‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiéeChapitre 78 sur 298 · CHAPITRE VIII. — INCRUSTATIONS DES CHAUDIÈRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. — INCRUSTATIONS DES CHAUDIÈRES

iraîné par le mouvement de l'eau dans la tuyère S ; en même temps une petite quantité d'air est entraînée à travers la soupape W ; le jet pénètre dans le filtre par la tubulure V, il est dirigé vers le fond par un tuyau X, dans lequel se trouvent disposées des tiges fixes entrecroi-

Fig. 202.

sées qui rompent le courant et facilitent le mélange; le filtre est divisé en deux chambres I et Y, par une cloison horizontale percée d'orifices coniques dans lesquels s'introduisent les ex- ^^—^ trémités des tubes de fîltration a.

L'un de ces tubes est représenté en coupe [pg. 263). Il est formé d'un tube métalHque percé de trous dans toute la hauteur, sur lequel on enfile dés rondelles de feutre de laine filée, qu'on comprime entre deux plateaux au moyen d'un écrou placé à la base. On nettoie le filtre par le robinet purgeur h qui communique avec le fond de la chambre supérieure I. Sur le sommet du couvercle du filtre est placée une tubulure en fonte C qui renferme une soupape d; cette soupape est prolongée par une tige guidée e qui porte un flotteur : celte soupape s'ouvre quand le niveau de l'eau descend dans le filtre et laisse sortir l'air qui s'accumule à la partie supérieure. La pression intérieure détermine la filtralion du liquide trouble qui se rend dans la chambre Y d'où on peut l'extraire par le tube B ; l'entretien de l'appareil consiste dans l'introduction du réactif et dans le nettoyage du filtre ; celui-ci s'opère en ouvrant le purgeur à différents

Ftg. 203.

intervalles dans la journée ; on doit procéder de temps en temps à un nettoyage complet du filtre en enlevant et brossant les rondelles qui composent les tubes. Dans le cas où l'on dispose d'une chaudière à vapeur, le nettoyage du filtre peut se faire rapidement en introduisant la vapeur dans la chambre inférieure du filtre ; pour cela le robinet B est disposé de façon à mettre l'orifice de sortie Z en communication soit avec le tuyau d'écoulement de l'eau, soit avec un tuyau de vapeur suivant qu'on le tourne à droite ou à gauche.

M. Le Tellier indique comme réactifs la chaux et le carbonate de soude; la chaux servant à la précipitation du bicarbonate de chaux, le carbonate de soude à celle de sulfate de chaux. Dans une expérience faite à Clichy par le service municipal des travaux publics de la ville de Paris, on n'employait que la chaux à l'épuration; l'eau de la ville qui alimentait le réservoir marquait 24° à l'hydrotimètre ; après l'épuration elle ne marquait plus que 5° ; cette même eau a été évaporée'; avant l'épuration, l'eau contenait 3^", 720 de matières solides ; après l'épuration, 0^', 900 seulement par 10 litres. Quant au débit qu'on peut obtenir, l'auteur indique pour des appareils qui renferment depuis quatre tubes de 0"',30 de haut jusqu'à 36 tubes de 1",20, un débit qui varie de 750 litres à 25 mètres cubes par heure.

Les appareils de M. Le Tellier paraissent se répandre en Belgique; en France, ils sont encore peu employés ; nous craignons, sans avoir pu le vérifier, que l'entretien des filtres soit coûteux. Il nous semble aussi difficile d'arriver à un dosage absolu des réactifs et par suite à une parfaite purification de l'eau.

M. Le Tellier a appliqué le principe de son filtre multitubulaire à la filtration des eaux pour l'alimentation des villes, à celle des eaux d'égout, des eaux de vidange des usines, etc.

1276. MM. Bérenger et Stingl de Vienne (Autriche) nous paraissent être ceux qui ont résolu jusqu'ici de la façon Ja plus complète le problème de la purification des eaux. Ces messieurs précipitent nonseulement les sels de chaux, mais encore les sels de magnésie. Le réactif employé par eux est un mélange de chaux caustique et de soude caustique en dissolution. La chaux caustique précipite le bicarbonate de chaux à l'état de carbonate neutre de chaux, la soude caustique précipite la magnésie, et il se forme du sulfate de soude et du carbonate de soude; ce dernier, réagissant à son tour sur le sulfate de chaux que contient l'eau, précipite du carbonate de chaux en formant du sulfate de soude. Dans le cas des eaux qui ne sont pas

Page 1