CHAPITRE VII. — SÉCHAGE DU LINGE
rable, et que la fumée se dégageant nécessairement à une température élevée, la chaleur est bien moins utilisée que dans le cas du chauffage direct de Tair; en outre, les tuyaux qui environnent le foyer exigent des réparations assez fréquentes. La disposition des tiroirs est ingénieuse et commode. Enfin les surfaces de chauffe sont disposées de manière que la température moyenne des tuyaux, audessous de chaque tiroir, est sensiblement constante; et, en modérant la consommation , on peut n'abandonner la fumée qu'à une température peu supérieure à iOO**. On pourrait très-facilement augmenter Teffet des surfaces de chauffe, en plaçant entre les deux tuyaux une lame métallique ou un petit mur en briques de champ, qui serait échauffé par le rayonnement des faces voisines. Il faudrait aussi que les orifices de dégagement de la vapeur fussent fermés par des registres équiUbrés de manière à s'ouvrir sous un très-petit excès de pression.
D'après les renseignements recueillis par M. de Saint-Léger, le séchage dans tous les appareils décrits aurait lieu par la chaleur et par un courant d'air. Il est sûr, en effet, qu'il s'introduit une certaine quantité d'air par les joints des têtes des tiroirs ; mais ce n'est qu'un accident.
Dans aucune description il n'est question d'orifices d'accès de l'air extérieur, qui d'ailleurs seraient tout à fait inutiles, la température pouvant dépasser 100°. Ainsi, à mon avis, dans ces séchoirs, r effet est en très-grande partie produit par la formation directe de la vapeur, et les courants d'air sont surtout nuisibles à la fin de l'opération, parce qu'alors l'air se dégage non saturé. On conçoit facilement, en effet, que la chaleur peut aussi bien se transmettre, par les mouvements de bas en haut et de haut en bas de la vapeur surchauffée, que par l'air mêlé de vapeur. La transmission par la* vapeur est même plus facile, parce que sa capacité calorifique est plus grande que celle de l'air.
Il ne serait pas impossible de disposer ces appareils de manière à utiliser une partie de la chaleur de la vapeur; il suffirait pour cela, . comme je l'ai déjà dit, de faire écouler la vapeur par des tuyaux autour desquels on chaufferait de l'air, qui serait employé à produire dans un appareil à part un commencement de séchage ; mais cela amènerait une certaine complication.
1767. La figure 408 représente un séchoir construit par MM. Bouillon et Muller, et destiné au séchage du linge. Il se compose : d'un calorifère placé à la partie inférieure du séchoir proprement dit, dans
lequel le linge est étendu, et d'une cheminée d'appel qui produit dans le séchoir une circulation d'air.
Le calorifère se compose d'un foyer F en fonte, placé latéralement ; l'air brûlé, à sa sortie, parcourt une série de tuyaux A, B, placés dans un même plan horizontal et fermés aux extrémités par des tampons mobiles, qu'on peut enlever facilement pour le nettoyage. Il se rend de ià par un tuyau dans une cheminée R qui produit le tirage.
L'air de ventilation arrive par un canal souterrain C; il est chauffé dans le calorifère, et entre dans le séchoir S par une ouverture a. régnant sur toute la longueur. Il monte d'abord à la partie supérieure, et redescend ensuite pour s'écouler par les orifices b, b. placés au bas du séchoir, et se rendre, par des conduits dd , c<f. ménagés de chaque côté dans l'épaisseur des parois, dans une che-
minée E en briques qui entoure la cheminée en tôle du calorifère. Le linge mouillé est étendu sur des espèces de manchons, de la longueur du séchoir, reposant sur des tringles m , de longueur double. Les manchons peuvent glisser sur ces tringles de manière à pouvoir être amenés séparément à l'extérieur. On peut ainsi facilement étendre