CHAPITRE V. — ALIMENTATION DES CHAUDIÈRES A VAPEUR
H61. Il semble, au premier abord, que, si les appareils de chauf-
ige étaient placés à un niveau plus élevé que la chaudière, on bnrrait toujours faire revenir directement l'eau, de condensation ^âans le générateur. Mais il n'en est pas ainsi ; du moins les retours d'eau directs ne fonctionnent pas régulièremen,t. En effet, de quelque manière que l'appareil de chauffage soit disposé, il se compose toujours d'un tube plus ou moins long qui communique par un bout avec la chaudière ; pour que l'eau de condensation retourne au générateur, il faut, ou que le tube s'élève constamment et soit fermé à son extrémité, alors l'eau retourne à la chaudière en sens contraire du mouvement de la vapeur ; ou que le tube s'élève, d'abord par le plus court chemin, au-dessus des corps qui doivent être chauffés, et qu'il descende ensuite constamment jusqu'au fond de la chaudière, alors la plus grande partie de l'eau condensée retournera à la chaudière par cette dernière partie du circuit.
Mais, dans le premier cas, la vitesse delà vapeur pourrait donner à l'eau un mouvement opposé à celui que la pente du tuyau tend à lui imprimer, et on ne pourrait être assuré de Tefficacité de l'appaleil qu'autant qu'on emploierait des tuyaux d'un grand diamètre, dans lesquels la vapeur n'aurait qu'une très-petite vitesse, ce qui est rarement praticable, et occasionnerait toujours de grandes dépenses d'établissement et une grande perte de chaleur par la condensation de la vapeur dans les tuyaux de conduite.
Dans le second cas, le retour de l'eau dans la chaudière n'aurait lieu qu'autant que la pression de la vapeur au-dessus de la colonne d'eau condensée, augmentée du poids de cette colonne, l'emporterait sur la pression de la vapeur dans la chaudière, circonstance qui n'existerait que dans quelques cas, particuliers ; en outre, l'eau pourrait s'élever dans le tuyau de retour et produire un abaissement considérable du niveau dans la chaudière. A la vérité, on éviterait cet accident, qui serait très-fréquent, surtout au commencement du chauffage, en plaçant dans le tuyau une soupape qui ne s'ouvrirait que par une pression exercée de haut en bas ; mais l'alimentation n'en deviendrait pas plus certaine, et l'eau de condensation pourrait même s'accumuler dans une partie du tube où la vapeur doit se condenser pour produire le chauffage, de manière à diminuer notablement l'effet produit.
Ainsi, on voit que les retours d'eau directs ne sont possibles que dans des cas particuliers, et qu'il faut presque toujours des appareils spéciaux pour effectuer l'aUmentation des chaudières.
H62. On a employé, dans quelques usines, l'appareil d'alimentalion indiqué par la figure 246. Cet appareil se compose de deux vases cylindriques A et B, ayant la forme des chaudières ordinaires et placés l'un au-dessus de l'autre, et d'un réservoir d'eau froide C plus élevé. L'eau de condensation, mêlée de vapeur, arrive par le tube /; la vapeur se condense dans le serpentin S, et l'eau condensée tombe dans le vase B. On fait écouler l'eau chaude dans le vase A en ouvrant les robinets c et d; et l'eau du vase A dans les chaudières, en ouvrant d'abord les robinets h, h\ et ensuite les robinets a et a'. La soupape cj sert au retour direct de l'eau condensée à la chaudière, quand ce retour est possible, c'est-à-dire, quand la pression de la vapeur sur l'eau de condensation, augmentée de la charge de la colonne d'eau chaude, est plus grande que la pression de la vapeur dans la chaudière. Comme on le voit, cet appareil est assez comphqué.
Fig. 24 G.
1163. On a essayé de régler l'injection de l'eau par un flotteur, et pour cela on a employé ïa disposition de la figure 247. La tige du