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CHAPITRE VIII. — DESSICCATION DU BOIS ET DE LA TOURBE

produit 4000 calories; 1000 seulement sont employées à vaporiser Teau et à échauffer le combustible ; les 3000 autres sont perdues par les différentes causes que nous avons énoncées, et par la sortie de l'air à une température moyenne de 80*.

1778. Dans le second mode d'opération, les circonstances sont très-différentes. Au commencement de l'opération, on pousse le feu, mais avec ménagement, afin que le bois ne brftle pas par le contact de l'air chauffé par les tuyaux; l'air qui se trouvait dans la chambre e^ successivement expulsé par les vapeurs qui se produisent; la température du mélange d'air et de vapeurs va en croissant; et, comme le mélange est saturé, tout l'air est expulsé quand la température de la vapeur à sa sortie est de 100*. Lorsque le bois a atteint cette température, on modère le feu, et vers la fin de l'opération on cesse de chauffer, quand la température du bois est portée à 170* vers le centre, et à 140* au contact des murs. Dans ce dernier mode de séchage, la moitié delà chaleur précédente est employée à vaporiser l'eau hygrométrique, à échauffer le bois sec, et l'autre moitié est perdue par la cheminée du foyer, ou absorbée par les murailles.

1779. M. Leplay indique une disposition qui serait plus avantageuse que les précédentes. L'appareil se composerait d'une grande chambre divisée en quatre parties égales, formant quatre séchoirs adossés, pourvus chacun d'un foyer et d'un système de tuyaux dans lesquels circulerait l'air brûlé, et d'un autre système de tuyaux destinés à condenser la vapeur déjà produite dans la chambre précédente. Supposons le régime du système établi, et qu'on chauffe le foyer de la chambre que nous désignerons sous le n* 1 , les autres étant éteints ; le bois qui s'y trouve est déjà en partie desséché, et la dessiccation s'achève comme dans le second mode de séchage que nous venons de décrire. Pendant cette période, la vapeur d'eau produite se rend dans la chambre n» 2, contiguô, où elle se condense en partie, en cédant sa chaleur latente au bois qui s'y trouve ; et cette chambre reçoit en même temps les gaz brûlés du foyer de la chambre n* 1 . Sous cette double influence, le bois de la chambre n"" 2 subit un commencement de dessiccation. Lorsque le bois de la chambre n* 1 est complètement sec, on ferme la communication des chambres n* 1 et n* 2, on éteint le foyer n* 1, et on allume le foyer n* 2. Durant la première période, la chambre n* 3 reçoit une charge de bois ; et vers la fin, quand la charge est complète, on admet déjà la vapeur qui ne se condense plus dans la chambre n* 2. Enfin la chambre n* 4, au début de la première période, contient une charge de ligneux récemment

fabriqué. On peut utiliser uile partie de la chaleur renfermée dans le combustible desséché de la chambre n"" 1, en alimentant le foyer n*" 2 par de Tair qui a passé à travers la chambre n"" 1 . Pendant la deuxième période, la dessiccation du bois partiellement desséché s'exécute dans la chambre n"* 2, comme elle s'est opérée pendant la première période dans la chambre n* 1 ; puis on pratique respectivement dans les chambres n"" 3, 4 et 1, les manipulations qui ont eu lieu précédemment dans les chambres n"" 2, 3 et 4. Dans la troisième période, le foyer n"" 3 est allumé, et la conversion du bois en ligneux a lieu dans la chambre n"" 3. Le travail continue ainsi de proche en proche, et dans le même sens, jusqu'à ce que, dans la cinquième période, les choses se passent comme dans la première. M. Leplay estime que, dans un appareil ainsi disposé, 1 0 parties de bois seraient séchées par la combustion de 1 partie du même combustible ; mais par cette disposition on n'évite pas les inconvénients qui résultent de l'intermittence des opérations, du refroidissement des enceintes où le ligneux est préparé, et de la main-d'œuvre qu'exigent le chargement et la reprise du bois sec.

1780. M. Leplay a proposé une nouvelle disposition des chambres de dessiccation, dont nous allons donner une idée sommaire. L'appareil se compose d'une galerie voûtée, dont le sol est garni d'un chemin de fer un peu incliné, sur lequel peuvent rouler par leur propre poids des wagons chargés de bois à dessécher ; la galerie est divisée, par des registres verticaux, en quatre sections contiguës, dans lesquelles les wagons séjournent un temps plus ou moins long. Le premier compartiment, celui d'entrée, qui se trouve au point le plus élevé du chemin de fer, contient des wagons chargés de bois humide ; il est chauffé au moyen des gaz et de la vapeur d'eau qui ont traversé les compartiments' précédents. Le second compartiment contient du bois qui s'échauffe graduellement jusqu'à 100'', et perd environ la moitié de l'eau hygrométrique par l'influence de trois sources de chaleur : par le contact des gaz brûlés, qui ont produit leur principal effet dans la troisième section ; par le contact de l'air qui s'est échauffé dans la quatrième section, en refroidissant le ligneux fabriqué; enfin par la chaleur latente de la vapeur d'eau formée dans la troisième section, qui cède celte chaleur en se condensant dans des tuyaux échauffant eux-mêmes l'air situé au niveau du sol de la galerie. La dessiccation du bois s'achève dans la troi« sième section par la chaleur d'un foyer spécial, transmise à travers des tuyaux de fonte ou de tôle. Les gaz de ce foyer, après avoir cir-

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