CHAPITRE XIV. — SÉCHAGE DANS LE VIDE
et un corps très-hygrométrique, la dessiccation s'effectuerait d'ellemême. L'appareil devrait être disposé de manière qu il pût facilement recevoir la chaleur des corps environnants. Dans l'air la dessiccation serait très-lente, mais dans le vide elle serait rapide.
La dépense de ce dernier mode de séchage consisterait dans le prix de l'aclion mécanique nécessaire pour former et maintenir le vide, et dans celui de la dessiccation ou du renouvellement de la matière absorbante. Les matières qu'on pourrait employer sont la chaux, le chlorure de calcium, l'acide sulfurique concentré, etc.
1829. Ce mode de séchage paraissait devoir présenter de grands avantages pour la dessiccation des viandes, qui pourraient alors être conservées très-longtemps sans perdre aucune de leurs propriétés. M. Gay-Lussac a fait à ce sujet une expérience intéressante ; il avait suspendu un morceau de bœuf dans le récipient d'une machine pneumatique, au-dessus d'une capsule renfermant du chlorure de calcium ; il fit le vide dans la cloche ; la viande se dessécha complètement; deux mois après avoir été retirée, elle fut employée à faire du bouillon qui était fort bon : la viande n'était pas coriace et se coupait très-bien. Comme cette question pourrait être d'un grand intérêt pour la marine et pour l'utilisation générale des viandes des pays de production, je pense qu'il serait intéressant de reprendre les expériences de M. Gay-Lussac, d'étudier les circonstances les plus favorables à la dessiccation et les prix de revient de la viande ainsi préparée. Cette question de la conservation de la viande a depuis longtemps exercé l'esprit des inventeurs, et jusqu'ici aucune solution d'une efficacité absolue ne parait avoir été obtenue.
1830. M. Galland, de Nancy, a appliqué simultanément la chaleur et le vi4e à la dessiccation du malt. Dans cette disposition, on peut appliquer au chauffage la vapeur d'échappement des machines.
L'opération comprend deux phases : dans la première, le malt est soumis à une première dessiccation à l'air libre; dans la seconde, on achève d'enlever l'eau par l'action combinée du vide et de la chaleur.
Le séchage préparatoire se fait sur deux plateaux superposés A et B {fig. 429). Le malt vert, étendu sur le plateau plein A en couches de 0'",20 à 0"2S d'épaisseur, est retourné continuellement par quatre râteaux a, montés sur un axe vertical , XX et chauffé légèrement par l'air de la chambre inférieure ; il perd ainsi les premières por- , tions de l'air qu'il renferme et, au bout de 6 heures, on le jette par la trappe T sur le plateau B qui est en tôle percée ou en toile métal-
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lique ; là, il est traversé pendant le inème temps par un courant d'air chaud. A cet eilet, le plateau est entouré d'une cloison circulaire bèen bois qui forme un espace annulaire NN entre elle et un mur en briques qui l'environne.
Dans cet espace se trouve un serpentin à eau chaude qui commence par six tuyaux tt u, placés diamétralement sous le plateau A ;