CHAPITRE PREMIER. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
les sections de tous les autres carneaux, le quatrième terme 0)86, qui représente lei frottement dans la cheminée, restera seul constant, et les autres termes diminueront rapidement. Supposons, par exemple, que toutes les sections des carneaùx deviennent 4 fois plus grandes, les vitesses de Tair y seront 4 fois plus petites; et, comme les pertes de charges sont proportionnelles aux carrés des vitesses rapportées à celles de Técoulement, les trois premiers termes deviendront 16 fois plus petits, et les trois derniers 32 fois plus petits. Ainsi, la valeur de R deviendrait 0,62 + 0,86 + 0,J8 = 1,66; et la vitesse réelle d'accès dans la cheminée serait égale à 0,61 de la vitesse théorique. La limite extrême aurait lieu quand les sections seraient assez grandes pour que tous les termes, excepté celui qui représente le frottement de Tair dans la cheminée, pussent être négligés; alors la vitesse serait égale à 0,78 de la vitesse théorique.
2398. Il est important de remarquer que si, dans Texpression générale de la vitesse d'accès théorique, on prend pour 6 la valeur moyenne des mois de chauffage, et si Ton suppose que Tair arrive dans la cheminée à IS"", sans que, dans le trajet, il y ait accroissement ou perte de chargé, ce qui arriverait si les orifices d'appel étaient à la hauteur du foyer d'appel, et que l'air ne fût pas suréchauffé dans la cheminée, la vitesse théorique serait égale à 4"°, 27; ainsi, pour obtenir une vitesse d'écoulement réelle égale à 2 mètres, il suffirait que le facteur provenant des résistances fût égal à 2 : 4,27 = 0,468, ce qui correspond à R = 3,54. Mais alors, pour des valeurs de e plus petites, il y aurait accroissement de vitesse, qu'il faudrait modérer par un registre, si l'on voulait conserver la vitesse de 2 mètres, et il ne faudrait allumer le foyer d'appel que pour des températures supérieures.
2399. Dans tout ce que je viens de dire, j'ai supposé que l'air ne se refroidissait pas dans la cheminée ; c'est une supposition qu'on peut admettre sans crainte de s'éloigner sensiblement de la vérité, pourvu qu'elle soit en briques et d'une épaisseur convenable, car nous avons vu (588) combien la perle de chaleur, daiîs les cheminées en briques parcourues par de l'air à 300^, était faible et avait peu d'influence sur le tirage. Nous avons de même admis que l'air des cellules ne se refroidissait pas dans son trajet jusqu'à la cheminée, cette hypothèse n'est jamais rigoureusement exacte; il y a une perte de chaleur difficile à évaluer, car elle dépend de circonstâfices trop compliquées ; cependant, quand il n'y a pas de conduites placées dans les combles, ce refoidiçsement doit être assez faible ; enfin on
ne peut pas avoir égard dans les calculs à Tappel d*air extérieur par les fissures des surfaces de circuit. On ne doit donc considérer les résultats du calcul que comme une approximation suffisante pour diriger les ingénieurs, et il sera toujours nécessaire de déterminer par des expériences, après la construction des appareils, à quelle température Tair doit être surchaufië à son entrée dans la cheminée, pour obtenir la ventilation demandée. Ces expériences se font facilement au moyen de Tanémomètre, et permettent de déterminer, pour une certaine valeur de la température extérieure, la consommation de combustible correspondante à cette ventilation ; nous allons examiner les moyens de rendre la ventilation constante, quelle que soit la température extérieure.
2400. Conduite du foyer pour obtenir une ventilation constante. — Le cas que nous considérons, je le répète, est celui oùFair appelé est à la température extérieure, ou à une température constante, mais où, dans tout le circuit qui précède la cheminée, il n'y a ni perte ni accroissement de charge produisant des variations d'appel ; dans ce cas, la méthode la plus simple et la plus exacte pour diriger le foyer, consisterait à placer à côté du chauffeur un manomètre à eau, disposé comme je Tai indiqué (656), et qui donnerait avec une très-grande précision la valeur de / — 6, ou de Texcès de la température de l'air dans la cheminée sur la température extérieure ; le foyer étant dirigé de manière que cet excès reste le même, la ventilation sera également constante; du moins elle ne variera que dans des limites trèsrapprochées. En prenant IS** pour la température moyenne des six mois d'été, — 3®et+ 32** pour les températures extrêmes, les ventilations varieraient dans le rapport des nombres 1 ,033 ; i , et 0,977 ; la combustion serait réglée par un registre placé dans le cendrier. On pourrait aussi mettre à côté du chauffeur un des manomètres que nous avons décrits (523 et suiv.), et dont le réservoir communiquerait avec un petit tube qui viendrait s'ouvrir au bas de la cheminée ; les dépressions indiqueraient les charges correspondantes à Fécoulement. Le manomètre incliné, qui est le plus simple, serait suffisant, caries vitesses d'écoulement sont rarement inférieures à 2 mètres, ce qui correspond à une charge en eau de 0"",265, et comme les vitesses sont presque toujours réduites à un tiers ou à un quart de la vitesse théorique, la dépression du manomètre serait de 9 . 0"",265 = 2*',385, ou de 16 . 0,265 = 4°'",24, dépressions qui, avec une inclinaison du tube égale à 1 : 10, correspondraient à des longueurs de colonnes inclinées de 2%28 et de4%24. Une serait pas impossible de placer un