‹ Traité de la chaleur (volume 2)Chapitre 179 sur 283 · CHAPITRE VIII. — APPAREILS A EFFETS MULTIPLES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. — APPAREILS A EFFETS MULTIPLES

qu'à la condition que la surface intérieure des tubes soit entretenue dans un état de propreté parfaite ; il en résulte la nécessité de nettoyages fréquents par suite du dépôt de chaux qu'abandonne le jus déféqué dans son passage à travers les tuyaux ; cette complication du travail fait que beaucoup de fabricants n'utilisent pas le condenseur réchauffeur.

1666. Évaporalion des liquides y en employant ^ comme moyen de chauffage^ la vapeur qui se dégage^ après ravoir comprimée. — Dans ce qui précède, nous avons indiqué remploi de la chaleur de la vapeur pour produire des évaporations successives sous des pressions décroissantes. M. Pelletana proposé, dès avant 1840, un autre mode d evaporation qui consiste à aspirer, au moyen d'une pompe, la vapeur qui se produit dans une chaudière fermée, et à la comprimer dans un double fond de manière à élever sa température de plusieurs degrés ; cette vapeur se condense en en produisant de nouvelle dans la chaudière. Si l'eau de condensation en s'échappant échangeait sa température avec le liquide d'alimentation de la chaudière, et s'il n'y avait point de perte de chaleur par les parois, il est évident qu'avec la même quantité de chaleur on pourrait évaporer un poids indéfini d'eau au moyen d'une certaine puissance mécanique. Mais comme l'utilisation de l'eau de condensation présenterait trop de difficultés, on doit compter qu'elle serait abandonnée à 100''. Alors la dépense de chaleur pour évaporer 1 kilogramme d'eau serait seulement de 100 unités, au lieu de 650, et avec 1 kilogramme de vapeur partant d'un générateur, on pourrait évaporer 6^ 5 d'eau. D'après M. Pelletan, on n'aurait dépensé que 1 kilogramme de charbon pour évaporer 30, et même jusqu'à 100 kilogrammes d'eau. Mais cela ne serait évidemment possible qu'autant que l'on ne tiendrait pas compte du travail dépensé pour faire mouvoir les pompes, et que l'eau de condensation, du moins pour le dernier chiffre, ne serait pas abandonnée à 100''. Le travail mécanique employé peut fournir de la chaleur indéfiniment et permet d'obtenir théoriquement l'effet indiqué par M. Pelletan. Mais ce travail ne peut fournir que son équivalent en chaleur et résultera lui-même de l'emploi d'une quantité de chaleur équivalente fournie en général par une machine à vapeur. Mais on sait que la machine à vapeur ne rend en travail qu'une faible fraction de l'équivalent de la chaleur qu'elle a employée, de là l'insuccès d'une pareille méthode. M. Pelletan a aussi proposé de produire la dilatation dans la chaudière et la compression de la vapeur dans le double fond, par un jet de vapeur ; il paraîtrait que le premier sys-

(èiiie n*u jamais été essayé. Voici la disposition ingénieuse de l'appareil employé dans le second système.

M (fig, 383) est une chaudière à fermeture hydraulique dont le couvercle 1 1, est équilibré par un contre-poids. Cette chaudière, destinée à la concentration des jus de betterave, est chauffée par un double serpentin G, G, placé au fond. A, A sont les tuyaux d'aspiration des vapeurs formées dans l'appareil ; ils sont munis des robinets a, a; les jets de vapeur se produisent par les tubes A, A, dans les boites B, B, pour appeler les vapeurs par les tuyaux A, A et les-

refouler dans le serpentin par les tubes c, c ; D, D, prises de vapeur supplémentaires pour la mise en train ; F, F, réservoirs destinés à retenir Teau entraînée mécaniquement par la vapeur qui arrive du générateur par un tuyau E; H, tuyau de retour de l'eau condensée. On voit, d'après cette disposition, que lorsque, par une opération préliminaire, on u purgé d'air la chaudière et qu'on ouvre tous les robinets, le jet de vapeur, en s'échappant par la buse ô, appelle la vapeur qui se forme dans la partie supérieure de la chaudière, la comprime en la lançant dans le serpentin, et que le chauffage a lieu et par cette vapeur et par celle que fournit le générateur. La chaudière sur laquelle on a fait l'expérience que nous allons rapporter avait 1 mètre de largeur sur 2", 50 de longueur.

On a commencé par expulser l'air de la chaudière et par chauffer l'eau à 100% en y introduisant directement la vapeur ; ensuite on a fait passer la vapeur dans le serpentin, et on a ouvert les robinets a y a; là pression dans le vase F a été maintenue à S atmosphères, et à O^ySTS en hauteur de mercure dans le serpentin. La quantité d'eau évaporée dans la chaudière a été de Ol*", 9. Dans une première expérience, on avait condensé 40 kilogrammes d'eau dans le serpentin. En admettant que la quantité de vapeur fournie par le générateur était la même dans les deux expériences, il s'ensuivrait que 40 kilogrammes de vapeur auraient évaporé 91'', 9 d'eau, ce qui donne

2jjp = 2"", 3 d'eau par kilogramme de vapeur. La seule manière de

Fig. 385.

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