CHAPITRE VIII. — INCRUSTATIONS DES CHAUDIÈRES
extraordinairement chargées de sulfate de chaux, la précipitation de ce dernier sel est ainsi complète.
La dissolution de chaux saturée se prépare dans une cuve en bois, en fer ou en fonte ; la dissolution de soude caustique titrée se prépare dans une cuve en métal, tôle ou fonte, au moyen de carbonate de soude et de chaux vive introduite en quantité convenable. Ces cuves sont placées au-dessus d'un réservoir collecteur qui est destiné à contenir le réactif généralement complexe ; ce réservoir peut être en bois, tôle ou ciment. Les cuves et le réservoir doivent avoir des soupapes de vidange placées à la partie inférieure; les cuves qui servent à la préparation des réactifs sont munies de robinets placés à O^.SO ou0'",35 du fond et par lesquels on fait écouler le liquide clair en quantité convenable dans le réservoir placé au-dessous. Ce réservoir porte des traverses sur lesquelles se place le plancher de travail et les cuves ; le plancher doit fermer hermétiquement le haut du réservoir pour empêcher l'arrivée de l'air qui transformerait la chaux en carbonate de chaux.
L'aspiration du réactif se fait au moyen d'une pompe dans le réservoir par un tuyau métallique terminé par un tuyau flexible (en caoutchouc) ; ce tuyau se termine par un entonnoir supporté par un flotteur formé d'une boule creuse en métal, de manière à ce que le liquide soit toujours pris à 0°',25 au-dessous du niveau, point auquel il est toujours clair et limpide.
L'eau qu'il s'agit de purifier est aussi débitée au moyen d'une pompe et arrive en même temps que le réactif dans une cuve cyhndrique verticale appelée mélangeur ; le jeu réguher des pompes, convenablement déterminé, amène un mélange en proportion toujours identique de l'eau et du réactif.
L'eau et le réactif sont amenés à la partie supérieure d'un tuyau central placé dans le mélangeur, s'y rencontrent et descendent dans ce tuyau pour remonter ensuite dans le corps du mélangeur où la réaction se termine ; la capacité du mélangeur doit être calculée de façon à ce que les liquides restent en contact pendant le temps nécessaire à la réaction complète. Le mélangeur est en tôle de fer de 5 à 5"°" 1/2 de diamètre; le fond et le couvercle sont rivés et parfaitement étanches ; l'appareil doit pouvoir supporter une pression de 2 à 2 1/2 atmosphères. Le couvercle porte un trou d'homme qui a pour but de faire entrer le tuyau central du mélangeur ou de l'enlever; un autre trou d'homme, placé au bout du mélangeur, permet à un ouvrier d'entrer dans l'intérieur chaque fois qu'on procède au net-
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i30 LIVRE VII. — VAPORISATION.
toyage complet de l'appareil. Le fond porte un clapet fermant hermétiquement, au moyen d'une forte plaque de caoutchouc, l'ouverture inférieure. Ce clapet est placé à l'extrémité d'un bras de levier dont l'autre extrémité est munie d'un contre-poids ; chaque fois que l'ouvrier veut vider partiellement le mélangeur, il soulève le contrepoids, qui en retombant ferme hermétiquement l'ouverture; ce mélangeur porte trois robinets d'essai à des distances diverses du fond; il est, en outre, muni d'un manomètre qui doit toujours être à la vue du surveillant.
Du mélangeur, le liquide trouble se rend dans Y accumulateur ou tuyau collecteur d'où il peut être envoyé à volonté dans les appareils de filtration, au moyen de robinets dans le cas où on emploie de petits filtres, ou de valves dans le cas des grands filtres. On peut ainsi proportionner la filtration aux besoins.
Les filtres de petit modèle sont en tôle de fer avec couvercle en fonte et bague de couvercle en même métal; ces deux pièces doivent être tournées pour s'ajuster parfaitement. Les rivets intérieurs des côtés et la couronne supérieure doivent être disposés de façon à permettre d'introduire facilement les grilles qui forment le fond. L'extérieur du filtre reçoit 3 couronnes en fer de tôle de 6 à 7""° d'épaisseur, recourbées à leur partie supérieure pour pouvoir supporter la toile métallique de fond. Ces couronnes sont mobiles et concentriques l'une par rapport à l'autre. La grille de fond se compose d'une toile métallique, dont les mailles ont un centimètre d'écartement ; elle est fixée sur un cercle en fer rond qui a le diamètre intérieur du filtre. Les couronnes sont placées sur un même plan horizontal avec ce cercle. La grille de fond étant placée, on la recouvre d'une couche de copeaux de bois que l'on tasse fortement avec les pieds, cette couche doit avoir de 12 à 14 centimètres d'épaisseur; sur cette couche on place une seconde grille semblable à la première et au-dessus de cette grille on place un cercle en bois formé d'une planche de sapin de 0°',045 d'épaisseur sur O^jSO de hauteur, et dans laquelle on a pratiqué des traits de scie transversaux de façon à leur faire prendre la courbure extérieure du filtre. Ce cercle doit être fortement serré au moyen d'un coin, de façon à s'ajuster très-exactement sur l'intérieur de la cuve du filtre; on achève ensuite de remplir le filtre de copeaux de bois mélangés de coke, et le couvercle en fonte vient s'ajuster en pressant fortement sur celte masse filtrante.
Les filtres grand modèle sont coniques, mais leur disposition inté-