CHAPITRE V. — CHAUFFAGE DE L'AIR PAR LA VAPEUR
poser certaines parties du circuit de manière qu'il puisse facilement, sans produire d'accidents, obéir aux efforts de la dilatation. On emploie pour cela deux dispositions différentes : des tuyaux de cuivre d'un petit diamètre et fortement com*bés, dont la courbure peut changer facilement, souvent et longtemps, sans que le métal se déchire, et des tuyaux d'un grand diamètre, qui se pénètrent et qui peuvent entrer plus ou moins les uns dans les autres à l'aide de stnffing-box.
4954. Les compensateurs de cuivre ont toujours un petit diamètre, et ils sont plies de manière que leur longueur soit quatre à cinq fois plus grande que la plus courte distance de leurs extrémités. Si, par exemple, un tuyau de conduite vertical devait distribuer simultanément de la vapeur dans des tuyaux de chauffage placés à différents étages, on fixerait le tuyau vertical à sa partie inférieure, l'aufre extrémité serait libre ; les tuyaux de chauffage seraient fermés à chaque extrémité, et la vapeur serait admise dans chacun d'eux, au moyen d'un tube de cuivre d'un petit diamètre, qui, partant du tuyau vertical, s'élèverait à une certaine hauteur, et descendrait ensuite pour communiquer avec le tuyau condensateur. Si les
Fig. 491.
Fig. 492.
deux extrémités d'une série horizontale et rectiligne de tuyaux étaient fixées aux murailles d'un bâtiment, il faudrait interrompre la conduite dans une certaine étendue, fermer les bouts des tuyaux en regard A etB(/î^. 491), et faire communiquer leurs parties supérieures par un tube recourbé abc, et leurs parties inférieures par un tube de même forme a'b'c' ; le premier serait destiné à faire passer la vapeur, le second l'eau de condensation, de la première partie du tuyau dans la seconde. Si l'on ne plaçait qu'un seul tuyau abc^
o42 LIVRE XI. — CBAUFF&GE DS LAIR.
il faudrait faire écouler par un tube particulier l'eau de condensation de l'une des parties {fig. i92}. ,
IdS5. On ne pourrait pas remplacer les tuyaux de cuivre par des tuyaux de plomb, parce que les petits mouvements que ceux-ci éprouveraient les auraient bientôt décliirés. L'expérience en a été faite à Paris, dans un grand chauffage à vapeur ; les compensateurs en plomb ont été déchirés en peu de temps. A la vérité les tuyaux étaient courts et d'un gros diamètre ; mais il n'est pas douteux que le même effet ne se fût produit, peut-être seulement après un temps plus long, si les tuyaux avaient eu une plus grande longueur et un plus petit diamètre'.
1956. Quand on ne peut pas employer les dispositions dont nous venons de parler, il faut se servir de celle qui est indiquée par les figures 493 et 494. Un des tuyaux est alésé sur une partie de s.i
Fig. 493. Fig. \%i.
longueur, qui pénètre, à travers une boite à étoupe, dans un renflement de l'autre : par les variations de température, le tuyau intérieur glisse dans la boite. Ce compensateur a été employé dans le chauffage lie la Dourse, et appliqué à des tuyaux de fonte d'un grand diamètre ; il fonctionne bien, quand on a soin de graisser les étoupes de temps en temps ; mais des compensateurs qu'on avait entièrement négligés ont cessé de fonctionner, et la dilatation des tuyaux a brisé de grandes bâches de fonte placées à leurs extrémités et auxquelles ils étaient fixés. Pour éviter cet inconvénient, M. Talabot a remplacé chacun des grands compensateurs en fonte par deux plus petits en cuivre [fi^. 495). placés l'un à la partie supérieure, l'autre à la partie inférieure des tuyaux. Le premier est destiné à établir la communication de la vapeur entre les deux tuyaux ; le second, celle de l'eau de condensation.
1951. M. Bourdon a construit, pour un autre usage, de petits appareils en cuivre mince embouti, qui, dans quelques cas exceptionnels, pourraient servir comme compensateurs. Ils sont formés