‹ Traité de la chaleur (volume 2)Chapitre 80 sur 283 · CHAPITRE IX. — CONDUITE DES CIIAUDIÈnES A VAPEUR · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. — CONDUITE DES CIIAUDIÈnES A VAPEUR

fond de la grille le charbon amené à Tétai de coke et placera la charge fraîche sur le devant; les grilles inclinées sont utiles, elles sont favorables à ce mode de chargement et augmentent la capacité du foyer. On a reconnu à Mulhouse que Tinclinaison d'une grille longue procurait une économie de 7 p. 100 par rapport à la même grille placée horizontalement. Il est bon de mettre sur la tablette du foyer le charbon destiné à la charge suivante.

Le chauffeur doit éviter surtout de pousser le feu avec une trop grande activité, parce que, la partie de la chaudière située au-dessus du foyer produisant une très-grande quantité de vapeur, la paroi intérieure pourrait ne pas être mouillée par Teau d'une manière continué ; il en résulterait une élévation de température qui pourrait produire une altération du métal. Cette altération porte le nom de coup de feu ; elle se manifeste par des écailles d'oxyde qui se détachent et des gonflements de la tôle qui diminuent beaucoup sa résistance.

1295. Les variations brusques de température du foyer ont toujours une influence fâcheuse par les inégalités de dilatation qu'elles produisent dans la chaudière ou dans les carneaux. Ainsi, il ne faut pas éteindre les foyers par des injections d'eau, mais laisser refroidir le fourneau lentement.

1296. Lorsque le travail doit être interrompu, mais seulement pendant une courte durée, le chauffeur doit abaisser le registre de la cheminée et ouvrir la porte du foyer. Si la pression s'élevait vers la fin de la journée, il doit diminuer progressivement les charges, de manière qu'à l'instant de la cessation du travail il ne reste que peu de combustible sur la grille. Alors il doit le couvrir de cendres, abaisser le registre de la cheminée et fermer le cendrier, auquel il est essentiel d'adapter des portes ou une plaque de fer meture.

1297. On a proposé d'abaisser, en partie du moins, le registre de la cheminée quand on ouvre la porte pour charger la grille ; cet abaissement a en efi'et l'avantage de diminuer la quantité d'air froid qui passe dans les carneaux sans alimenter la combustion ; mais les gaz qui se produisent dans le foyer se trouvent moins bien brûlés, et l'appel d'air extérieur, qui se produit aussitôt qu'on ouvre le registre, pourrait donner lieu, dans quelques circonstances particulières, à des explosions dans les carneaux. Soit par crainte de ces accidents, soit à cause de la négligence des chauffeurs, cette manœuvre ne s'est pas répandue.

1298. Les houilles produisant toujours des scories plus ou moins adhérentes aux barreaux, il faut soulever ces scories de temps en temps au moyen d'une tige de fer recourbée {sabre du chauffeur) que Ton introduit en dessous à travers les barreaux, et, après un certain temps, il faut les enlever de la grille.

1299. Le manomètre doit être constamment surveillé; si la pression dépassait la limite assignée, il faudrait modérer la combustion en abaissant le registre, en fermant plus ou moins la porte du cendrier, ou en ouvrant en partie la porte du foyer. Le chauffeur doit soulever de temps en temps les soupapes de sûreté, pour s'assurer qu'elles n'adhèrent pas à leurs sièges ; mais il ne faut pas renouveler trop fréquemment cette opération, attendu que les dépôts de l'eau, entraînés par la vapeur, salissent les surfaces qui doivent être en contact, et s'opposent à la fermeture hermétique des soupapes. Dans aucun cas et pour aucune raison, les soupapes ne doivent être surchargées.

1300. L'attention du chauffeur doit surtout se porter sur les indicateurs de niveau et sur l'appareil d'alimentation, appareils qu'il doit tenir tous deux en parfait état de fonctionnement, car presque toutes les explosions ont eu pour cause un abaissement de niveau dans la chaudière au delà d'une certaine limite. Le tube indicateur et le flotteur doivent être souvent observés ; l'immobilité de l'aiguille de ce dernier, dans un point intermédiaire à la graduation, serait un indice que le fil de suspension du flotteur est trop serré dans la boîte à étoupe, et que l'appareil ne fonctionne pas; il faudrait alors desserrer l'écrou qui presse les étoupes. Si l'aiguille restait immobile à l'une des extrémités du cadran, le niveau serait trop haut ou trop bas ; dans le premier cas, en diminuant l'ouverture du robinet du tuyan d'alimentation, on diminuerait la quantité d'eau introduite à chaque instant dans la chaudière, et on ramènerait en peu de temps le niveau à la hauteur normale. Dans le second cas, si l'abaissement du niveau était considérable, et que la partie de la chaudière qui se trouve au-dessus de l'eau fût rouge, il y aurait le plus grand danger a remonter brusquement le niveau. Le seul parti à prendre serait de jeter bas le feu et de s'éloigner du fourneau ; une explosion serait à craindre.

1301. Si l'abaissement du niveau était peu considérable et n'était pas arrêté par une plus grande ouverture du robinet du tuyau d'alimentation, il proviendrait d'un dérangement dans la pompe ou dans l'appareil d'alimentation. Dans le cas où l'on pourrait obvier promp-

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