CHAPITRE II. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HABITATIONS
emploie ordinairement qui jouissent de cette propriété ; ces trappes diminuent beaucoup les chances de fumée dans les pièces où. l'on fait du feu parce qu'il n'y a plus d'air froid dans la chemfnée commune. C'est en se fondant sur ces jprincipes que MM. Mousseron et Allard ont réalisé ce qu'ils ont appelé les tuyaux unitaires, qui consistent dans une gaîne unique, dont la section est de 0",93 pour six cheminées et qui s'élève dans toute la hauteur de la maison ; cette gaine part du rez-de-chaussée où elle communique avec l'extérieur au moyen d'une ouverture fermée par un guichet en tôle. Le ramonage se fait en une fois sans qu'il en résulte aucun dérangement dans les appartements. On rencontre de rares exemples de ces tuyaux unitaires dans les maisons construites à Paris, il y a une quinzaine d'années ; on comprend que pour adopter la gaîne unique allant verticalement du haut en bas de la maison, il faut avoir à construire la maison elle-même ; encore est-il impossible de n'avoir qu'une seule grande gaîne dans une maison formée d'un seul corps de bâtiment, car il faut qu'à chaque étage les cheminées puissent gagner la gaine par un embranchement fort court; aussi est-il bien difficile qu'une seule gaîne desserve plus de deux cheminées accolées par étage. Les branchements, s'ils ne sont pas très-courts, sont difficiles à ramoner ; ils pourraient causer un feu de cheminée qui se propagerait à toutes les cheminées desservies parla même gaîne. Il faut à chaque embranchement un registre pour régler le feu, et il faut que ce registre ferme hermétiquement pour empêcher le retour de fumée. Ces retours de fumée ne sont pas seulement désagréables; ils peuvent être très-dangereux et devenir une cause d'asphyxie. Il peut enfin résulter de l'emploi de cette gaîne unique qu'il s'établira entre les divers étages une communication de bruits et même de paroles.
Ces diverses considérations ont empêché ce système, qui d'ailleurs est plus économique que celui des cheminées multiples, de se répandre lors de la reconstruction de Paris.
Les règlements de police n'ont pas autorisé ce système, malgré les demandes de l'inventeur, et quoiqu'il n'y ait pas à demander d'autorisation à la police pour l'établissement des cheminées de tel ou tel système, et que même aucun service de surveillance ou de contrôle n'existe pour vérifier les conditions dans lesquelles les cheminées sont établies, il ne faut pas oublier qu'il peut ré«iulter de la négligence des règlements, une responsabilité qui dans le cas d'incendie peut être fort grave pour le propriétaire. On fera donc bien.
dans tous les cas, de donner dans les habitations un tuyau spécial à chaque cheminée.
2534. La sixième cause qui fait fumer les cheminées réside dans Faction du soleil et des vents dirçcts ou réfléchis : il faut alors avoir recours aux appareils que nous avons décrits dans le premier volume.
2533. Une dernière cause peut faire pénétrer de la fumée dans les appartements. Dans les grands calorifères, le tirage de la cheminée à air brûlé étant toujours beaucoup plus actif que Tappel par la cheminée d'écoulement de l'air échauffé, il n'est pas nécessaire que les joints soient étanches, car la différence des tirages produit des pressions latérales qui font passer de l'air échauffé dans l'air brûlé ; il en résulte bien une perte de combustible, mais il n'y a pas de dégagement de fumée dans les pièces. Dans les appareils formant calorifères qui se trouvent au-dessus ou autour des foyers découverts et qui sont destinés à utiliser une partie de la chaleur de Tair brûlé, il n'en est pas toujours ainsi. Si l'ouverture du foyer était considérable et si les tuyaux de chauffage de l'air étaient placés dans un lieu où la vitesse d'écoulement de l'air brûlé fût très-faible, il pourrait arriver que la vitesse d'écoulement de l'air échauffé fût plus grande, et par conséquent que si les tuyaux n'étaient pas étanches, l'air brûlé pénétrât dans les tuyaux d'écoulement de l'air chaud. Ces circonstances se présentent rarement, mais il est toujours important dans toutes les dispositions de rendre les joints aussi hermétiques que possible, car le mélange de l'air brûlé, même en petite quantité, avec l'air de ventilation, a de graves inconvénients.
2536. Les cheminées d'appartement servent non-seulement au chauffage, mais aussi à la ventilation ; on peut même, dans beaucoup de cas, obtenir des cheminées une ventilation naturelle des lieux où elles sont placées, alors qu'on n'y fait pas de feu. Nous rapporterons les résultats de quelques expériences faites par M. le général Morin, sur la quantité d'air que débite une gaine de cheminée d'appartement quand on n'y fait pas de feu ; elles donnent un aperçu de la ventilation qu'on peut obtenir par des cheminées.
La cheminée expérimentée est celle du cabinet du directeur du Conservatoire des arts-et-métiers, pièce isolée et située au rez-dechaussée ; la hauteur de la gaine était de 20", 30, et les poteries qui la constituaient à partir du plafond avaient 0'",30 sur 0",30, ce qui en déduisant les arrondis des angles lui donnait une section de 0".0868; en octobre 1861, alors que la température extérieure