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CHAP. 1. — CALORIFÈRES PLACÉS DANS LES LIEUX A CHAUFFER

1848. Dans cet appareil, la permanence delà combustion est due à Tenveloppe d'air stagnant du foyer, qui rend son refroidissement Irès-lent et maintient le combustible à la chaleur rouge. Quoique Tair qui environne le foyer ne se renouvelle pas, ou du moins ne se renouvelle que très-lentement, j'ai reconnu que le cylindre de tôle du foyer s'oxyde assez rapidement ; on éviterait cet inconvénient en environnant la tôle d'une couche de terre à briques.

On arriverait sans doute à produire une combustion lente et continue en employant un cylindre en terre réfractaire pour former le foyer, lequel renfermerait au bas une grille, au-dessous un oriflce pour l'accès de l'air, et au-dessus un petit tuyau pour l'écoulement de l'air brûlé.

1849. Aucun des appareils que je viens de décrire ne pourrait être employé comme calorifère chauffant Tair d'appel, sans recevoir des changements importants. Les calorifères anglais de M. Walker et de M. Arnottne sont que des poêles; mais, pour les convertir en calorifères, il faudrait, comme je l'ai déjà dit, leur mettre une enveloppe dans laquelle passerait l'air de ventilation. Celui de M. Walker serait préférable, parce que l'épaisseur du combustible y est plus petite et qu'il est peu probable qu'il se forme de l'oxyde de carbone. Celui de M. Martin est bien disposé : faire partir la fumée d'un point plus bas, augmenter la section du canal à air en diminuant celui de Tair brûlé, et faire sortir l'air échauffé par la partie supérieure de l'enveloppe. Dans celui de M. Hurez, il faudrait supprimer une des deux enveloppes, de manière à faire monter l'air brûlé autour du réservoir de combustible, et augmenter les sections des orifices d'entrée et de sortie de l'air chaud. Je pense qu'il y aurait de l'avantage à environner le foyer d'une couche de terre réfractaire, comme dans le poêle de M. Arnott.

Il résulte d'expériences faites par M. Morin que la fonte des poêles chauffée au rouge développe dans l'air ambiant une certaine quantité d'oxyde de carbone ; le même effet se produit, mais à un degré moindre, avec le fer chauffé au rouge ; il est donc important que dans les poêles calorifères, la température ne puisse pas s'élever assez pour faire rougir le métal qui d'ailleurs se détériore rapidement, lorsque cet effet se produit. On avait songé, comme nous l'avons vu dans différents exemples précédemment décrits, à garnir le foyer extérieurement au moyen de briques réfractaires, ou encore à faire le fayer en poterie réfractaire. M. Muller a fait même des poêles qui sont entièrement formés de cette substance. Malheu-

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reusement, dans l'état actuel de la fabrication céramique, les foyers de mince épaisseur se détériorent avec une grande rapidité. Le défaut d'homogénéité de la matière fait que l'inégale dilatation amène !e plus souvent une rupture au premier feu, il en résulte des fissures, des fuites de fumée, si le tirage est imparfait, ou une mauvaise utilisation, si le tirage est bon. Le foyer en briques à enveloppe de méU\ ne présente pas ces inconvénients, mais le combustible, se transformant en scories, adhère aux parois du foyer, de sorte qu'à chaque nettoyage journalier on dégrade plus ou moins le foyer et qu'au hout de peu de jours, le garnissage en briques est complètement détruit, et alors, si la surveillance n'est pas suffisante, c'est l'enveloppe même qui sert de foyer et s'altère très-rapidement. II est un autre moyen de s'opposer à une élévation trop considérable de la fonte dont on fait le foyer, c'est de la garnir de nervures qui augmentent la surface de chauffeet par suite le refroidissement de la fonte. Si alors la combustion n'est pas trop vive à l'intérieur du poêle, les surfaces ne rougissent pas.

(8.^0. C'est cette disposition que MM. Geneste llls et Ilerscher ont employée dans un poêle calorifère auquel ils donnent le nom de thermoconservaleur et qui se trouve représenté figure 441 . 11 est formé d'une cloclie légèrement conique où s'accumule le combustible qu'on introduit par une porte de chargement placée èi l'avant el il la partie supérieure de la cloche; il y a de plus une porte qui sert à nettoyer la grille et une porte pour le cendrier ; i) la partie inférieure le foyerse rétrécit et se termine par une grille étroite; h porte du foyer qui est en contact avec le combustible incandescent est seule garnie de nervures ; afin de diminuer encore la tendance qu'a la trémie à yj ^^j s'échauffer, les gaz de la combustion, au

lieu de s'élever dans cette trémie et d'eu élever la température, se rendent dans une série de tubes isolés placés autourde l'appareil et qui aboutissentà la cheminée placée directemeni au-dessus de la trémie ; ces tubes, entourés parl'air qui doit s'échauffer, se refroidissent rapidement et augmentent la surface de chauffe.

