CHAPITRE VI. — CALORIFÈRES A EAU CHAUDE A BASSE PRESSION
sonnerie environnante, et le temps nécessaire à l'établissement du régime, par la diminution de la masse d'eau à chauffer directement. La disposition que je viens d'indiquer pourrait être modifiée d'un grand nombre de manières différentes ; mais il faut éviter, même pour les chaudières qui ne doivent supporter qu'une faible pression, les formes qui tendent à changer. Une condition indispensable à remplir consiste à obliger l'eau à s'élever sur tous les points de la chaudière ; car s'il y avait des surfaces contre lesquelles l'eau fut obhgée de descendre pour s'élever ensuite dans le grand canal d'ascension, ce qui arriverait si ce tuyau ne partait pas
du point culminant de la chaudière, celle-ci ne serait pas complètement remplie d'eau, et la tôle pourrait être brûlée. Il est toujours avantageux d'employer de grandes grilles et des feux languissants.
Malgré cette précaution, il peut arriver que l'ébuUition se produise dans la chaudière et se continue dans le tuyau d'ascension ; il en résultera des soubresauts et des déversements ; pour éviter ces inconvénients, on peut, comme l'ont fait MM. Geneste fils et Herscher frères, placer dans la chaudière un tube contenant de l'eau qui se réduit en vapeur un peu au-dessus de 100°. Cette vapeur agit sur un piston libre qui ferme alors le registre de la cheminée et met en action un sifflet d'alarme ou tout autre appareil avertisseur.
2002. La cheminée doit être pourvue d'un registre destiné à régler la combustion. On pourrait utiHser une partie de la chaleur renfermée dans l'air bnllé à sa sortie du fourneau, en le faisant passer dans un calorifère parcouru par de l'air de ventilation. En augmentant la section du circuit à air brûlé, on arriverait facilement à abaisser sa température à 50°, tout en conservant un bon tirage, surtout, ce qui arrive ordinairement, quand la cheminée a une grande hauteur. Le calorifère à air pourrait être disposé de bien des manières différentes : la plus simple consisterait, si la cheminée n'était pas isolée, à placer dans son intérieur une série de tubes.
ayant la hauteur d'un étage, fermés par les deux bouts, et communiquant par le bas avec l'air extérieur, et par le haut avec la partie supérieure de l'étage.
2003. Les tuyaux d'ascension peuvent être en tôle ou en fer étiré. La fonte doit être abandonnée, quand les pressions dépassent 4 à 5 atmosphères. On n'emploiera le fer étiré que dans le cas où les tuyaux doivent avoir un petit diamètre.
2004, Les vases d'expansion sont en tôle ou en fonte. Leur capacité doit excéder 0,5 du volume total de l'appareil, pour qu'ils puissent recevoir l'accroissement du volume de l'eau. Ils sont ordinairement recouverts par une plaque percée d'un orifice. De cette manière, la pression à la partie supérieure de l'appareil ne peut jamais dépasser la pression atmosphérique. La vapeur, qui se forme quelquefois dans la chaudière et les tuyaux, peut ainsi se dégager facilement; comme lorsqu'elle se produit elle arrive à gros bouillons, il est bon de donner au vase d'expansion une assez grande section pour éviter l'entraînement de l'eau et des projections à l'extérieur.
On a quelquefois fermé hermétiquement le vase d'expansion et on y a placé une soupape de sûreté pour empêcher la pression de dépasser une certaine limite. Cette disposition, qui permet d'élever la température dans les tuyaux et les poêles à eau chaude, et par suite' de réduire la surface de chauffe, présente des inconvénients tellement graves que je n'hésite pas à dire qu'elle doit être proscrite. En effet, la soupape est dans les combles du bâtiment et le chauffeur dans la cave, et on peut compter qu'il n'en surveillera pas le jeu; si elle venait à adhérer sur son siège, ce qui pourrait arriver quand elle n'a pas fonctionné depuis longtemps ; et si un ou plusieurs robinets de distribution étaient fermés, ou si la circulation était interrompue par de l'air accumulé dans certains points du circuit, ou enfin si une obstruction se manifestait dans ces tuyaux étroits, le chauffage serait ralenti ou supprimé dans certaines parties; le chauffeur serait conduit à augmenter l'activité du foyer, et il en résulterait un accroissement de pression qui pourrait produire la rupture de la chaudière ou des vases dans lesquels la circulation a lieu. En outre, la charge de la soupape est à la disposition du chauffeur, qui pourrait l'augmenter à volonté, pour obvier, dans un temps trèscourt, à l'effet d'une néghgence dans son service.
On pourrait remplacer la soupape de sûreté par un manomètre à air libre, qui laisserait dégager la vapeur quand la pression aurait