros tube de fonte dont la surface extérieure est chauffée, et dont la surface intérieure porte, venues à la fonte,

des saillies ou nervures longitudinales de O^jlS environ de hauteur, très-rapprochées les unes des autres ; le vide cylindrique qui reste ainsi au centre du tube est rempli par un tuyau en fonte mince, fermé aux deux bouts, de telle sorte qu'on a ainsi un espace annulaire que l'air parcourt en couches minces qui ne sont pas cependant isolées les unes des autres. Les nervures forment une surface de chauffe par conductibilité et l'appareil présente une surface totale qui est au moins le double de celle qu'offrirait la surface extérieure seule du tube- enveloppe ; plusieurs tubes semblables placés à côté les uns des autres, dans lesquels le vent passe successivement, forment un appareil que l'on chauffe avec les gaz ; la flamme parcourt le four en sens inverse de l'air à chauffer.

Cet appareil a subi différentes modifications ; les figures 476 et 477 le représentent tel qu'il a été établi en dernier lieu.

Il se compose d'un certain nombre de tubes verticaux, ABCDE, placés les uns à la suite des autres dans un four, soit en ligne, soi sur un plan circulaire ou carré, suivant les emplacements disponibles. Le four est établi sur an sous-sol Y dans lequel on pénètre pour nettoyer. Le dessin représente seulement le premier tube ABCDE et le dernier A'B'C'D'E' entre lesquels deux ou trois autres tubes semblables sont interposés. On peut faire croître le diamètre des tubes, au fur et à mesure que le volume de vent augmente par suite de son échauffement.

Le tube ABCDE et tous les autres portent, venues à la fonte, les lames o,;>, q,r; elles ont la longueur du tube, mais sont échancrées de distance en distance, pour faciliter le mélange des veines d'air; du reste, entre l'extrémité des lames et le tube central FG, il y a un faible jeu à cet effet. Le tube central FG constitue l'espace annulaire dont nous avons parlé, mais il est ouvert aux deux bouts et reçoit par son orifice supérieur l'air échauffé qui provient de l'espace annulaire et il le transmet par son orifice inférieur à l'espace annulaire du tube suivant par l'intermédiaire du compartiment L de la caisse HH' et de la tubulure tt. Les tubes ABCDE reposent sur des caisses en fonte HH, munies d'un compartiment L d'où part la tubulure méplate W qui porte l'air à la caisse suivante. Le plafond de ces caisses est percé de petites ouvertures ii, ii\ dont les sections sont combinées pour répartir l'air dans tout l'espace annulaire m?j, m'n' ; les tubulures W sont réunies entre elles par un raccord IK disposé pour céder par son élasticité aux effets de la dilatation et de la contraction. Cette circulation se reproduit d'un tube au suivant, et le vent, arrivé à son

maximum de température dans le tube A'B'C'D'E', en sort par la tubulure L' et par le tuyau M pour se rendre aux tuyères. Des orifices u u, ti'u pour le nettoyage par le sous-sol Y sont ménagés dans le plancher du four ; d'autres orifices, fermés également par des soupapes vv, v'v', sont établis dans le plafond du four pour le nettoyage et comme soupapes de sûreté ; enfin, il y en a au bas du four qui per-

Fig. 47G et 4' 7.

mettent d'entrer dans celui-ci, au besoin. Ce système diminuant au moins de la moitié la surface de chauffe à nettoyer et celle-ci étant cylindrique et verticale, accessible par le haut et par le bas, permet d'enlever facilement et fréquemment les poussières qui s'y attachent. Les premiers appareils furent construits avec des tubes longs et horizontaux; mais l'allongement permanent, si considérable pour certaines fontes, fit abandonner cette disposition. Dans le modèle que nous décrivons l'appareil est complètement à dilatation libre; les raccords élastiques IK n'ont à éprouver que de faibles mouvements.

Dans cette disposition le chauffage est complètement méthodique; l'air froid arrive en A et sort échauffé en M ; le foyer à gaz à lames verticales ou horizontales est en g g et la sortie des gaz brûlés se trouve en z, au bas du four, d'où ils gagnent la cheminée ; en / se trouve un petit foyer de rallumage et en h h' l'arrivée du gaz d'un gazogène à la houille en cas de dérangement du haut fourneau qui fournit les gaz du gueulard.

