CHAPITRE III. — MANOMÈTRES ET THERMOMÈTRES
D'après cela, la cause d'erreur que j'ai signalée ne peut avoir d'influence qu'autant que le tube communiquant avec la chaudière ne resterait pas plein d'eau. Mais on peut le maintenir constamment dans cet état, en plaçant à son origine un réservoir qui se remplira d'eau par la condensation de la vapeur, et dans lequel le niveau ne pourra éprouver que des variations insensibles pour les plus grandes variations de niveau du mercure.
1100. Ces appareils peuvent servir à laisser échapper la vapeur, si* la pression dans la chaudière dépasse' une certaine limite. En effet, si la hauteur de la branche Ubre a été calculée de manière que, lorsque le mercure la remplit, la pression dans la chaudière soit arrivée à son maximum, le mercure s'écoulera au dehors si la pression augmente, et la vapeur de la chaudière s'échappera par le tube. Mais, pour que l'efficacité de l'appareil comme tube de sûreté fût complète, il faudrait que la section du tube du plus petit diamètre fût suffisante pour laisser échapper toute la vapeur qui peut se former. Pour éviter la perte de mercure dans le cas d'un accroissement de pression qui dépasserait le maximum que peut indiquer l'appareil, on place, à côté de la partie supérieure, un vase dans lequel le mercure est chassé par la vapeur. Cette disposition, dans tous les cas coûteuse, présente peu d'intérêt.
1101. On a imaginé plusieurs dispositions dans lesquelles le mercure agit sur un mécanisme qui fait mouvoir une sonnerie destinée à avertir le chauffeur, quand la pression dépasse la limite assignée. Ces appareils, qui peuvent être modifiés d'un grand nombre de manières, ne sont plus employés.
1 1 02. Dans le cas où l'excès de la pression de la vapeur sur la pression extérieure ne dépasse pas 5 ou 6 atmosphères, ce qui est le cas le plus général, les manomètres à air libre peuvent être employés. Le tube peut être en verre ou en fer; dans le dernier cas, (e niveau du mercure est indiqué par un flotteur.
Les instructions relatives aux chaudières à vapeur renferment les dessins d'un manomètre à tube de verre et à cuvette ; les manomètres en fer et à siphon renversé me paraissent bien préférables, parce que les tubes ne peuvent pas se casser et qu'ils ont une hauteur deux fois plus petite. Pour un excès de pression de 6 atmosphères, le tube d'un manomètre à cuvette doit avoir au-dessus de la cuvette au moins 0,76.6 — 4"',56 ; tandis que dans un manomètre à siphon la hauteur de la partie qui contient le mercure, quand il n'y a pas d'excès de pression, et celle du tube dans lequel le mer-
cure s'élève, est de 2",28 ; la longueur totale du tube recourbé est d'environ 7 mètres. En supposant que le diamètre inlérieur du tube soit de O^fOl , le poids du mercure serait à peu près de 15 kilogrammes. Si la section du tube est constante, les excès réels de pression correspondrontj comme nous l'avons vu, aux élévations du mercure dans le tube libre multipliées par 1,92(1099).
1103. Les figures 2l5, 216, 217 représentent la disposition des manomètres qu'on employait autrerois pour les chaudières à basse pression, et qu'on appliquait contre une des faces de la chaudière. Ce manomètre se compose d'un canon de fusil recourbé, de manière à former deux branches parallèles : l'une d'elles communique avec la chaudière ; l'autre renferme un flotteur portant une tige dont l'extrémité parcourt une échelle divisée ; le zéro de l'échelle est sur la ligne ab.
1104. La disposllion que nous venons d'indiquer a le grand inconvénient, pour , les hautes pressions, de faire parcourir au mercure une trop grande étendue, à peu près 0",38 par atmosphère, el par suite les échelles ont une trop grande i^ longueur, ce qui est Irès-incommode. Fia 215 Fin sii *^'* Pourrait d'abord, en employant des tubes de fer d'un diamètre constant, réduire l'échelle parcourue par l'index dans une proportion quelconque, en faisant passer le fi! du flotteur, terminé par un contre-poids, sur une poulie, et en plaçant sur son axe une autre poulie d'un plus petit diamètre, sur laquelle se trouverait enroulé un fil terminé à une extrémité par l'index, et à l'autre par un contre-poids ; le contre-poids du fil de la grande pouhc ne servirait alors qu'à tendre le fil de suspension du flotteur.
Mais on préfère donner au tuyau d'ascension du mercure un diamètre plus grand que celui du reste du tube manométrique. Cette disposition, sur laquelle M. Combes a fait à la Société d'encouragement un rapport très-favorable, se trouve décrit dans le Bulletin de cette société. (Année 1843, p. 83.)
1105. Manomètre à air libre et à branches multiples. — Cet appareil, représenté dans la figure 218, est composé d'un tube de fer
Fig. a 10.