‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiéeChapitre 35 sur 298 · CHAPITRE III. — MANOMÈTRES ET THERMOMÈTRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — MANOMÈTRES ET THERMOMÈTRES

Fig. 227.

très-faibles variations de pression et peuvent servir de baromètres, tandis que d'autres peuvent mesurer des pressions s'élevant jusqu'à 400 atmosphères.

H15. Manomètre de M. Challcton^ construit par M. Bourdon. — Cet appareil, de même que celui dont nous venons de parler, est entièrement métallique, mais il repose sur un autre principe. Un tuyau vertical en cuivre ou en fonte de 0°, 05 de diamètre est fermé hermétiquement à sa partie supérieure par une lame de cuivre trèsmince, légèrement convexe, prise entre deux brides ; sur cette lame, et couvrant toute la surface, se trouve une spirale en acier trempé, fixée par sa circonférence à la surface latérale de la bride supérieure. Une tige fixée au centre de la spirale agit, lorsque la spirale change de forme, sur une aiguille qui se meut sur un cadran divisé. La figure 227 représente une coupe verticale de l'appareil, et la figure 228 une coupe horizontale de la spirale. La vapeur, en pressant sur la plaque de cuivre, fait passer la spirale de la forme convexe à la forme concave, et ce mouvement est indiqué par une aiguille qui se meut sur le cadran divisé en atmosphères.

1116. Manomètre de M. Desbordes.

— Dans ce manomètre, dont la figure 229 représente une coupe verticale, la vapeur agit sur une lame mobile de cuivre D , au-dessus de laquelle se trouve une lame ronde de caoutchouc V., dont les bords sont serrés entre deux pièces de cuivre, et qui s'appuie sur le piston P. La pression de la vapeur se transmet en c à une lame d'acier ab fixée par ses extrémités, et la flexion de cette lame met en mouvement le secteur denté S qui fait mouvoir l'aiguille indicatrice ; un ressort H tend constamment à ramener le secteur dans sa position pre-

Fig. 229.

mière. Ces manomètres se graduent comme les autres manomètres métalliques, par comparaison avec un manomètre à air libre. Ils ont, de même que ceux de M. Galy-Cazalat, l'inconvénient de renfermer une lame de caoutchouc.

1117. On a aussi employé des manomètres à ressorts. L'appareil se composait d'un cylindre alésé, renfermant un piston surmonté d'un ressort à boudin, qui s'appuyait sur le couvercle du cylindre; le piston portait une tige qui sortait à l'extérieur ; en faisant communiquer la partie inférieure du cylindre avec une chaudière à vapeur, l'extrémité de la tige indiquait sur une échelle la tension dans la chaudière. La difficulté d'éviter les fuites de vapeur a empêché ces appareils d'être adoptés.

Observations (générales sur les manomètres.

^ 1118. En résumé, pour les chaudières à vapeur à basse ou à haute pression, les manomètres à air libre, exigés par les ordonnances administratives de 1843, ont été, à cause de leur prix de revient et de la grande hauteur qu'ils exigeaient, à peu près complètement abandonnés ; et les ingénieurs, chargés de faire exécuter ces ordonnances, ont été obligés de tolérer l'emploi des manomètres métalUques. Parmi ces derniers, ceux de M. Bourdon me paraissent préférables aux autres.

Il est peut-être regrettable qu'on ait abandonné les manomètres à air comprimé par suite d'inconvénients qu'il était si facile d'éviter, en remplaçant l'air par un gaz sans action sur le mercure, en faisant les tubes coniques, et en disposant l'appareil de manière à évi- ^ ter la sortie du gaz par une diminution brusque de pression (1111, ^ 1112). La fragilité de ces instruments, l'emploi du mercure qui salit le verre et qui rend le transport peu facile, sont, sans doute, les causes qui ont fait abandonner ces appareils par l'industrie ; ; mais leurs indications étaient toujours plus sûres que celles des manomètres métaUiques, qu'un long usage altère profondément et qu'on ne peut employer avec sûreté, si l'on ne fait fréquemment des vérifications de l'exactitude de leur graduation.

Quelle que soit la pression de la vapeur et la nature des manomètres employés, les tubes de communication doivent toujours être pourvus de robinets destinés à établir ou à intercepter la communi- i cation de la chaudière avec l'instrument, afin de pouvoir le réparer ou le changer ; mais le chauffeur devra avoir le plus grand soin de

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