‹ Traité de la chaleur (volume 2)Chapitre 135 sur 283 · CHAPITRE PREMIER. — DISTILLATION SIMPLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. — DISTILLATION SIMPLE

M. Perroy, ingénieur des constructions navales, a simplifié considérablement le système précédent en supprimant la pompe à air ; la vapeur qui arrive dans le serpentin détermine elle-même Tappel de Tair. Ce jet de vapeur arrive par un ajutage conique au centre d'un autre cône, etTespace annulaire est en communication avec Tatmosphère. L'air entraîné sature Teau de condensation de la vapeur dans le serpentin.

Le docteur Normandy avait proposé un appareil dans lequel il s'était proposé de saturer l'eau distillée au moyen de l'air même que l'eau de mer tient en dissolution. Son appareil se compose de trois parties : l'évaporateur, le condenseur, le filtre. L'évaporateur est un cylindre contenant un faisceau tubulaire dans lequel circule de la vapeur ; ce faisceau est entouré de l'eau qu'il s'agit de distiller et qui se trouve portée à l'ébuUition par la vapeur qui circule dans le faisceau. La vapeur provenant de l'ébuUition se rend dans le condenseur formé d'un cylindre contenant aussi un faisceau tubulaire. La vapeur est introduite dans le faisceau tubulaire et Teau de mer circulant à l'intérieur peut produire la condensation ; les gaz de celte eau se dégagent par suite de son échauffement et un tube qui part de la partie supérieure du condenseur et se rend à la partie supérieure de l'évaporateur, les amène dans celui-ci en contact avec la vapeur qui les entraîne avec elle. Comme l'eau de mer qui sert à la condensation a sensiblement six fois le volume de celle de l'eau distillée, il en résulte que l'air que l'on fournit ainsi est en grand excès et que Teau obtenue est complètement saturée. Dans cet appareil M. Normandy a paru préoccupé de l'idée de saturer l'eau obtenue au moyen de Tair même qui se trouve dans l'eau de mer, afin sans doute d'obtenir la même composition de l'air dissous. Cette considération nous semble absolument sans importance.

M. Normandy a fait des recherches relatives à la cause qui fournit à l'eau distillée le goût et l'odeur empyreumatique qu'elle possède ; il a évaporé 175 litres d'eau^ à une température inférieure à celle de l'ébuUition, dans une petite capsule en platine ; au bout de six semaines qu'avait duré l'évaporation, la capsule était recouverte d'une pellicule huileuse d'odeur repoussante ; cette huile est formée d'hydrogènes carbonés qui prennent naissance par la décomposition des matières d'-origine organique que contient l'eau sous l'action de la chaleur. Ces substances organiques se détruisent au bout d'un cer^ tain temps dans l'eau aérée parce que l'oxygène que l'eau contient les brûle à la longue. M. Normandy proposait, pour les détruire imroé-

diatement, de filtrer Teau sur du noir animal. Cette opération s'accomplissait dans la troisième partie de son appareil; d'après l'inventeur, un hectolitre de charbon suffit pour la purification de deux mètres cubes d'eau par jour. Le charbon n'a pas besoin d'être renouvelé, ce charbon n'ayant d'autre effet que de mettre l'eau avec l'oxygène en contact intime et sur des surfaces multipHées, de façon à obtenir une combustion rapide des huiles enpyreumatiques.

Dans la Markie de l'État, l'eau distillée est employée maintenant d'une manière exclusive; on embarque seulement un petit approvisionnement en eau douce pour quinze jours environ, mais c'est l'eau distillée qu'on consomme habituellement.

Pour les navires à vapeur, quand les machines sont à condensation par injection directe, on se sert pour la distillation de la vapeur des chaudières elles-mêmes, enaffeclant plus particulièrementà cet usage un des corps de chaudière, qu'on tient un peu plus propre que les autres. Les condensateurs sont du modèle Perroy.

Pour les bâtiments à vapeur munis de condenseurs à surface, on est obligé d'avoir une chaudière spéciale alimentée à l'eau de mer pour fournir la vapeur que donnera l'eau distillée. C'est qu'en effet les chaudières sont alors aUmentées au moyen de l'eau- de condensation; cette eau est très-chargée de matières grasses et l'eau distillée qu'on en obtient présente un goût nauséabond.

Dans le cas des navires à voile, on se sert d'appareils distillatoires qui ont nécessairement un vaporisateur spécial.

1514. Distiilatioîi dans le vide, — Si deux réservoirs, en communication par leur partie supérieure, avaient été privés d'air, si l'un d'eux renfermait un liquide vaporisable, et si tous deux étaient maintenus à une température constante, le liquide renfermé dans le premierréservoir produirait constamment des vapeurs qui viendraient se condenser dans le second. Pour opérer sur une petite échelle, on pourrait employer un siphon do verre de 0",80 à 0",90 de hauteur qu'on remplirait de mercure, et qu'on renverserait ensuite dans une cuve à mercure après en avoir fermé les extrémités. Le mercure se maintiendrait dans chaque branche à une hauteur égale à celle du baromètre, et l'espace situé au-dessus de ces colonnes serait complètement vide. Alors, on pourrait faire passer le liquide au-dessus d'une des colonnes, en l'introduisant au-dessous ; et en plaçant un mélange frigorifique autour de l'autre tube, la distillation s*effectuerait. On pourrait encore employer l'appareil figure 317, composé de deux ballons A ot B, réunis par un tube horizontal, et munis de

Page 1