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HAP1TRE II. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HABITATIONS

2524. Les différents appareils imaginés pour chauffer préalablement Tair neuf au moyen du feu fait dans la cheminée même, en les plaçant derrière Tâtre, sont généralement défectueux par leur insuffisance de section, aussi aucun d'eux ne fournit à une pièce la totalité de Tair que Tappel de la cheminée peut enlever. Il s'ensuit qu'ils ne suppriment pas les rentrées d'air par les joints des portes et des fenêtres, et qu'ils ne font que diminuer l'incommodité qui en résulte, souvent même dans une faible proportion.

Toutefois ces appareils procurent une meilleure utiUsation du combustible que les cheminées où ils n'existent pas, mais les dimensions que l'on donne à nos cheminées d'appartement se prêtent peu à l'emploi de ces appareils réchauffeurs ; d'un autre côté, les maisons à trois, quatre et même cinq étages dans lesquelles on les installe sont sujettes à des tassements qui ne se manifestent pas toujours immédiatement après leur construction, il en résulte des dislocations dans ces combinaisons de tuyaux, des ruptures même, qui obligent à un renouvellement complet de l'appareil, quand les différentes pièces de l'appareil sont scellées dans les murs. D'un autre côté, le chauffage et le refroidissement successifs et fréquents des diverses parties de ces appareils amènent souvent des ruptures, des crevasses, etc. Il est donc important dans la construction de ces appareils de prévoir les effets de ces mouvements et de la dilatation, et dans tous les cas de rendre les réparations faciles et peu onéreuses. Telles sont les différentes raisons qui font que les cheminées disposées de façon à chauffer l'air neuf ne sont pas aussi répandues qu'elles devraient l'être.

Ce sont aussi les mêmes considérations qui ont mené à rechercher des systèmes d'installation très-simple permettant l'emploi de sections suffisantes d'arrivée d'air, c'est le cas de la cheminée Mousseron et de la cheminée Joly.

2525. Foytr Mousseron. — Ce foyer a surtout pour but d'éviter les rentrées de fumée au moment de l'allumage ; il se compose d'une coquille en fonte ouverte à Tavant et portant une grille à une trèspetite distance du sol; la coquille porte à la partie supérieure un tuyau qui se rend dans la cheminée ; celle-ci doit être fermée autour du tuyau ; à la partie inférieure de la coquille et à la hauteur de la grille se trouve une autre ouverture qui communique, par un ou plusieurs tuyaux venus de fonte sur la coquille et placés derrière elle, avec le tuyau supérieur ; par ce moyen, au moment de l'allumage le courant ascendant se produit immédiatement dans)es tuyaux pla-

ces derrière la coquille, les gaz chauds s'engouffrent dans l'oriRce placé au niveau de la grille ; ce courant d'air chaud se rend dans la cheminée et commence le tirage qui s'accomplit ensuite simultanément parles deux orifices lie la coquille, mais principalement par l'orifice supérieur; de sorte que le foyer Mousseron est à flamme reoversée pendant l'allumage et à flamme droite quand cette opération est terminée.

Celte coquille peut se placer dans toute espèce de cheminée, on ferme l'avant de la cheminée dans toute la partie qui entoure ta coquille par un grillage en fonte. L'air neuf arrive dans la capacité qui entoure la coquille, se chauffe au contact de celle-ci et sort par les ouvertures du grillage. On peut faire fonctionner l'appareil comme calorifère en bouchant complètement par une plaque de tôle l'ouverture que laisse la coquille dans la cheminée, et en mettant, par un tuyau, la chambre d'air chaud qui entoure la coquille en communication avec la pièce à chauffer.

