CHAPITRE VIII. — INCRUSTATIONS DES CHAUDIÈRES
rétat primitif et peut agir de nouveau de la même manière ; de sorte qu'avec une très-petite quantité de carbonate alcalin on peut déterminer la précipitation du carbonate de chaux renfermé dans une quantité d'eau presque indéfinie. Pour les eaux de puits contenant beaucoup de carbonate de chaux , M. Kulhmann propose d'introduire par mois, dans la chaudière, 100 à 150 grammes de sel de soude par force de cheval. Ce procédé réussit parfaitement à Lille et à Arras ; mais à Paris, où les eaux renferment beaucoup de sulfate de chaux, il n'a pas empêché les incrustations.
1226. On emploie encore différentes substances qui agissent chimiquement sur les sels dissous dans l'eau, parmi lesquels nous pouvons citer : le carbonate de baryte, qui décompose le sulfate de chaux, en formant du sulfate de baryte et du carbonate de chaux ; le chlorure de baryum, qui précipite aussi les sulfates et les carbonates ; le chlorhydrate d'ammoniaque qui forme avec le carbonate de chaux du carbonate d'ammoniaque et du chlorure de calcium ; ce sel a l'avantage de remplacer le dépôt de carbonate de chaux par un produit soluble, mais il a l'inconvénient grave d'être entraîné par la vapeur dans les machines et d'altérer la fonte. Quel que soit le réactif employé, on conçoit que son efficacité ne peut être réelle, pour précipiter les sels de l'eau, qu'autant qu'il est introduit en quantité déterminée par la nature et la quantité de l'eau évaporée dans la chaudière. Différents moyens sur lesquels nous ne voulons pas insister ici sont employés pour introduire régulièrement le réactif en quantité convenable ; cette quantité doit d'ailleurs être déterminée par un examen chimique préalable de l'eau d'alimentation.
1227. On peut reprocher à tous les moyens que nous venons d'indiquer, soit physiques, soit chimiques, de laisser les substances insolubles dans les chaudières ; l'eau devient alors boueuse, l'ébuUition est gênée ; il faut vider fréquemment les chaudières pour se débarrasser de ces substances et dans le cas des chaudières à faisceau tubulaire un peu serré, comme celles des locomotives^ ces boues s'accumulent dans le faisceau tubulaire, et le nettoyage en devient d'une extrême difficulté.
1228. On a aussi cherché à diminuer la quantité des dépôts qui se forment sur le fond et les parois des générateurs, en plaçant dans l'intérieur des corps sur lesquels les dépôts peuvent se former ; on a employé pour cela des fagots ; ils se couvrent en effet de dépôts, mais ils sont bientôt réduits à l'état de fragments menus par l'action prohngée de l'eau à une température élevée. Une disposition qui nie
paraîtrait mériter d*étre essayée avec persévérance consisterait à placer dans Tintérieur, à une certaine distance du fond, une feuille de tôle recourbée ayant la longueur de la chaudière, et formant un vase dont les bords seraient au-dessous du niveau de l'eau ; celle-ci n'y éprouverait qu'une agitation très-faible, et par suite les dépôts devraient s'y faire en plus grande quantité que dans la chaudière ; mais cette disposition ne laisserait pas d'être embarrassante et de gêner le nettoyage.
1229. Cette disposition a été imitée dans l'appareil Schmitz, dans lequel la feuille de tôle est accentuée, de façon à former un canal plus large d'un côté de la chaudière que de l'autre ; de cette façon l'eau plus échauffée dans le canal le plus étroit, prend un mouvement régulier et rapide contre la paroi de la chaudière.
1230. L'appareil de Seward et Smith Enfield consiste en un barrage transversal placé au niveau de l'eau de la chaudière ; les dépôts ramenés à la surface par l'ébullition viennent se rassembler dans une boîte évasée qui se termine par un tube débouchant hors de la chaudière et qu'on purge de temps en temps.
1231. L'appareil Duméry consiste en une botte placée hors de la chaudière ; l'eau arrive dans cette boite, amenée par un tube du haut de la masse d'eau de la chaudière, elle circule lentement, et les dépôts se forment à la partie inférieure de la boite ; on purge de temps en temps ; Teau débarrassée des dépôts retourne au bas de la chaudière. Cet appareil n'a donné de résultats qu'avec les chaudières ordinaires el avec des eaux peu chargées de sulfate ; de plus, l'expérience a montré qu'on doit le placer tout le long de la chaudière, à 0",50 environ les uns des autres, pour obtenir un effet à peu près complet.
1232. M. Halwell place dans la chaudière une petite turbine commandée extérieurement et qui fait circuler l'eau de l'avant à l'arrière de la chaudière ; les dépôts entraînés par le mouvement de l'eau vont se réunir dans un cyhndre vertical placé à l'arrière de la chaudière, et qu'on purge de temps en temps. Cette circulation d'eau rafratchit, d'après l'auteur, les parois exposées au feu et augmente la durée des chaudières et la production de la vapeur.
1233. C'est encore au même ordre d'idées que se rapporte l'aérovapeur de M. Warsop, qui consiste à introduire dans la chaudière de l'air préalablement échauffé par son passage dans la boite à fumée de la chaudière ; cet air pénètre par des trous pratiqués à 45*" dans un tube qui longe le fond de la chaudière et empêche ou