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L'enveloppe, dans la partie de sa hauteur qui entoure la Irémie, est double et l'espace annulaire compris entre les deux enveloppes est rempli d'une substance mauvaise conductrice de la chaleur. Cette disposition empêche le rayonnement direct du poêle, qui est un véritable inconvénient et souvent une souffrance pour les personnes qui sont placés près de lui. Enfin à la partie supérieure, un vase annulaire entoure l'origine de la cheminée, et l'air qui vient de l'extérieur, après s'être rél'haiilTé au contact du poêle, se trouve au contact de l'eau (■■chaulTée, et entraîne une certaine quantité de vapeur qui est absolument nécessaire, pour que la respiration ne soit pas gênée. Lorsqu'il fait froid en efTet, l'air est presque sec et, si on le chaufTe, la sensation qu'on éprouve en respirant un air sec et chaud est pénible, et cet air peut même, en desséchant outre mesure les voies respiratoires, devenir dangereux à respirer.

La Compagnie Générale parisienne d'éclairage et de cliaufTbge par le gaz établit (les caloriTèrcs à coke dont le but est de faire arriver l'air chaud , soit dans la pièce même oîi se trouve l'appareil,soit dansune pièce située il l'étage supérieur. L'appareil se compose [fig. 44;2) d'un foyer cylindrique en fonte

muni de nervures dans toute ^'%- **'-

la hauteur, d'une porte de

chargement A. et d'un cendrier B dont la porte est percée d'une ouverture garnie d'un registre à papillon pour régler le tirage, la fumée s'échappe directement par le tuyau supérieur E ; le tout

ost entouré d'une enveloppe en tôle qui se prolonge à la partie supérieure par un tuyau aussi en tôle placé autour du tuyau de fumée ; c'est ce tuyau qui mène Tair chaud à Tétage supérieur ; vers le haut de Tenveloppe du calorifère se trouve un diaphragme horizontal réuni à quatre bottes C sans fond, mais fermées à la partie supérieure ; Tun des côtés de chacune de ces bottes est formé par la paroi de Tenveloppe en tôle ; ce côté et celui qui lui est opposé sont percés d'ouvertures équidistantes et percées dans le sens vertical ; en face de ces ouvertures se trouve de chaque côté un registre percé d'ouvertures semblables ; un même levier DO sert à manœuvrer les deux registres, et les ouvertures de chacun d'eux sont disposées de telle façon que quand l'un ferme l'un des côtés de la caisse C, l'autre au contraire laisse libres les orifices du second côté, et réciproquement. Si donc les registres sont disposés de façon que les orifices de l'enveloppe en tôle du calorifère sont ouverts, Tair amené de l'extérieur à la partie inférieure du calorifère et échauffé dans son parcours autour du foyer, pénètre directement dans la pièce où est placé l'appareil; dans le cas contraire, les orifices des côtés intérieurs des caisses C sont ouverts et l'air chaud pénètre par ces orifices dans la partie supérieure de l'enveloppe et de là dans le tuyau F qui le mène à l'étage supérieur.

Ces appareils brûlent du coke, nous les avons indiqués surtout à cause du but spécial auquel ils sont destinés à satisfaire.

1851. Il est un point intéressant relatif à la combustion dans les appareils de ce genre et qui a été traité par MM. Geneste et Herscher, c*est la détermination de l'épaisseur de la couche de combustible en ignition qui doit se trouver sur la grille pour que la combustion soit complète. Ces ingénieurs ont expérimenté sur des couches de combustible variant depuis 0", 10 jusqu'à 0",90 el en employant un tirage variable au moyen de cheminées dont la hauteur variait de 3 mètres à 50 mètres. L'analyse des gaz de la combustion leur permetlait de reconnaître les conditions dans lesquelles elle s'accomplissait.

Ils ont reconnu, ce qui était d'ailleurs facile à prévoir, que la uauteur de combustible qui répond à une combustion parfaite, dépend surtout du tirage dans la cheminée ; ainsi avec une couche de 0",15 d'épaisseur et une cheminée de 3 mètres de hauteur, il se produisait de l'oxyde de carbone, tandis qu'avec une couche de G" ,90 et une cheminée de 50 mèlres, il n'y avait plus d'oxyde de carbone et il y avait excès d'air. On conçoit d'après cela qu'il est à peu près impossible d'établir un calorifère de type déteiminé de façon à ce

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qu'il puisse satisfaire à toutes les conditions de tirage dans lesquelles il pourra se trouver placé ; le mieux sera de le disposer pour un faible tirage et de ne pas dépasser une épaisseur de 0"yl5 à 0",2U pour la couche en ignition, le tirage pouvant toujours être réduit facilement.

18S2. M. Morin a fait une série d'expériences sur les poêles et les poêles calorifères que nous résumons dans le tableau suivant :

XATl'RE DU POÊLE.

En faïence, chauffé au bois

En tôle» chauffé à la houille * .. .

En fonte (Gurney)

— (RenéDuvoir)..

— à flamme renversée

En fonte, à flamme renversée avec ventilation.

En terre réfractaire (Millier)

RBNDBMBNT ealorifiqae.

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