CHAPITRE VIII. — INCRUSTATIONS DES CHAUDIÈRES
lieure est la même. Les auteurs recommandent l'emploi de ces derniers f^our une bonne filtration.
L'eau qui sort des filtres 5 la partie supérieure est parfaitement claire ; elle est alors dirigée vers le réservoir ou la boîte qui doit la recevoir.
Les filtres petit modèle peuvent débiter de 3"',80 à 4"* d'eau par heure sous une pression de 1 atmosphère. Les grands filtres débitent de 13 à i 4°*^ par heure sous la même pression. Dans le cas où on emploie les petits filtres, il est bon d'avoir à sa disposition un filtre supplémentaire pour prévoir à toutes les éventualités, et en particulier lorsqu'un des filtres vient à livrer une eau mal filtrée, ce qui n'arrive que lorsque le chargement du filtre a été mal fait.
Quand on veut changer la masse filtrante d'un filtre, on enlève les boutons du couvercle et ceux qui relient le robinet supérieur au tuyau de jonction placé sur le couvercle, et au moyen d'un palan, on soulève le couvercle jusqu'à la hauteur nécessaire pour qu'un homme puisse entrer dans le filtre.
MM. Bérenger et Stingl ont appliqué leurs appareils au traitement des eaux de vidange des usines et particulièrement de celles qui contiennent des produits azotés ; le réactif qu'ils emploient alors est le sesquichlorure de fer qui précipite . ces matières en même temps que les matières colorantes.
1277. On a proposé le chlorure de baryum pour la précipitation des sulfates de chaux et de magnésie contenus dans l'eau ; l'emploi de ce sel a le désavantage de laisser dans l'eau filtrée du chlorure de magnésium qui, à la température que subit l'eai^ dans les chau* dières se décompose en magnésie qui se dépose, et en acide chlorhydrique qui devient libre et peut attaquer la tôlq. Nous ne croyons pas qu'il y ait lieu de recommander un pareil procédé.
1278. Emploi dC appareils électriques pour la désincrustation, — On a proposé un certain nombre d'appareils destinés à empêcher la formation des incrustations fondées sur la production d'un courant électrique. Outre qu'on ne comprend guère comment le courant produit, toujours d'une faiblesse extrême, pouvait agir dans les conditions des appareils proposés, on n'a guère observé à cet égard que des résultats nuls ou contradictoires ; aussi ces appareils paraissent-ils complètement abandonnés.
1279. Vidange des chaudières complètement refroidies, — M. Robert Wilson, auteur d'un traité sur les machines à vapeur (Londres, 1874), recommande pour éviter les incrustations de laisser
la chaudière se refroidir graduellement et de la laisser reposer pleine d'eau froide pendant plusieurs jours avant de la vider ; par ce moyen, dit-il, les dépôts ne sont pas échauffés fortement, et cuits pour ainsi dire, et le sulfate de chaux déposé peut se redissoudre dans Teau froide. Cette opération, répétée d'une façon suffisamment fréquente et combinée avec l'addition à Teau d'une certaine quantité de carbonate de soude, suffit, d'après l'auteur, pour permettre de maintenir une chaudière en bon état d'entretien. On comprend en effet que tel puisse être le résultat de cette façon d*opérer, mais elle exige qu'on ait toujours une ou plusieurs chaudières de rechange, et il en résulte une augmentation de frais d'installation et de place occupée sans que d'ailleurs l'efficacité du procédé puisse être considérée comme absolue. Aussi croyons-nous qu'il vaudra mieux dans beaucoup de cas, et particuUèrement quand il s'agira des chaudières tubulaires, recourir à une purification préalable et complète des eaux employées, en indiquant toutefois que lorsque, malgré toutes les précautions employées, la vidange de la chaudière deviendrait nécessaire par suite des dépôts formés, il vaudra toujours mieux faire cette opération avec la chaudière lentement refroidie.
Quand la chaudière que l'on met en vidange ne doit subir qu'un arrêt de marche très-court, il est bon d'introduire l'eau froide en même temps que se fait l'expulsion de l'eau chaude ; on obtient ainsi un refroidissement lent et régulier de la chaudière qui n'amène aucune altération des joints ou de la tôle.
1280. Alimentation des générateurs par de teau distillée. — On éviterait évidemment les dépôts, en alimentant les chaudières par de Teau distillée. Quand la vapeur est employée au chauffage, on satisfait, au moins en partie, à cette condition, en recueillant les eaux condensées pour servir à l'aUmentation. Mais, quand la vapeur est employée à faire mouvoir une machine, la question devient bien plus compUquée ; il faut condenser la vapeur qui sort de la machine sans la mêler avec des eaux impures, comme cela se pratique ordinairement. La condensation de la vapeur doit alors s'effectuer par contact, avec des surfaces constamment refroidies.
1281. Les condenseurs à surface ont été imaginés pour condenser la vapeur des machines marines. La première application qui en ait été faite et qui date de 1838 est due à l'ingénieur-mécanicien anglais Hall. Dans certaines dispositions, les surfaces de condensation étaient formées de faisceaux tubulaires plongés dans la mer au-dessous de la surface de flottaison ; on voulait ainsi utiliser le sil-