CHAPITRE m. — HANOHËTRBS ET THERMOMÈTRES
très-faibles variations de pression et peuvent servir de baromètres, tandis que d'autres peuvent mesurer des pressions s'élevanl jusqu'à 400 atmosphères.
iH5. Manomètre de M. Challeton, conslrttilpar M. Bourdon. — Cet appareil, de même que celui dont nous venons de parler, est entièrement métallique, mais il repose sur un autre principe. Un tuyau vertical en cuivre ou en fonte de O", 05 de diamètre est fermé tienuétiquement à sa parlie supérieure par une lame de cuivre trèsmince, légèrement convexe, prise entre deux brides ; sur celte lame, et couvrant toute la surface, se trouve une spirale en acier trempé, fixée par sa circonférence à ta surface latérale de la bride supérieure. Une tige fixée au centre de la spirale agit, lorsque la spirale change de forme, sur une aiguille qui ^^^ se meut sur un cadran divisé. La fi- ^M^^iJ gure 227 représente une coupeverti- ^-^ cale de l'appareil, et la figure 228 '''>• '" '"'î' "^■
une coupe horizontale de la spirale. La vapeur, en pressant sur la plaque de cuivre, fait passer la spi- ___
raie de la forme convexe à la forme concave, et ce mouvement est indiqué par une aiguille qui se meut sur le cadran divisé en atmosphères.
1116. Manomètre de M. Desbordes. I
— Dans ce manomètre, dont la figure 229 représente une coupe verticale, la vapeur agit sur une lame mobile de cuivre D , au-dessus de laquelle se trouve une lame ronde de caoutchouc C, dont les bords sont serres entre deux pièces de cuivre, et qui s'appuie sur le piston I*. La pression de la vapeur se transmet en c à une lame d'acier ab fixée par ses extrémités, et la flexion de cette lame met en mouvement ie
secteur denté S qui fait mouvoir l'aiguille indicatrice ; un ressort R tend constamment à ramener le secteur 'dans sa position pre-
52 LIVIŒ VII. — VAPORISATION.
mière. Ces manomètres se graduent comme les autres manomètres métalliques, par comparaison avec un manomètre à air libre. Ils ont, de même que ceux de M. Galy-Cazalat, Tinconvénient de renfermer une lame de caoutchouc.
m 7. On a aussi employé des manomètres à ressorts. L'appareil se composait d'un cylindre alésé, renfermant un piston surmonté d'un ressort à boudin, qui s'appuyait sur le couvercle du cylindre; le piston portait une tige qui sortait à l'extérieur ; en faisant communiquer la partie inférieure du cylindre avec une chaudière à vapeur, l'extrémité de la tige indiquait sur une échelle la tension dans la chaudière. La difficulté d'éviter les fuites de vapeur a empêché ces appareils d'être adoptés.
Obier^atloBB ii^éBéralei inr lei maBomètrcfl.
m8. En résumé, pour les chaudières à vapeur à basse ou à haute pression, les manomètres à air libre, exigés par les ordonnances administratives de 1843, ont été, à cause de leur prix de revient et de la grande hauteur qu'ils exigeaient, à peu près complètement abandonnés ; et les ingénieurs, chargés de faire exécuter ces ordonnances, ont été obligés de tolérer l'emploi des manomètres métalliques. Parmi ces derniers, ceux de M. Bourdon me paraissent préférables aux autres.
Il est peut-être regrettable qu'on ait abandonné les manomètres à air comprimé par suite d'inconvénients qu'il était si facile d'éviter, en remplaçant l'air par un gaz sans action sur le mercure, en faisant les tubes coniques, et en disposant l'appareil de manière à éviter la sortie du gaz par une diminution brusque de pression (Hil, m 2). La fragilité de ces instruments, l'emploi du mercure qui salit le verre et qui rend le transport peu facile, sont, sans doute, les causes qui ont fait abandonner ces appareils par l'industrie ; mais leurs indications étaient toujours plus sûres que celles des manomètres métalliques, qu'un long usage altère profondément et qu'on ne peut employer avec sûreté, si l'on ne fait fréquemment des vérifications de l'exactitude de leur graduation.
Quelle que soit la pression de la vapeur et la nature des manomètres employés, les tubes de communication doivent toujours être pourvus de robinets destinés à établir ou à intercepter la communication de la chaudière avec l'instrument, afin de pouvoir le réparer ou le changer ; mais Te chauffeur devra avoir le plus grand soin de
' CHAPITRE m. — MANOMÈTRES ET THERMOMÈTRES. o3
ne jamais établir ou intercepter brusquement la communication; car, quelle que soit la nature du manomètre, il pourrait être dérangé et même brisé par des changements brusques de pression.
TilermomètreB .
1119. Les thermomètres appliqués aux chaudières à vapeur peuvent servir à indiquer, non- seulement la température, mais encore les pressions de la vapeur saturée, puisque Ton a des tables suffisamment exactes qui donnent les pressions coirespondant aux différentes températures. L'échelle pourrait porter d'un côté la température, de Tautre les pressions. Les indications du thermomètre serviraient de contrôle au manomètre et permettraient de reconnaitre si la vapeur est surchauffée.
Le réservoir du thermomètre ne devrait pas être exposé librement au contact de la vapeur et de Teau, dans Tintérieur de la chaudière, à cause de la pression qui diminuerait le volume du réservoir et qui élèverait le mercure dans le tube à une hauteur plus grande que celle qui correspond à la température. Le thermomètre devrait être plongé dans un cyUndre en fer rempli d'huile ou de mercure dont les bords seraient fixés sur un orifice percé dans la partie supérieure de la chaudière.
4120. M. Collardeau a présenté à la Société d'encouragement, il y a déjà plusieurs années, un thermomètre destiné aux chaudières à vapeur et qu'il avait appelé Thermo^manomètre, Cet instrument était un grand thermomètre gradué dans la graisse au moyen d'un tliermomètre étalon. L'échelle était tracée sur le verre et indiquait les pressions correspondant aux différentes températures. Le tiibe, qui avait 0'",50à O^jGO de hauteur, était conique intérieurement, le diamètre décroissant du réservoir au sommet. M. Collardeau employait cette forme pour donner plus d'étendue aux divisions supérieures. Le prix de cet instrument était peu élevé : cependant il n'a pas été adopté par l'industrie, sans doute à cause de sa fragilité et de la difficulté qu'on avait à lire les indications.