CHAPITRE V. — ALIMENTATION DES CHAUDIÈRES A VAPEUR. Il
qui porte le nom de petit cheval, et qui fonctionne avec la vapeur du générateur. Les pompes alimentaires sont quelquefois disposées comme l'indiquent tes figures 243, 344. L'eau est appelée par le tuyau Â., elle s'écoule dans la chaudière par le tuyau B, et dans l'intervalle se trouvent les deus soupapes d'aspiration et de refoulement, un robinet pour régler l'injeclion de l'eau et une soupape de décharge, qui doit être chargée d'un poids supérieur à celui qui correspond à la pression de la vapeur dans la chaudière. H y a, du reste, un grand nombre d'autres dispositions de pompe alimentaire, basées sur les mêmes principes, et même préférables dans les détails à la disposition ci-contre.
1158. Alimentation sans machine àvapeur. — Lorsque les générateurs ne sont pas appliqués à des machines et qu'on veut éviter la construction d'une petite machine spéciale d'alimentation, on peut employer la disposition suivante {âg. 245).
L'appareil se compose d'un vase M, entièrement fermé et placé à une certaine hauteur au-dessus de la chaudière ; ce vase communique par sa partie inférieure avec un tube AB, qui plonge dans le réservoir d'eau d'alimentation et qui est interrompu par une boite G munie d'une soupape qui s'ouvre de bas en haut; le vase M communique avec le fond de la chaudière par un tube CD, qui part de sa partie inférieure et qui est également muni ^ d'une botte à soupape qui s'ouvre par un excès de pression dans le vase M sous la pression de la chaudière ; la partie supérieure du vase M communique avec la partie supérieure de la chaudière parun tube EF r- >. muni d'un robinet 1, et avec l'at- '^' mosphère par un petit tube ayant à son extrémité un robinet p; enfin, un tube de verre est destiné à indiquer le niveau de l'eau dans le vase M.
Pour se servir de cet appareil, on ouvre les robinets I et p; la vapeur s'introduit dans le vase et s'écoule par le robinet p, en entraînant l'air qui se trouvait dans l'intérieur; après quelques
instants, quand on suppose que la totalité de Tair a été expulsée, on ferme les robinets d'entrée et de sortie de la vapeur. Par le refroidissement du vase, la vapeur qu'il contient se condense ; la pression intérieure devient bientôt plus petite que la pression extérieure ; l'eau d'alimentation monte dans le tube ÂB, en soulevant la soupape, et le vase se remplit en grande partie. Si alors on ouvre le robinet I, la vapeur de la chaudière s'introduit dans le vase ; dans les premiers instants, elle se condense à la surface de l'eau; mais, quand une couche mince d'eau a été suffisamment échauffée, la pression dans le vase M se trouve sensiblement la même que dans la chaudière, et l'eau s'écoule par le tube CD. Lorsque l'eau s'est écoulée, ce qu'on reconnaît à l'indicateur de niveau, on ferme le robinet I ; quelques instants après, le vase M se remplit de nouveau, et en ouvrant le robinet I, l'eau pénètre, comme la première fois, dans la chaudière.
1159. Il est important de remarquer que l'élévation de l'eau dans le réservoir M semble dépenser une quantité de chaleur égale à celle que renferme un volume de vapeur égal à celui de ce vase ; mais on n'en perd réellement qu'une partie très-petite, celle qui est suffisante pour produire dans la tension de la vapeur une diminution égale à la différence de hauteur de Teau dans le vase M et dans le réservoir d'alimentation ; car la chaleur abandonnée par la vapeur condensée, à la suite de l'arrivée de l'eau, est employée à réchauffer. Il en est évidemment de même de la chaleur abandonnée par la vapeur admise dans le réservoir pour y établir la tension de la chaudière.
Ces appareils pourraient bien remplacer complètement les pompes pour l'aUmentation des chaudières à vapeur à haute et à basse pression; mais ils sont généralement plus chers, et la manœuvi*e est loin d'être aussi commode et aussi sûre.
1160. Appareils d'alimentation pour les chaudières à vapeur employées au chauffage. — Lorsqu'une chaudière à vapeur est employée au chauffage, on l'alimente toujours avec l'eau de condensation, d'abord parce que cette eau est à une température supérieure à celle de l'atmosphère, mais surtout parce que, ayant été distillée, elle ne renferme point de sels en dissolution et qu'elle ne forme point de dépôt dans les chaudières. En supposant qu'il n'y ait pas de fuite de vapeur dans les appareils de chauffage, le retour continu de l'eau de condensation devrait maintenir un niveau constant dans la chaudière, ou son retour intermittent des variations de niveau comprises entre des limites fixes.