CHAPITRE VIII. — INCRUSTATIONS DES CHAUDIÈRES
tat. Le seul mode de purification recommandé par M. Soclet est la filtralion ou l'emploi de bassins de dépôt comme cela se fait à la Société des charbonnages de Lodelinsart {Revue universelle, tome XIX).
1247. Altération des chaudières alimentées avec de Veau chargée de matières grasses. — Les eaux chargées de matières gra sses paraissent produire dans les chaudières des détériorations graves et des accidents à la marche que mettront en évidence les faits suivants empruntés à une communication faite par M. Farcot à la Société des ingénieurs civils (1867).
Un générateur étabU à Pont-Remy, en 1866, par M. Parot avait manifesté des fuites nombreuses; des réparations furent faites et suivies de nouvelles fuites qu'on fit disparaître pendant une certaine période en ajoutant du carbonate de soude dans la chaudière ; on changea l'eau d'alimentation, et l'on n'observa plus les mêmes accidents.
Dans une forge de la Haute-Silésie, six chaudières de 1"',28 à bouilleur et carneaux intérieurs étaient alimentées avec de l'eau empruntée à une houillère et puisée dans un réservoir où se rendaient les purges des cylindres et l'eau condensée de la vapeur d'échappement ; au bout de très-peu de temps on constata des fuites ; on dut suspendre le travail; on trouva dans les chaudières une poudre, gris clair, onctueuse lorsqu'elle était humide, et qui sèche ne se mouillait pas. A l'intérieur les joints des chaudières montraient des déchirures sur une étendue de 15 à 27 rivets ; on constata la trace de forts coups de feu; il y avait des feuilles déjetées, déchirées. On répara les chaudières et on employa simultanément d'autres chaudières qui, placées dans la mine, étaient en service depuis plusieurs années sans avoir subi d'avaries. Les mêmes phénomènes se reproduisirent ; par intervalle se produisait un soulèvement du corps de chaudière de 0", 05 environ; aucune modification apportée au foyer ou à la construction du fourneau ne put améliorer la situation. Il se produit même, à un certain moment, un bruit sourd dans une chaudière, suivi bientôt d'une détonation accompagnée d'un soubresaut violent. On supposa que l'eau ne mouillait plus les parois ; déjà MM. BoUey et Schmidt avaient à Vienne observé le cas de destruction des chaudières alimentées par une eau chargée de matières grasses ; on rechercha la matière grasse à l'aide d'une analyse, et on la trouva ; on put d'abord remédier aux inconvénients en ajoutant un peu de soude ; on supprima ensuite la matière grasse, et les accidents ne se produisirent plus.
1248. Altération Ues chaudières de bateaux à vapeur alimentées par Peau de mer. — Dans les chaudières de bateaux à vapeur qui naviguent sur mer, il se forme souvent des incrustations d'une grande épaisseur, et toujours bien avant que les eaux aient atteint leur point de saturation de sel marin. Pour éviter de trop grands dépôts, on est obligé d'extraire de l'eau des chaudières, quand les eaux sont arrivées à un certain degré de concentration, et pendant longtemps cette opération était faite par les chauffeurs sans règle précise pour déterminer les époques auxquelles il convenait de faire écouler de l'eau, et le temps pendant lequel le robinet de décharge devait rester ouvert. M. Seaward a proposé, pour reconnaître à chaque instant le degré de saturation de l'eau, de disposer un tube de verre comme ceux qui sont employés pour reconnaître le niveau de l'eau, en communication par ses deux extrémités avec la chaudière, en deux points situés au-dessous du niveau habituel ; le refroidissement de l'eau renfermée dans le tube produirait une circulation assez rapide pour que l'on pût regarder à chaque instant l'eau du tube comme ayant une densité peu différente de celle de l'eau de la chaudière. Le tube renfermerait des boules de différentes densités comprises entre celles de l'eau de mer bouillante et celle de l'eau de mer bouillante saturée de sel; le nombre des boules qui se trouveraient à la partie supérieure du tube indiquerait le degré de saturation de l'eau. Un densimètre placé dans le même tube me paraîtrait préférable à l'emploi des boules. En etîet, ces boules sont sujettes à se couvrir de sel et à changer ainsi de densité ; de plus elles se collent parfois les unes aux autres ; aussi cet appareil n'a-t-il pas été adopté.
Le salinomètre pratique ne peut guère être qu'un pèse-liqueurs ordinaire. Dans le cas où l'instrument serait à demeure, il faudrait le nettoyer souvent par un lavage.
1249. Malgré tous les soins qu'on peut apporter à la conservation des chaudières, elles s'altèrent rapidement; car, dans les paquebots naviguant sur mer, la durée moyenne des chaudières n'est que de quatre années , et elles ne fonctionnent à peu près que le quart du temps. Cette altération résulte d'abord de l'oxydation du métal dans le voisinage du foyer, de l'adhérence des dépôts qui s'attachent aux parois, et enfin d'une action chimique de l'eau de mer sur le métal. Cette dernière cause d'altération a été indiquée par M. Faraday, comme cela résuUe de la note suivante, extraite de l'ouvrage de M. Marestier sur les bateaux à vapeur d'Amérique.
1252. (( M. Faraday, qui a analysé l'eau de mer dans la vue de con-