CHAPITRE VIII. — INCRUSTATIONS DES CHAUDIÈRES
lage du navire; mais ces surfaces étaient bientôt encombrées et soustraites à tout contact renouvelé avec Teau de mer. Aussi dans le système qui a prévalu, l'appareil condensateur est-il placé dans rintérieur du navire ; et c'est au moyen d'une pompe qui puise Teau à la mer et la refoule dans l'appareil, que s'opère la circulation de de l'eau froide autour des surfaces condensantes.
Ce n'est que vers 1862 que les condenseurs à surface ont trouvé faveur dans la marine de l'État, alors que la haute pression et la détente étaient enfin adoptées, avec des machines à deux ou trois cylindres. Dans la marine, on admet que les condenseurs à surface produisent une économie d'environ iS p. 100, parce qu'ils ont supprimé les extractions permanentes. Les machines sont munies de pompes à air en même temps que de condenseurs à surface ; il ne s'établit plus maintenant de machines marines autrement constituées. C'est le système qu'on appelle Compoimd en Angleterre et aux États-Unis.
Le condenseur de la marine se compose de deux ou trois faisceaux tubulaires formés de tubes en cuivre de 20 millimètres, plus ou moins nombreux, plus ou moins larges, suivant les emplacements et la force des machines, et qui sont placés dans une caisse métallique ; l'eau foulée par les pompes parcourt successivement les différents faisceaux, tandis que la vapeur à condenser afflue dans la caisse. A l'origine, c'était la vapeur qui passait dans les tubes ; on y a substitué le système actuel parce que la circulation de l'eau ne se faisait pas bien avec le premier. L'un et l'autre mode laissent à désirer, soit au point de vue de la meilleure utilisation possible des surfaces refroidies, soit au point de vue du poids total de l'appareil ; de plus le nettoyage de la surface intérieure des tubes qu'enduisent les graisses entraînées par la vapeur, ainsi que celui de leur surface interne, n'est ni facile ni prompt à exécuter dans la plupart des cas ; aussi l'encrassement des tubes peut-il arriver à réduire sensiblement l'effet utile des surfaces condensantes.
1282. Les condenseurs à surface ont permis de supprimer l'extraction réglementaire des eaux saturées dans les chaudières marines ; cependant les faisceaux tubulaires et les plafonds des foyers ont besoin d'être nettoyés et désincrustés de temps en temps ; c'est qu'en effet un supplément d'eau nouvelle pour l'alimentation est nécessaire pour compenser les fuites de vapeur, etc., et cela en quantités fort variables suivant les circonstances; aussi peut-on prévoir l'adoption pour les chaudières marines du système que nous
décrirons plus loin et qui rend amovibles les foyers et les faisceaux tubulaires.
1283. M. Bourdon a employé une disposition de ce genre, pendant plusieurs années, dans son atelier de construction. Le condenseur était formé de deux boîtes cylindriques, à bases circulaires, d'une petite liauteur, ayant le même axe horizontal et réunies près de leur circonférence par 72 tuyaux de cuivre. Chaque boite était munie à son centre d*un tube destiné d'un côté à l'admission de la vapeur, de l'autre à l'écoulement de l'eau résultant de la condensation dans le réservoir de la pompe alimentaire ; ces tubes tournaient dans des boîtes à étoupes fixées à un cylindre enveloppant; celuici renfermait l'eau servant à la condensation, et était alimenté d'une manière continue. Le cylindre tubulaire recevait un mouvement de rotation qui, en renouvelant l'eau en contact avec les surfaces, favorisait la condensation. M. Bourdon avait été conduit à construire cet appareil, parce que la chaudière dont il se servait était d'une disposition toute particulière, et ne pouvait pas être nettoyée intérieurement.
4284. Dans les usines où le chauffage se fait à la vapeur, les appareils de chauffage eux-mêmes fonctionnent comme condenseurs à surface; c'est ce qui arrive par exemple dans les fabriques de sucre; on peut alors utiliser tous les retours d'eau à l'alimentation de la chaudière ; on peut y joindre aussi les eaux de condensation des machines ; mais il est bon pour ces dernières de les soumettre à une filtration qui leur enlève les matières grasses provenant des machines. Dans les fabriques de sucre, en particuher, on peut utiliser à ce service les noirs déjà épuisés par la filtration des sirops.
1285. Alimentation des générateurs en se sei'vant toujours de la même eau pour la condensation. — Si on avait un certain volume d'eau pure à sa disposition, on pourrait, en employant la condensation par injection, faire constamment servir la même eau pour la condensation de la vapeur ; il suffirait pour cela de la refroidir, après qu'une certaine partie aurait été prise pour l'alimentation do la chaudière. Le refroidissement de l'eau chaude sortant du condenseur s'elïecluerait en faisant passer sa chaleur dans im certain volume d'eau froide. Pour écono/niser l'eau froide, on pourrait disposer l'appareil de manière à faire passer toute la chaleur des eaux chaudes pures dans le même volume d'eau ilon purifiée; il suffirait pour cela de faire marcher les deux Hquides en sens contraire dans des canaux séparés par des cloisons métalUques d'une longueur suf-