CHAPITUE U. — - CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HABITATIONS
était de 10*^,8 et la température intérieure de 22°, une expérience donnait un écoulement de 357°''' d'air dans une heure sans chauffage et par simple ventilation naturelle ; la température à Tintérieur de la cheminée était supposée la même que celle de la pièce. En novembre, dans une autre expérience, alors que la température extérieure était de 1%8 et la température intérieure de 15°, le volume évacué s'est élevé h 446""' par heure, la vitesse moyenne de Tair dans la gaine a été de 0'",40 à O^joO, Tair affluant par les joints des portes et des fenêtres et par la bouche de chaleur d'un calorifère de cave d'une section de 0'",03. Ces expériences mettent en lumière l'influence de la ventilation naturelle, mais on sait que celle-ci est inégale et capricieuse, fort variable suivant la différence de température entre l'extérieur et l'intérieur d'une habitation, différence qui est loin d'être constamment de ll°,2à 13%2.
Les chiffres qui précèdent, obtenus dans des conditions particulières, ne sauraient fournir de règle pour établir la ventilation d'un appartement composé de plusieurs pièces dont les cheminées sont en communication permanente entre elles par les joints des portes ; ces cheminées s'influencent réciproquement et on a trop souvent à se plaindre de l'odeur de suie qui se répand dans les pièces par les courants descendants qui s'établissent dans certaines de ces cheminées où il n'y a pas de feu. C'est pour obvier à cette incommodité que Ton place dans les cheminées d'appartement des trappes que Ion tient fermées en été aussi bien qu'en hiver lorsque Ton ne fait pas de feu ; mais ces trappes ne ferment pas assez pour empêcher toute communication d'une pièce à une aulre. Quant aux quantités d'air évacuées, nous remarquerons que le cabinet en question est isolé, qu'il a une haute cheminée d'appel, d'une section supérieure à celle de la plupart des cheminées des maisons modernes et que de semblables résultats ne seraient pas obtenus avec des cheminées d'un deuxième ou d'un troisième étage et des gaines d'une moindre section.
On sait que lorsqu'on ne fait pas de feu dans une cheminée alors que la température extérieure est plus élevée que la température intérieure, il se fait un courant descendant et que ce courant est tantôt dans un sens et tantôt dans l'autre, probablement par suite d'action extérieure parle sommet de la cheminée, quand la différence des deux températures est faible.
2537. On ne saurait donc considérer la ventilation naturelle comme établie d'une manière saine et certaine dans nos appartements par
suite (le l'existence des cheminées.- Pour obtenir un semblable résultat, il faudrait établir, à la base de leur gaine, un petit foyer d'appel qu'il serait commode de créer avec des becs de gaz, parce qu'alors il n'exigerait que peu de surveillance. Il faudrait aussi avoir des accès d'air extérieur d'une section suffisanle, disposés plus commodément que les joints des portes et des fenêtres. La ventilation au gaz d'éclairage n'est guère applicable dans nos appartements qu'autant qu'une conduite y est déjà installée, soit pour le chaxifïage, soit pour l'éclairage.
Quoique le gaz soit un combustible cher, on peut cependant songer à s'en servir l'été comme foyer d'appel dans certains édifices publics occupés d'une façon non continue, à cause du peu de surveillance qu'il exige.
On a songé, il y a longtemps, à faire de petits foyers d'appel avec des becs à l'huile ; des becs au pétrole seraient moins coûteux el parfois moins coûteux que le gaz même quand il n'y a pas déjà de canalisalion établie pour l'éclairage.
2538. Pendant l'expérimentation précitée , M . le général Morin appréciait le volume d'air qui rentrait par les joints des portes et des fenêtres dans le cabinet, la cheminée étant toujours sans feu. Pour un développement de joints de 20",30aux deux fenêtres et de 21", 16 aux deux portes, soit un total de 41", 46, la rentrée d'air a été de 24() mètres cubes à l'heure, soit 5"'%92 en moyenne par mètre courant de joint ; mais il s'en faut que ces joints offrent une section uniforme, de sorte qu'en bien des places la moyenne donnée est fort dépassée, tandis que dans d'autres, elle n'est pas atteinte.
2539. Une expérience analogue a été faite sur la même cheminéo en y brûlant du bois ; mais après que les coffres unissant le foyer à la poterie eurent été régularisés afin de diminuer la contraction à l'entrée de Tair et que l'appareil Fondet qui garnissait la cheminée eut été enlevé. La température extérieure étant de 15" et celle du cabinet de 19% celle dans la gaine de la cheminée de 90°, le volume* tetal écoulé a été de 1268 mètres cubes à l'heure en brûlant 7'', 83 . de bois, la vitesse de l'air dans la gatne était de 5", 04. Une seconde expérience avec 8" à Textérieur et 18°àrintérieur,107**dans la gaine a donné 1365 mètres cubes en consommant à l'heure 8'',36 de bois, la vitesse de l'air était de 5", 07 ; une troisième expérience exécutée dans le cabinet du sous-directeur, situé aussi au roz-de-chaussée o donné pour une température de 22* à l'extérieur, 24° à l'intérieur el 127'* dans la gaine une évacuation de 835 mètres cubes par heure