1907. Quelques auteurs tendent à juger du mérite comparatif des divers appareils à air chaud par la plus ou moins faible vitesse avec laquelle le vent à échauffer y circule ; une plus grande vitesse exige en effet un peu plus de force à la soufflerie ; mais quelques millimètres de mercure en plus ou en moins, pour la pression, ne sont pas à considérer avec des souffleries marchant sans dépense de combustible, quand on doit obtenir un meilleur chauffage de l'air; puisque, comme certains auteurs l'admettent, la conductibilité des surfaces métalliques est proportionnelle à la racine carrée de la vitesse de l'air à chauffer.

1908. Les figures 478 et 479 représentent un appareil multitubulaire, qui a paru en Angleterre, il y a quelques années. Au lieu des siphons de l'appareil Calder, c'est chaque tube qui joue le rôle d'un de ces siphons ; à cet effet le tube est méplat et divisé par une cloison, venue de fonte dans sa largeur, en deux sections égales ; la figure 478 montre deux de ces tubes ab, cd, coupés suivant leur hauteur, qui est de 3 mètres à S", 30. L'air à chauffer monte par une de ces gaines et descend par l'autre, la section de ces tubes cloisonnés a 0'",40 à 0°',50 de longueur sur 0", 18 à 0", 25 de largeur. L'appareil se compose d'un certain nombre de tubes posés verticalement les uns à côté des autres ; il est dit à pistolets, parce que chaque tube se termine par une partie courbe qui ressemble à une crosse de

Fiff.i'S.

Fig. 479.

pistolet. Il a été fréquemment employé et il a donné lieu à différentes dispositions fondées sur l'emploi de tubes cloisonnés. Les cloisons, venues à la fonte, chauffent par conductibilité comme dans le cas du système précédemment décrit, mais elles n'arrivent jamais à former qu'une faible partie de la surface totale de chauffe.

La figure 479 est la vue en plan de l'une des caisses rectangulaires mw, m'/î', dans les tubulures desquelles les tuyaux verticaux sont mastiqués ; chaque caisse se compose de deux portions semblables réunies entre elles par le joint qr ; de plus dans chaque caisse existe une cloison longitudinale venue à la fonte et qui se sépare en deux compartiments i et i'. Dans le joint qr on a interposé une plaque qui ferme l'extrémité du compartiment i de la portion mnqr, tandis que l'extrémité du compartiment i' reste libre.

L'air froid arrive en /, parcourt le compartiment i en se répandant dans les gaines o de chacun des huit tubes qui sont implantés sur cette caisse ; il redescend ensuite dans l'autre gaine o' des mômes tubes pour se rendre dans le compartiment i ; de celui-ci, il passe dans le compartiment de la seconde portion de caisse opqr qui forme son prolongement, puis dans les gaines correspondantes des tuyaux que porte ce compartiment pour redescendre par la seconde gaine de ces mômes tuyaux et gagner le second compartiment op d'où il s'écoule par le branchement s; de là l'air est envoyé dans la seconde caisse du four pour recommencer une circulation toute semblable. Les tuyaux ab, a'b', formant une paire analogue au siphon de Caldei\ peuvent se dilater librement ; ce qui n'avait pas heu dans l'appareil Calder et y occasionnait des ruptures.

L'appareil à pistolets, ou de Clarence- Works, a été chauffé au gaz et aussi à la houiUe.

\ 909. Le chauffage n'est pas méthodique dans ce dispositif. On se rapproche plus d'un chauffage méthodique dans une autre disposition adoptée en France; pour cela, on place une seule caisse mnop, garnie de ses tubes verticaux, dans un premier compartiment du four à gaz, puis une seconde bande semblable dans un second compartiment que parcourt la flamme sortant du premier ; enfin une troisièhie bande et une quatrième sont placées dans un troisième et un quatrième compartiment du four que la flamme parcourt successivement ; l'air passe successivement d'une bande à une autre, les tuyaux cloisonnés que l'on a employés étaient droits, sans la crosse des tuyaux anglais. En augmentant le nombre des tuyaux de chaque bande au fur et à mesure que l'air s'échauffe, on

peut accroître les sections en raison de la dilatation ; mais il reste toujours l'inconvénient de voir l'air ne point se répartir également dans tous les tubes.

