CHAPITRE VIII. — INCRUSTATIONS DES CRAUDIÈRES
naître son action sur les chaudières, a trouvé que l'eau de mer, qui bouillait à environ 101° et dont la densité était égale à 1,0272, contenait 32'', 298 de sels par mètre cube, savoir :
« 1 ",01 4 de sulfate de chaux, qui commence à se précipiter à la température de 102°, quand la quantité d'eau est réduite à 299 litres;
« 25^785 de chlorure de sodium, qui commence à cristallisera 100°, quand l'eau est réduite à \ 02 litres ;
« 2", 21 4 de sulfate de magnésie ;
« 3'', 285 de chlorure de magnésium.
« Ce dernier sel est celui qui réagit le plus sur les chaudières ; il commence à se décomposera la température de 100°, lorsque la liqueur est réduite à 35'", S. Les 3'', 285 contenus dans l'eau de mer sont composés de l'',145 de magnésie et l'',14 d'acide. Si tout l'acide pouvait être séparé, il dissoudrait 1^,6 de fer et 3'', 7 de cuivre, ce qui occasionnerait bientôt la destruction des chaudières. L'acide peut être absorbé par l'addition de 1^,64 de chaux viveou2'',78 de potasse, ou 4'',1 de carbonate de potasse. Le dépôt de magnésie pèse i^jHS, et celui de carbonate de magnésie 2'', 43. »
1251 . M. Lechatelier a reconnu l'exactitude de l'opinion de M. Faraday, en constatant la présence de la magnésie libre dans les incrustations des chaudières des bateaux à vapeur faisant le trajet du Havre à Hambourg. Cet ingénieur pense que la chaux vive, qui serait d'un usage très-économique, aurait l'inconvénient d'engorger les tuyaux et probablement d'augmenter les incrustations ; le carbonate de chaux serait sans efficacité. La soude et la potasse caustiques seraient d'un usage dispendieux; car ils devraient décomposer tout le chlorure de magnésium, qui n'agit qu'en partie, et peut-être aussi le sulfate de magnésie, qui peut échanger son acide avec les autres chlorures en dissolution et concourir à l'action corrosive. Quant au carbonate de potasse,aulieu d'en consommer 4",! , comme l'indique M. Faraday, pour décomposer tout le chlorure de magnésium, il faudrait en consommer 5'',1 , car il précipiterait toute la chaux avant de précipiter la magnésie ; mais il offrirait l'avantage de détruire tout le sulfate de chaux et de carbonater la magnésie; il ne se ferait plus qu'un dépôt de carbonates insolubles, gélatineux et probablement non incrustants. Le meilleur procédé paraît être celui de Van-Beck ; il consiste à employer le zinc métallique. Il faudrait l'isoler des points où la chaudière est exposée à rougir pour prévenir l'accumulation sur ces parties des dépôts salins, dont il provoquerait sans doute la formation. Il faudrait, en outre, l'introduire en masses présentant une petite surface pour éviter une
consommation trop grande sous l'action de l'eau salée, qui l'oxyderait très-rapidement à la température de l'ébullition. Les chaudières de cuivre, si elles sont attaquées, pourraient être préservées très-simplement et très-économiquement par l'emploi de boîtes pleines de ferrailles, qu'on suspendrait çà et là, en ayant soin de les mettre, en quelques points, en communication avec le cuivre métallique. » [Annales des Mines, 3""^ série, t. XX.)
Mais ces différents moyens préservateurs sont inutiles, parce que, dans les conditions de la pratique habituelle, les eaux sont extraites des chaudières marines, comme nous le verrons plus loin, à un degré de concentration bien inférieur à celui qui est nécessaire pour que l'action du chlorure de magnésium se produise.
1252. Dans ce qui précède, j'ai indiqué les différents procédés qui ont été proposés pour éviter l'adhérence des dépôts ou les actions corrosives de certaines eaux d'alimentation. Nous allons maintenant étudier la question directement.
1253. Examen de la question à résoudre. — Les eaux d'alimentation des chaudières, à part quelques cas particuHers assez rares, sont des eaux douces ou de l'eau de mer. Le tableau suivant donne, d'après les analyses de MM. Boutron et Henry, la composition des différentes eaux qu'on emploie à Paris et dans les environs.