LIVRE XI
CHAUFFAGE DE LAI H
résistance et, par conséquent, de travail, qui peut varier dans des limites très-étendues, suivant la disposition de l'appareil.
1921. Quand les foyers, toujours alimentés d'air par une machine, abandonnent l'air brûlé mêlé à des gaz combustibles, l'utilisation de la chaleur perdue exige nécessairement que la combustion soit rendue complète. C'est ce qui arrive pour les gaz qui s'échappent des hauts-fourneaux. Autrefois, on plaçait au gueulard des calorifères diversement disposés, qui étaient chauffés par la flamme qui s'y produit. Ces appareils présentaient de nombreux inconvénients, et la combustion était nécessairement incomplète. On emploie maintenant des appareils qui recueillent les gaz, les font descendre au niveau du sol, et les bri'dent dans des foyers convenablement disposés ; on place le calorifère à la suite de ces foyers à gaz.
Lorsque les foyers sont alimentés d'air par une cheminée, il y a presque toujours un excès de tirage que l'on modère par un registre, et qui permet d'utiliser une partie de la chaleur perdue pour chauffer de l'air ; d'autant plus que, pour des excès de température de 150° à 400°, le tirage varie seulement dans le rapport des nombres 15 et 19 (543). Cependant il faut avoir soin de ne pas rétrécir sensiblement la section du canal et de ne pas produire trop de frottement.
1922. Le moyen le plus simple consisterait [ftg. 484) à augmenter la hauteur d'une partie du canal qui conduit l'air brûlé à la cheminée,
Fu^. 484.
et à y placer des tuyaux de fonte ouverts par les deux bouts, qui traverseraient les murs opposés ; une des extrémités des tuyaux communiquerait avec l'air extérieur, et l'autre déboucherait dans une chambre, d'où l'air chaud serait ensuite conduit dans les lieux où il doit être utilisé.
1923. On pourrait aussi employer la disposition indiquée par la ligure 486 : les tubes sont placés dans une chambre communiquant
CIIAl'ITRE V. — CHAUFFAGE DE L'AIR PAR LA VAPEUR.
avec la cheminée par une large ouverture ; un registre permet de faire circuler à volonté l'air brûlé à travers les tubes. Cette dernière circonstance pourrait facilement être réalisée dans le premier appareil, au moyen de deux canaux parallèles, dont l'un seulement l'enfermerait des tubes, et de registres qui forceraient l'air brûlé à passer dans l'un ou dans l'autre de ces canaux.
1924. M. René Duvoir a construit à Gisors un appareil destiné à utiliser la chaleur perdue des générateurs à vapeur. Il consiste en un canal horizontal en briques, divisé en trois étages par deux systèmes de plaques de fonte; l'étage inférieur communiqueavec l'air extérieur ; le troisième reçoit l'air échauffé pour le conduire dans les séchoirs, et celui du milieu est divisé en deux parties, dans le sens de sa longueur, par des caisses en fonte qui s'ouvrent dans le premier et dans le troisième étage. La première partie reçoit l'air brûlé, la seconde le conduit à la cheminée, et chacune d'elles renferme, sur la face opposée aux caisses de fonte, une rangée de tuyaux verticaux en même métal, qui communiquent avec l'étage supérieur et l'étage inférieur. La surface de chaufTe est de 72 mètres carrés pour 130'' de houille brûlés par heure dans les foyers des chaudières à vapeur. La fumée est reçue à 400% et versée dans la cheminée à 200°.
Firj. 485.