1910. Quelque soit le système d'appareil auquel on a recours, il en faut plusieurs pour chauffer de grands volumes d'air, tels que ceux qu'exigent les hauts fourneaux dont la production journalière est de 50 à 60 tonnes.

1911. On a fait un grand nombre de variantes des diverses dispositions que nous avons décrites : ainsi, on a placé les tuyaux cloisonnés en pendentifs comme les tubes Field pour chaudières à vapeur. On a cloisonné les tuyaux de Wasseralfingen pour employer des tuyaux plus gros en y faisant faire double parcours au vent . On a aussi fait ceux-ci méplats, sans les cloisonner, et d'une hauteur à peu près égale à trois fois leur largeur, pour pouvoir leur donner, en les mettant de champ, une portée de 2"", 50 à 2", 60 ; antérieurement on avait déjà modifié le système Calder en faisant les tuyaux méplats pour obtenir plus de surface de chauffe ; dans le même but, on augmentait aussi le nombre des siphons.

1912. Appareils céramiques à air chaud. — L'effet économique de l'air chaud pour le soufflage des hauts fourneaux avait fait penser que plus haute serait la température, plus serait grande l'économie réalisée sur le combustible, mais la pratique a montré que celle-ci n'est point proportionnelle aux accroissements de température et qu'il existe une limite supérieure qu'il y a peu d'intérêt à dépasser. C'est aux environs de 700° que l'on paraît devoir se fixer maintenant. Lorsqu'il s'est agi de chauffer l'air à une température supérieure à celle à laquelle on peut arriver dans les appareils en fonte, on a dû chercher à employer des surfaces de chauffe en matériaux réfractaires; mais on ne put s'arrêter à une simple substitution aux tuyaux en fonte de tuyaux ou de caisses en poterie réfractaire, car on n'est pas encore parvenu à fabriquer des poteries imperméables à l'air, lorsqu'il est forcé surtout. La première solution qui a été fournie est celle de M. Cowper en 4857 ; c'était l'apphcation aux hauts fourneaux du système de régénérateur en briques proposé par le même auteur pour chauffer très-fortement l'air de combustion des fours à la houille à haute température, fours qui se transformèrent ensuite en fours à gaz avec le gazogène Siemens. Le système était donc fondé sur le jeu alternatif de deux appareils semblables, composés d'empilages de briques à claire-voie, dont l'un est chauffé par les chaleurs perdues, tandis que l'autre chauffe, en se refroidissant, l'air à échauf-

fer ; pour le chaulîage de l'air des hauts fourneaux au moyen des gaz du gueulard, en admettant qu'il s'agisse de chaufTer 150 à 160 mètres cubes d'air par minute, l'appareil Cowper sera constitué de la façon suivante : dans une tour cylindrique en tôle forte de 8 mètres de diamètre formant une chambre hermétique, et revêtue intérieurement d'un muraillement en briques de O^jSO, au centre, se trouve une cheminée en briques de 1"°, 50 de diamètre et O^jSS d'épaisseur sur 8 mètres de hauteur; l'espace annulaire restant entre ces deux briquetages est rempli sur cette même hauteur d'un empilage de briques disposées de façon à laisser autant de vide que de plein, et à offrir un grand nombre de gaines verticales de 0°',165 de côté; cette construction ne s'élève pas jusqu'au plafond de la tour, où elle laisse vide une certaine capacité. Pour chauffer cette masse de briques réfractaires, le gaz et l'air destiné à le brûler arrivent à la base de la cheminée centrale, chacun par un canal qui interrompt l'empilage sur son passage ; la flamme, dans la cheminée centrale, se répand dans une capacité réservée entre le plafond de la tour et son extrémité, puis redescend par les gaines de l'empilage pour se rendre à la cheminée de tirage ; celle-ci doit être très-puissante, en raison de la somme des résistances que les gaz brûlés éprouvent dans leur circulation ; on a vu des cheminées de 40 mètres être insuffisantes. Lorsque les briques sont arrivées au rouge dans la moitié supérieure de l'empilage, on arrête le gaz et on l'envoie dans le second appareil, puis on lance le vent de la soufflerie dans l'appareil chaud de façon que son passage s'effectue en sens inverse de la circulation du gaz, c'est-à-dire qu'il sort par le bas de la cheminée centrale. Des mouvements de registres assez nombreux sont nécessaires à chacune de ces interversions ; ceux qui sont exposés à de hautes températures sont à circulation d'eau. L'interversion a lieu au moins toutes les deux heures ; en la faisant moins souvent, il y aurait une trop grande différence de température dans l'air entre le commencement et la fin du passage ; aussi dans les appareils usités fait-on l'interversion toutes les heures, afin de n'avoir qu'une différence de température d'environ 60°.