2S26. Le foyer Joly, représenté figure 648 et 4C0 est construit par MM Geneste fils et Herscher frères ; il se compose d'une enveloppe en fonte occupant les trois faces de l'àtre et ayant en section hori-

Fig. etB.

zontale la forme d'un trapèze dont les angles sont arrondis ; les trois faces se réunissent à la partie supérieure , en se rétrécissaiit, et y réservent un oriQce rectangulaire pour le départ de la fumée. Cet orifice communique soit directement à la cheminée, soit à un coffre ou tambour supérieur muni de chicanes mobiles destinées à former une surface de chauffe utilisable. Cette dernière disposition est représentée en coupe dans la figure 650. La partie supérieure du coffre en fonle formant le foyer proprement dit est munie de cannelures destinées à augmenter la surface de chauffe, et lu partie extérieure de la coquille est munie de nervures qui iiuii -seulement augmentent la

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surface de chauffe, mais encore ont l'avanlage d'abaisser la température delà Burface en contact avec l'air neuf (1840), ce qui est une condition utile au point de vue de l'Iiygiène. Le conduit d'air neuf établi dans le plancher est de large section et débouche dans la pallie qui entoure la coquille. L'appareil est muni d'une trappe mobile qui permet de régler le tirage. Cette disposition nous parait

Fig. CM.

la plus simple et la plus efficace de toutes celles dans lesquelles on se préoccupe de chauffer l'air de la ventilation au moyen des cheminées d'appartement .

M. Genesie fils et Herscher frères ont combiné l'emploi de la cheminée Joly et de la disposition de la ligure 633 pour le chauffage et la ventilation des casemates dans plusieurs des forts nouvellement construits autour de Paris.

2527. Observations sur les cheminées d'appartement. — Nous venons de passer en revue les principaux perfeclionnements essayés

depuis Rumfort pour les cheminées d'appartement. Tous ont porté soit sur des modifications de détail à la cheminée de Lhomond, soit sur les moyens d'obtenir du combustible un plus grand effet utile.

Comme nous l'avons déjà vu, le rendement des cheminées d'appartement est très-faible ; les dispositions proposées pour l'augmenter peuvent se ranger en deux classes.

Dans la première, on a eu pour but daugmenter la chaleur rayonnée dans l'appartement, et pour cela on a avancé le foyer dans la pièce. La cheminée de M. Bronzac (2508) peut être prise pour type de ce système. On est arrivé ainsi à utiliser environ deux fois plus de chaleur que dans les cheminées ordinaires de Lhomond.

Dans la seconde classe, on a cherché à tirer parti de la chaleur emportée par la fumée, et pour cela on a disposé à la suite du foyer des appareils calorifères plus ou moins simples. Les cheminées décrites n°* 2515 et suivants rentrent dans cette classe. L'effet utile obtenu a été encore plus considérable, mais il reste limité par la condition de laisser le foyer visible. Il s'introduit ainsi dans la cheminée un volume d'air qui ne sert pas à la combustion, et qui , refroidissant la fumée, diminue beaucoup l'effet des calorifères.

2528. Cheminées qui fument. — Les foyers découverts, tels qu'on les construit ordinairement, laissent souvent dégager de la fumée dans les appartements. Les causes qui font fumer les cheminées, et les moyens d'y remédier, ont été décrits avec beaucoup de précision par Franklin ; nous les exposerons sommairement d'après lui, en faisant quelques additions.

2529. La première cause de production de la fumée est le défaut de ventilation ou seulement la difficulté de l'introduction de l'air extérieur dans Tappartement. Il est évident qu'il doit entrer dans la pièce un volume d'air égal à celui qui s'élève dans la cheminée ; par conséquent, si la pièce est exactement fermée, la fumée, ne pouvant pas sortir sans y produire un vide partiel, se répandra dans rappartement. Il arrive presque toujours qu'une certaine quantité de fumée monte dans la cheminée ; cet effet provient d'un double courant qui s'établit dans le canal ; l'air extérieur descend dans Tappartement par une partie de la cheminée, tandis que la fumée s'élève par l'autre ; mais, ces deux courants n'étant point séparés, le courant descendant entraine toujours avec lui une certaine quantité de fumée qui se répand dans la pièce.

Cette cause aura évidemment une influence d'autant plus grande que l'appartement sera plus petit, que les portes et fenêtres join-

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