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CHAPITRE X. — DISPOSITIONS DES GÉNÉRATEURS A VAPEUR

L'impossibilité de faire le nettoyage d'une manière simple et prompte cause également une perte de combustible et une défaillance dans la force des machines, si on n*a pas de la surface de chauffe en excès. Pendant les trois premiers mois de marche d'un groupe de chaudières marines d'une puissance suffisante, la production de vapeur ne paraît pas diminuer sensiblement, mais, dans les trois mois suivants, elle est réduite déjà d'environ un cinquième. Parfois, au retour d'une longue campagne, on a trouvé le faisceau tubulaire complètement empâté de dépôts saUns; mais bien avant que la couche de dépôts ait atteint une pareille limite, il n'y a déjà plus moyen de désincruster la chaudière qu'en enlevant les tubes, ce qui oblige à remplacer à peu près tous les tubes par des tubes neufs. Des faits semblables se produisent sur des locomotives quand on les alimente avec des eaux très-chargées.

L'emploi des condenseurs à surface sur les steamers, qui permet d'ahmenter en majeure partie avec de l'eau distillée, ne supprime pas complètement ces inconvénients. Un supplément d'eau est souvent nécessaire, d'autant plus grand que, sous certaines latitudes, la condensation n'est plus aussi active. On sait de plus que les graisses provenant des machines peuvent pénétrer dans les générateurs. Ce serait donc une améUoration importante que celle qui consisterait à faire des chaudières marines dont les surfaces de chauffe seraient accessibles sans démolition et sans grande perte de temps ; cette modification aurait déjà de l'intérêt au point de vue de l'entretien et des réparations ordinaires.

1401. IFn appareil générateur, combiné dans ses diverses parties comme la chaudière à foyer et à vaporiseur amovibles de MM. Laurens et Thomas, et approprié à l'emplacement disponible dans les navires, éviterait tous ces inconvénients. Ce type de générateur a déjà été employé par la marine sur un certain nombre de chaloupes, ou canots à vapeur. On s'en est servi également sur les dragues à vapeur employées pour les travaux du canal de Suez.

Sur les grands navires à vapeur, les foyers des chaudières et leur système tubulaire sont déjà divisés en groupes d'une force moyenne* Cette division se prête à l'application du système amovible. MM. Laurens et Thomas font remarquer l'avantage qui résulterait de cette application pour la régularité et la sécurité du service, puisqu'on rendrait amovibles les parties des générateurs qui fatiguent et celles qui ont besoin d'un nettoyage fréquent, si l'on veut maintenir l'utilisation du combustible à son maximum. On pourrait avoir des foyers

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de rechange, sinon en nombre sur le navire, tout au moins en nombre suffisant dans les magasins des ports. La division de générateurs en groupes de la même puissance permettrait d'avoir un modèle uniforme de vaporisateurs amovibles, susceptible de s'a4apter à tous les navires.

Ces vues nouvelles ont amené une solution d'un autre ordre, mais tendant au même but, celle qui consiste à mobiliser les tubes un à un; elle a été essayée dans la marine par application du système des tubes-Langlois.

1402. Au sujet des chaloupes à vapeur, il est bon de signaler la modification d'un de leurs accessoires, faite par M. Clément, ingénieur de la marine, et dont le succès, dans des essais faits récemment, amènera probablement Tadoption définitive.

Dans ces petits navires, la machine est à fuite, et la cheminée devant être assez courte, le tirage est effectué à Taide de la vapeur de fuite. Le bruit particulier et régulier qu'occasionne ce jet intermittent a des inconvénients pour le service, puisqu'il décèle d'assez loin l'approche de la chaloupe. La modification dont il est question consiste à substituer au jet intermittent un jet continu, que l'on obtient en faisant affluer la vapeur de fuite dans un réservoir d'une certaine capacité; elle en sort ensuite pour alimenter plusieurs petits jets, placés au bas de la cheminée dans laquelle' ils produisent le tirage voulu, sans amener le bruit strident de l'échappement intermittent.

1403. Chaudières de locomobiles. — La légèreté est une condition essentielle de l'établissement des machines locomobiles, qu'on doit transporter par les chemins et les routes ordinaires, au moyen de trains de chariot, sur lesquels elles reposent d'une façon permanente et avec lesquels elles font corps. Aussi a-t-on songé à leur appliquer la chaudière tubulaire des locomotives. C'est, en effet, au moyen de chaudières semblables que furent établies les premières locomobiles en Angleterre et sur le continent. Encore aujourd'hui, la plupart des machines construites en Angleterre ont des chaudières qui se rapportent à ce type. Les constructeurs des différents pays ne leur ont fait subir que des modifications de détail.

1404. Les objections que l'on peut faire à ce type, quand il s'agit des locomotives, s'appliquent avec une bien plus grande force quand il s'agit des locomobiles. Sous le rapport de l'alimentation, par exemple, on peut étabUr qu'il n'est pas ordinairement possible de le faire avec de bonnes eaux, ni même avec des eaux purifiées à l'a-

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