D'après M. Boistel, cet appareil contient 225°" de maçonnerie de briques réfractaires, ce qui fait l^'.SOO de briquetage et 18 à 20 mètres carrés de surface de chauffe pour un mètre cube d'air à chauffer par minute.

Cet appareil est d'un nettoyage extrêmement difficile, surtout quand les parois des gaines sont faites en briques alternativement

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saillantes et rentrantes, comme le veut l'auteur, pour créer des chicanes, et augmenter la surface de chauiTe. La haute température qui règne dans la partie supérieure de l'empilage, la seule accessible, y scorifie les poussières amenées par les gaz, de sorte que toutes les trois semaines, le nettoyage, devenu alors nécessaire, ne peut s'effectuer que par la démolition d'une partie de l'empilage et sa reconstruction en briques neuves ; aussi, quand deux appareils suffisent au service, faut-il absolument en avoir un troisième de rechange pour les arrêts de nettoyage.

i913. Cet inconvénient, qui est aussi une cause de variation dans la chauffe, et par suite dans la température de l'air , a provoqué la disposition imaginée en 1865 par M. "W'^hitwell, maître de forges à Stockton-on-Tees ; elle a pour objet de faciliter le nettoyage des surfaces de chauffe, elle est appUquée actuellement de préférence à la précédente. Pour obtenir le résultat proprosé, au lieu d'empilages à claire-voie, on a disposé dans la tour en tôle des murs droits et verticaux, parallèles entre eux, dans les intervalles desquels la flamme et l'air passent alternativement par une série de montées et de descentes successives. Il faut des appareils à jeu alternatif, comme dans la disposition Cowper. La figure 480 est une coupe verticale et la figure 481 une coupe horizontale, les flèches indiquent la circulation du gaz pendant la chauffe, a est la conduite du gaz, munie en b d'un registre qui, ouvert, livre le gaz par la baie c dans le premier compartiment qq, q'q' ; en m, m.., sont des caniveaux munis à l'intérieur d'un registre pour fournir l'air de la combustion ; la circulation des gaz brûlés se fait dans les neuf compartiments successifs x^ X..., formés par les cloisons transversales qu'entre-toisent de distance en distance des cloisons perpendiculaires vues en plan ; les gaz sortent en g pour gagner, par le carneau z, la cheminée commune à un groupe d'appareils. En k, k, sont des tampons hermétiques, garantis par des briques /, /, pour le nettoyage ; en «?, </ d'autres tampons semblables situés sur un des côtés de la tour, au bas de chaque compartiment, servent également au nettoyage. Pendant la chauffe, les registres ii et e sont fermés ; quand elle cesse, on ferme le registre b du gaz et on abaisse le registre r (à eau) qui interrompt la communication avec la cheminée ; cela fait, on ouvre le registre e qui amène le vent froid, et le registre (à eau) m, qui donne issue au vent chaud par les tuyères. La circulation du vent se fait dans un sens inverse de celle du gaz. Arrivé à la fin de la période de passage du vent, on ferme les registres u et e; mais avant

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