‹ Traité de la chaleur (volume 2)Chapitre 120 sur 283 · CHAPITRE XII. — EXPLOSIONS DES CHAUDIÈRES A VAPEUR · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. — EXPLOSIONS DES CHAUDIÈRES A VAPEUR

duite par M. Jobard, qui la regarde comme pouvant seule rendre compte d'une explosion qui a eu lieu à Gand, il y a quelques années : la chaudière était froide^ sans eau, ouverte, et la détonation eut lieu lorsqu'un ouvrier s'y introduisit avec une lampe pour la nettoyer. La formation de l'hydrogène dans les chaudières à vapeur a d'ailleurs été constatée, par M. Séguier, dans plusieurs circonstances ; il a reconnu, dans une chaudière du faubourg Saint-Antoine, qu'il s'échappait de l'hydrogène avec la vapeur par la soupape de sûreté ; dans une machine à vapeur, il a été constaté que ce gaz sortait par la pompe à air.

1467. De tous les détails que nous venons de donner sur les explosions des chaudières, nous pouvons déduire que les précautions les plus importantes à prendre, dans leur construction et leur direction, sont les suivantes :

Employer, autant que possible, des chaudières cylindriques à base circulaire.

Éviter les formes de chaudières qui peuvent changer par la pression ; car les armatures intérieures n'empêchent pas complètement le métal d'obéir à l'influence des variations de la pression intérieure, et ces flexions, en se produisant très-fréquemment, diminuent la résistance de la tôle.

Employer surtout, dans la construction des chaudières, des tôles de bonne qualité, non feuilletées, et de préférence celles qui ont été fabriquées au charbon de bois.

Employer des soupapes de sûreté à rebords étroits, comme celle de M. Chaussenot ; veiller à ce qu'elles soient toujours en bon état de fonctionnement et jamais surchargées.

Multiplier surtout les indicateurs de niveau : deux sont indispensables, un à tube et l'autre à flotteur; mais il est utile d'employer im troisième flotteur à sifflet, qui ne fonctionnerait que quand le niveau serait descendu d'une certaine quantité au-dessous de la limite assignée, surtout quand l'appareil est une pompe, car le jeu de la pompe d'alimentation peut être interrompu par un grand nombre de causes, par l'introduction de corps étrangers qui s'opposent à la fermeture d'un des clapets, par des fuites dans la garniture du piston, par l'adhérence d'un des clapets sur son siège.

Nettoyer souvent les chaudières, surtout si les eaux que l'on emploie forment beaucoup de dépôts, et, dans tous les cas, se servir des différents moyens indiqués pour éviter les incnistations. A ce sujet, il est bon de remarquer qu'il n'est pas toujours sans danger

PÉCI.ET. II. ^^

226 LIVRE VII. — VAPOKISATION.

de s'introduire dans une chaudière ou dans un bouilleur après qu'il a été vidé et refroidi. Dans une sucrerie à Cuzin, on procéda au nettoyage d'un bouilleur avant l'ouverture de la campagne ; de l'eau chargée de matières organiques était restée dans un des bouilleurs et s'était putréfiée ; l'ouvrier qui descendit dans le bouilleur fut asphyxié d'une façon presque foudroyante ; l'accident n'eutheureusement pas de suites fâcheuses. On voit qu'il peut être nécessaire d'assurer la ventilation intérieure de la chaudière et des bouilleurs avant d'y pénétrer {Annales des mines ^ 1870).

Enfin, de toutes les précautions, la plus importante, et malheureusement la plus négligée, c'estle choix d'un chauffeur sobre, actif et intelligent. Il faut bien se garder de croire qu'on peut confier la conduite d'une chaudière au premier manœuvre venu. Nous avons fait ressortir, à différentes reprises, combien il importe, au point de vue de l'économie du combustible et de la bonne marche de la chaudière, d'avoir un chauffeur habile. Il faut, de plus, au point de vue de la sécurité, qu'il soit soigneux et attentif.

1468. En terminant ce chapitre, nous appellerons l'attention de tous les industriels sur les associations de propriétaires d'appareils à vapeur ; ces associations, qUi ont pris naissance en Angleterre, vers 18155, se sont développées en France et en Allemagne postérieurement ; l'association alsacienne date de 1867 ; il s'en est établi en France depuis cette époque : à Lille en 1873, à Amiens et à Rouen en J874, à Paris en 1875. Ces associations présentent une des garanties les plus utiles qu'on puisse obtenir pour le bon entretien et la conservation des appareils à vapeur, et elles tendront, il n'en faut pas douter, à réduire le nombre des explosions.

Page 1