CHAPITRE YIII. — INCRUSTATIONS DES CHAUDIÈRES
0",019 au maximum, il se produisait des cavités dans les tuyaux et dans la tôle et surtout au*dessus de la plaque de foyer. Les chaudières dont il s'agit étaient faites en tôle de la meilleure qualité^ tirées d'établissements divers ; la nature de la tôle n'entrait donc pour rien dans la production de l'altération; on a paralysé l'action destructive en ajoutant 1/10 à 1/6 d'eau de mer à l'eau des condensateurs à surface. Les mêmes altérations ont été observées sur deux chaudières de raffinerie alimentées par l'eau de condensation, tandis que cela n'avait pas lieu pour deux autres chaudières de la même raffinerie alimentées à l'eau ordinaire.
Dans la revue de M. Cuyper (tome XVI) on trouve un extrait de l'Engineer dans lequel il est constaté que l'altération produite par Teau pure cesse quand il y a une petite quantité de calcaire dissoute dans l'eau. M. Rambotton, ingénieur àwLondon ondNorth Western railwayj avait reconnu que l'eau pure des sources situées entre Manchester et Huddenfield produisait dans les chaudières des locomotives une corrosion analogue à celle qui est observée dans les chaudières marines munies de condenseurs à surface. Il a remédié au mal en ajoutant à l'eau du carbonate de chaux.
1291 . L'altération produite est-elle due, comme certaines personnes l'ont pensé, à ce que le fer est directement attaqué par l'eau distillée, tandis qu'il ne le serait pas par l'eau tenant des sels calcaires en dissolution? Les expériences très-nettes de M. Scheurer-Kestner {Bulletin de la Société de Mulhouse , 1871) fournissent une réponse à cette question.
Dans ces expériences, on a placé des eaux de diverses natures dans des flacons parfaitement bouchés, une barre de fer traverse le bouchon et vient plonger dans l'eau de chaque flacon.
Dans un premier flacon on a introduit de l'eau non calcaire et bien aérée (vallée de Saint-Àmarin) ; après plusieurs semaines, on observe des stries jaunes au fond de l'eau ; des champignons de rouille se sont formés sur la barre; on sort le fer de l'eau, on le nettoie, on le remet en place, il reste brillant; l'oxydation cesse donc dès que l'oxygène que l'eau tient en dissolution est consommé.
Dans un second flacon on a employé de l'eau calcaire et bien aérée provenant du terrain jurassique; l'oxydation s'est produite plus tard que dans le premier cas ; on a sorti le fer et on l'a nettoyé en même temps que celui du flacon précédent ; on l'a rerais en place, l'oxydation a continué ; on peut conclure de cette expérience que la présence du calcaire rend l'oxydation plus lente.
Dans un troisième flacon, on a introduit de Teau distillée récemmenl bouillie : aucun phénomène d'oxydation ne s'est manifesté.
On voit donc que dans les eaux pures et bien aérées, Toxydation doit être attribuée à Toxygène de Tair dissous ; la présence du calcaire retarde cette action et la rend beaucoup plus faible. Dans le cas des eaux de condensation, la présence des acides gras doit faciliter Taltération. Nous connaissons d'ailleurs des sucreries dans lesquelles les chaudières sont alimentées par les eaux de retour et où il ne se produit aucune trace d'oxydation ; on prend soin de filtrer sur des noirs épuisés les eaux de condensation des machines.