CHAPITRE VIII. — DESSICCATION DU BOIS ET DE LA TOURBE
rapport du plein au vide, qui est de 0,67 environ dans le bois cordé, se trouve réduit à 0,56. Dans l'étage inférieur de la chambre se trouvent deux foyers, composés chacun d*une galerie voûtée de 0",47 de largeur sur 0"',68 de hauteur, occupant en longueur la largeur de la chambre. Le combustible, qui se compose en partie de débris, est chargé sur deux rangées de briques, servant de chenets, sur un espace de 2 mètres environ, par une porte en tôle, au-dessous de laquelle arrive constamment un fort courant d'air. La flamme e( les gaz se portent d'abord vers l'extrémité postérieure du foyer; de là ils reviennent en avant, et ordinairement les gaz combustibles entraînés sont brûlés, par leur mélange avec l'air, lorsque le mélange est revenu dans la partie contiguê à la porte du foyer. Dans ce trajet, les gaz cèdent d*abord une partie de leur chaleur sensible aux parois du foyer, qui la dispersent par rayonnement ; ils se refroidissent encore, en se mêlant avec de l'air affluant directement par les interstices de la porte, avant de déboucher par les nombreux ouvreaux, dans le compartiment inférieur de la chambre. Dans cette région, la température des gaz brûlés est à peu près de 180**. De là, ils s'élèvent à travers le bois, et descendent contre les surfaces intérieures des murs, qui sont nécessairement à une plus basse' température que le bois; ils sortent chargés de vapeurs, et s'échappent dans l'air par six orifices ayant ensemble une surface de 14 décimètres carrés, situés au-dessous des ouvreaux du foyer, à une température qui s'élève graduellement de 30** à 90°. La durée d'uneopération varie avec l'étal hygrométrique du bois et la température extérieure ; en été, la durée du feu peut être réduite à deux jours et demi ; en hiver, elle peut s'étendre à six jours. Lorsqu'on juge, à l'apparence des gaz, qu'ils ne sont plus chargés de vapeur d'eau, on cesse le chauflage, on ouvre les portes latérales et les orifices pratiqués dans la voûte, et on peut bientôt procéder an déchargement. La consommation varie avec la durée de l'opération ; en moyenne, elle est de 0,33 du poids desséché.
1775. Dans l'usine de Neuberg, les gaz provenant du foyer ne passent pas à travers le bois. Le mode de dessiccation est différent. Les bûches ont 0'",80 de longueur, et 0'"i,0015 à O'^SOOaO de section. Une chambre, toujours en maçonnerie et voûtée, présente une capacité de 63°**^ d'une forme allongée. A une des extrémités se trouve le foyer ; à l'autre, la cheminée. A la sortie du foyer, la flamme circule dans une espèce de poêle en maçonnerie, à minces parois ; puis les gaz brûlés se rendent à la cheminée, à travers deux gros
tuyaux de fonte établis à quelques décimètres au-dessus du sol. Le bois à dessécher est introduit dans la chambre par deux portes latérales. La charge, dans chaque opération, est de 48 stères, qui remplissent toute la chambre, sauf un espace de 9"* environ, maintenu vide au-dessus du poéle et des tuyaux. On a soin de maintenir dans le bois plus de vide qu'il ne s*en trouve dans le bois cordé. Pendant l'opération, les portes de chargement sont fermées. L'air dilaté par la chaleur et la vapeur d'eau qui se dégage du bois passent à travers les fissures des portes. La durée du feu varie de 40 à 60 heures. Dans l'origine, on chauffait au bois, et on consommait en moyenne 0,16 de bois sec pour 1 de bois desséché. Depuis, on a employé les escarbilles des forges à houille, qui étaient sans usage.
Malgré toutes les précautions que l'on peut prendre pour empêcher l'élévation de température, le bois est exposé à prendre feu, et les accidents de ce genre sont assez fréquents. L'appareil que nous avons décrit (1774) présente les mêmes dangers d'incendie.
1776. Dans la seconde méthode de séchage, la quantité de chaleur employée n'est que la moitié de celle qui est consommée dans la première. M. Leplay s'est assuré que cette différence ne provient pas d'une inégalité dans l'état hygrométrique du bois; d'ailleurs la même différence dans les dépenses de séchage par les deux méthodes se retrouve dans d'autres contrées. M. Leplay est alors conduit à attribuer aux méthodes elles-mêmes la différence de consommation constatée par l'expérience, et il l'explique de la manière suivante.
1777. La température du bois ne peut pas dépasser 170', car à celte température le bois s'enflammerait. Dans le premier mode de séchage, pour abaissera ce point la température des gaz sortant da foyer, on emploie trois moyens différents : 1* on brûle dans le foyer des copeaux qui contiennent souvent au delà de 0,50 d'eau ; 2*" on admet dans le foyer un grand excès d'air ; 3* on fait séjourner les gaz dans l'espace vide qui forme le compartiment inférieur, où ils se refroidissent, circonstances qui occasionnent toutes une certaine perte de chaleur. D'après une expérience faite par M. Leplay, dans un beau jour du mois d'octobre, le combustible brûlé dans le foyer renfermait 0,40 d'eau ; la température des gaz brûlés était de 500 à leur sortie du foyer, de 200* à leur entrée dans la masse ligneuse ; et, à la fin de l'opération, la température du bois et de l'enceinte était de l50^ La combustion de 1 kilogramme de ligneux dans le foyer