CHAPITRE X. — DISPOSITIONS DES GÉNÉRATEURS A VAPEUR
suivant les navires et les circonstances de marche, de 5 kilogrammes à 8 kilogrammes.
Ce que nous avons dit précédemment relativement à la conduite du feu, sur les quantités d'air qu'il convient d'adipettre dans les foyers pour obtenir la meilleure utilisation du combustible s*applique également aux chaudières marines. Nous devons dire cependant que dans la pratique ordinaire, comme on se préoccupe le plus souvent d'obtenir le maximum de vaporisation, on arrive à n'introduire dans le foyer que l'air exclusivement nécessaire à la combustion, sans se préoccuper outre mesure de l'économie qui peut résulter d'une bonne utilisation.
1393. Dans l'origine, on plaçait les chaudières sur une espèce de grillage en chêne, de manière à permettre la visite des tôles inférieures; mais, comme les réparations y étaient néanmoins trèsdifficiles, et que ces parties s'usaient très-rapidement par le contact de l'air chaud et humide de la cale, on préfère actuellement faire un plancher en madriers, qu'on recouvre d'un mastic épais sur lequel on installe la chaudière. On remplit du même mastic tous les intervalles entre les corps de chaudières, et on le refoule de manière à ne pas laisser de vides. On a soin de rendre lisses les surfaces apparentes et de les incliner pour faciliter l'écoulement des eaux loin des générateurs.
1394. Chaque corps de chaudière a, comme nous l'avons vu, plusieurs foyers correspondant chacun à une force de 25 à 30 chevaux environ. La largeur des grilles est à peu près de O'^ySO, et la longueur ne devrait jamais dépasser 2 mètres. Il est même difficile, avec cette longueur, de bien diriger le foyer, et il est toujours à craindre que, dans les parties les plus éloignées de la porte, le charbon ne soit très-inégalement distribué. En général, quand les foyers dépassaient en longueur la limite que nous venons d'indiquer, on a trouvé avantage à les raccourcir.
On doit toujours donner aux barreaux une inclinaison assez considérable vers l'arrière, afin de faciliter le chargement. Il y a deux ou trois rangées de barreaux sur la longueur de la grille, et il est indispensable que leur dilatation puisse se faire Ubrement. Afin de diminuer l'intensité de la chaleur sur les parois latérales et d'empêcher la tôle de se brûler, il convient de placer les barreaux extrêmes tout à fait en contact avec la paroi. On empêche ainsi l'accès de l'air, et par suite les jets de flamme.
1395. A la suite de la grille se trouve un autel que l'on fait gêné-
192 LIVKE VII. — VAPORISATION.
ralement en briques. Quelquefois cependant, afin d'augmenter la surface de chauffe, l'autel est formé d'une caisse en tôle pleine d'eau, communiquant par la partie inférieure et sur les deux côtés avec la chaudière. On a soin de donner à la partie supérieure de cette caisse une inclinaison assez grande vers la paroi latérale du foyer, afin de faciliter le dégagement de la vapeur produite; mais, malgré cette précaution, la tôle est sujette à se brûler et à se fendre, et les autels en brique sont préférables.
1396. Les parois verticales des foyers, et en général des galeries, devraient être légèrement inclinées, de manière que le ciel fût un peu moins large que le fond. On favoriserait ainsi le dégagement de la vapeur, qui, sans cette précaution, forme contre la paroi une espèce de cloison, et empêche la transmission de la chaleur à l'eau située au delà. En outre, la tôle, s'échauffant davantage., se détruit plus rapidement, et, comme sa résistance diminue beaucoup avec la température, il peut en résulter, dans certains cas, les plus graves accidents.
On comprend facilement, d'après ce que nous venons de dire, pourquoi les surfaces de chauffe horizontales, recouvertes d'eau, telles que le ciel du foyer, sont beaucoup plus productives en vapeur que les surfaces verticales. Le fond du cendrier produit, par la même raison, très-peu de vapeur et s'use beaucoup plus rapidement que les autres parties. Il est vrai que sa destruction est considérablement accélérée par Teau que les chauffeurs ont l'habitude de jeter pour éteindre les escarbilles.
1397. Les tubes des chaudières de bateau sont souvent en fer. Ils ont 0",075 à 0",085 de diamètre, et l",50à 2'",20 de longueur. Souvent aussi on se sert de tubes en laiton des mêmes dimensions. Dans ce dernier cas. le joint avec les plaques des tubes se fait en les baguant ; l'emploi des bagues a l'inconvénient de réduire la section des tubes d'une manière assez notable, et de rendre le nettoyage plus difficile.
Il est utile qu'un certain nombre de tubes soient filetés à leurs extrémités, afin de servir d'entre-toises ; dans le même but, on en remplace quelques-uns par de forts boulons portant des écrous à l'intérieur et à l'extérieur.
1398. Nous avons déjà vu, en parlant des incrustations, que l'eau de mer renferme environ 0,03 de sels en dissolution, et que, pour empêcher les incrustations de se produire d'une façon intense, on est obligé de faire des extractions, c'est-à-dire, d'enlever de la chaudière