CUAPITRE V. — CHAUFFAGE DE L'AIR PAR LA VAPEUR
reur que j'ai signalées, présentent beaucoup plus de certitude, et doivent être adoptés de préférence.
1937. Le diamètre des tuyaux de condensation n'est pas entièrement arbitraire ; car il faut que Tair soit expulsé des tuyaux le plus promptement et le plus complètement possible, attendu que Tair, même en petite quantité, mêlé avec la vapeur, en ralentit beaucoup la condensation. Or, l'évacuation de l'air est très-difficile et trèslente quand les tuyaux ont un grand diamètre; quand, au contraire, les tuyaux ont un diamètre très-petit, leur longueur pour la même surface est très-grande, et les frottements ralentissent la marche de la vapeur, consomment une partie de sa pression dans la chaudière, et produisent une détente qui abaisse sa température. Ainsi il faut éviter d'employer des tuyaux d'un trop grand ou d'un trop petit diamètre. Les diamètres varient ordinairement de 0",07 à 0",20. Les grands tuyaux ont 2" à 2",50 de longueur; 0",20 de diamètre intérieur; 0",02 d'épaisseur.
1938. Si Ton voulait que les tuyaux, après la cessation du feu, donnassent de la chaleur pendant plusieurs heures encore, il faudrait laisser séjourner de l'eau dans leur intérieur, en plaçant les tuyaux horizontalement, et les tubes de retour d'eau à une certaine hauteur. Mais l'eau ne prend qu'une température très-inférieure à celle de la vapeur, parce que ce hquide conduit mal la chaleur de haut en bas, et que celle qui est transmise par le tuyau lui-même est en grande partie dissipée par sa surface. Il serait bien plus avantageux d'avoir des réservoirs d'eau chauffés en dessous par la vapeur, ou bien par des serpentins.
1939. D'après les nombres que nous avons rapportés précédemment, sur les quantités de chaleur qu'émettent les tuyaux chauffés par la vapeur et exposés librement à l'air, on pourra calculer la sur* face qu'on doit leur donner pour chauffer une pièce avec ou sans ventilation, quand on connaîtra la quantité maximum d'unités de chaleur que les murailles et les vitres perdent dc'Tns une heure.
1940. Les tuyau^ de fonte sont ordinairement terminés par des rebords qu'on désigne sous le nom de brides ou collets^ percés d'un certain nombre de trous également distants, destinés à recevoir des boulons. Pour des tuyaux de0'",20, les boulons sont au nombre de sept ou huit. Quelquefois on emploie des tuyaux de fonte terminés à un bout par un renflement, dans lequel pénètre l'extrémité du tuyau avec lequel il doit être réuni. Ce système, qui exige en outre un masticage, porte le nom de joint à emboUement.
1941. Le masticage nécessaire pour éviter toute fuite se fait avec du mastic de fonte que l'on tasse dans l'espace annulaire qui sépare les deux parties qui se pénètrent ; pour que le joint soit solide et que le mastic ne quitte pas les surfaces de fonte, par les mouvements qui proviennent des variations de température, on donne à la partie (lu tuyau qui doit recevoir l'extrémité de Tautre, un diamètre un peu plus grand au fond qu'à l'extrémité. Ce mode d'ajustage a l'inconvénient de faire quelquefois éclater le tuyau enveloppant par la grande dilatation qu'éprouve le mastic en se solidifiant ; on évite cet accident en laissant peu d'intervalle entre les parties réunies, et en donnant par conséquent peu d'épaisseur à la couche de mastic. Pour les conduites d'eau, les joints des tuyaux à emboîtement se font avec du plomb ; mais cette méthode ne convient pas pour les tuyaux à vapeiu*, les joints perdraient promptemenl.
1942. Ordinairement on réunit les tuyaux par d'autres méthodes plus simples et plus expéditives, qui toutes se réduisent à placer entre les collets des rondelles plus ou moins compressibles, que l'on serre fortement par des boulons.
1943. Lorsque les joints doivent être défaits de temps en temps, on emploie des étoupes tressées qui ont été plongées dans du suif fondu. Pour les joints qui ne doivent pas être défaits, on se sert fréquemment de plaques de plomb de 3 à 5 millimètres d'épaisseur, rayées sur les deux faces et recouvertes de mastic rouge (mélange de céruse, d'huile de lin et de minium) ; ce mastic durcit assez prompte* ment et adhère très-bien aux métaux. Quelquefois les faces des collets sont tournées et rayées circulairement. On se borne souvent à employer des anneaux de toile très-forte, ou de carton, recouverts d'une couche épaisse de mastic rouge. Les joints au mastic rouge ont l'inconvénient de donner pendant assez longtemps une odeur désagréable. On fait aussi des joints sans enduit, en tournant les faces des collets et plaçant entre eux un anneau formé d'un fil de cuivre rouge de 1 à 2 millimètres de diamètre: ce joint, quand il est bien fait, est préférable à tous les autres. Lorsque les collets ont été tournés, on peut les réunir en mettant seulement entre eux une feuille de papier épaisse, mouillée avec une dissolution de sel marin. Le métal s'oxyde promptement, et le joint devient étanche et très-solide.
1944. On fait, depuis un certain nombre d'années, les joints des tuyaux avec des rondelles de caoutchouc vulcanisé; cette matière, quand elle est de bonne qualité, peut être employée avec sécurité et donne de bons joints en permettant un démontage facile.