CHAPITRE V. — CHAUFFAGE DE L'AIR PAR LA VAPEUR
l'eau de condeiïsation introduite très-chaude dans la chaudière, renferme toujours de l'air, on est obligé d'ouvrir le souffleur de temps en temps pour faire dégager celui qui s'est accumulé. Supposons maintenant que le tuyau ait un grand diamètre. Au commencement du chauffage, la vapeur se mêlera à l'air; et il faudra laisser le souffleur ouvert assez longtemps après l'apparition de la vapeur, pour expulser la totalité de l'air que renfermait le tuyau ; si les joints ne sont pas parfaitement étanches, comme il y a un appel considérable à l'extrémité du tuyau où la veine de vapeur pénètre dans un conduit d'un diamètre" beaucoup plus grand, l'air entrera par les fissures des joints, et nécessitera l'ouverture permanente du souffleur, autrement la quantité de vapeur condensée serait très-petite.
1962. Soupapes à air ou Reniflards. — Lorsqu'on emploie des tuyaux de cuivre pour surfaces de chaulTe, comme le métal a peu d'épaisseur, et par conséquent peu de résistance, les tuyaux s'écraseraient par une condensation subite de la vapeur provenant d'un ralentissement dans l'activité du foyer, de la fermeture du robinet d'admission ou de toute autre cause imprévue. Pour éviter cet accident, on place sur les tuyaux, de distance en distance, des soupapes qui s'ouvrent par un petit excès de la pression extérieure sur la pression intérieure. Ces soupapes peuvent être disposées d'une infinité de manières diflférentes : la plus simple consiste en une soupape intérieure maintenue sur son siège par un ressort à boudin très-faible.
1963. Ecoidement de l'eau de condensation delà vapeur. — Dans quelques cas, on pourrait faire revenir directement à la chaudière, et par le même chemin que suit la vapeur, mais en sens contraire, l'eau qui résulte de la condensation; mais il faudrait pour cela, comme nous l'avons dit à propos de Tévaporation, que la vapeur eût dans tout son cours une marche ascendante, et que les tuyaux conducteurs eussent un grand diamètre, afin que les mouvements opposés de la vapeur et de l'eau ne se gênassent pas l'un l'autre. On pourrait aussi faire revenir Teau de condensation à la chaudière par un canal distinct, pourvu d'une soupape qui s'opposât à l'ascension de l'eau de la chaudière dans les vases de condensation (1624) ; mais l'eau ne rentrerait dans la chaudière qu'à la condition que la pression résultant de la hauteur de la colonne d'eau et de la tension de la vapeur à l'extrémité de la conduite excéderait celle de la vapeur dans la chaudière. Il vaut mieux faire écouler l'eau de condensation dans la bâche d'alimentation, d'où elle est envoyée dans la chaudière par un des moyens que nous avons décrits dans
Péclet. II. 35
le livre YII ; on conçoit dès lors que c'est par un canal distinct de celui de la vapeur que cet écoulement doit se faire.
1964. Dans tous les appareils de chauftage à vapeur, l'étendue de la surface de condensation, la section du canal d'écoulement de la vapeur Qt les dimensions du générateur sont toujours déterminées de manière que, dans les parties les plus éloignées des tuyaux de condensation, la tension de la vapeur excède toujours la pression de l'atmosphère ; car c'est à cette condition qu'on parvient, au commencement du chauffage, à faire sortir tout l'air des tuyaux. Ainsi, pour évacuer l'eau de condensation, il suffit de placer, dans les parties de l'appareil où elle s'accumule, des tuyaux garnis de robinets qu'on ouvre de manière à ce qu'ils laissent écouler, dans un certain tempS;, un volume d'eau sensiblement égal à celui qui se produit.
1965. Les tubes d'écoulement ont ordinairement la forme d'un siphon renversé ; l'une des extrémités communique avec la partie inférieure du vase de condensation, et l'autre débouche dans une bâche. Cette disposition a pour objet d'éviter la sortie de la vapeur par un petit accroissement de pression intérieure, et la rentrée de l'air par une diminution de tension qui rendrait la force élastique de la vapeur plus petite que celle de l'atmosphère ; circonstances qui peuvent se produire par la seule variation d'intensité du foyer.
1966. On a cherché à déterminer un écoulement régulier de l'eau de retour, sans perte de vapeur, et sans qu'on fût forcé de manœuvrer les appareils à la main ; on se sert pour cela de purgeurs automatiques qu'on place sur le tuyau de retour ; ces appareils se règlent d'eux-mêmes. L'appareil décrit n° 1626
et représenté fig. 364, peut être considéré comme un purgeur automatique.
1967. Le purgeur Yaughan et Stubbs (fig. 499) se compose de deux tubes B et D, le premier en cuivre, le second en fer, tous les deux fixés à taboulé Fqui est réunie à la conduite qu'il s'agit de purger; le tube D est fixé par la partie inférieure F à une boîte E dans laquelle l'extrémité inférieure du tube B pénètre à frottement doux; une sou-
Fig. 499.