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CHAPITRE II. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HABITATIONS

ont une assez grande étendue, et qu'ils ne renferment qu'un petit nombre de personnes et peu d'appareils d'éclairage, ils sont bien difficilement et bien chèrement échauffés par une simple cheminée à foyer découvert. Le mode de chauffage et de ventilation le plus commode, consiste, dans ce cas, à placer dans la pièce voisine, ou à l'étage inférieur, un calorifère versant dans le salon, du côté opposé à la cheminée, un volume d'air considérable à une température peu supérieure à 12''; le foyer delà cheminée qui sert à compléter le chauffage, détermine la ventilation et donne la faculté de profiter de la chaleur directe toujours plus agréable pour chauffer rapidement une partie du corps.

2599. Mais quand les salons renferment un grand nombre de personnes et de nombreux appareils d'éclairage, les conditions d'assainissement sont bien différentes. D'après les dispositions généralement usitées, qui consistent tout simplement à produire la ventilation par l'appel d'un foyer découvert, la température, en peu de temps, devient très-élevée, et l'air est quelquefois tellement vicié qu'on éprouve un malaise que beaucoup de personnes ne supportent que difficilement ; les appareils d'éclairage eux-mêmes ne continuent à brûler qu'avec peine, et ne répandent plus qu'une lumière amoindrie et sans éclat. Ces inconvénients proviennent de la grande quantité de chaleur produite par la respiration, par les appareils d'éclairage, de la position des orifices d'appel et de l'absorption de l'oxygène, comme nous allons le voir.

2600. Considérons une salle renfermant trois cents personnes, éclairée par cent bougies ; la quantité de charbon consommée sera à peu près de 10 grammes par personne et par bougie, et en tout de 4 kilogrammes ; supposons une ventilation régulière de 10 mètres cubes d'air par personne, par bougie et par heure, en tout de 4^000 mètres cubes ; on sait que 1 kilogramme de charbon peut élever 1,000 mètres cubes d'air de8,000 : (1,3 . 0,24 . 1000)=23%64; ainsi, quelle que soit la température de l'air de ventilation à l'entrée de la pièce, par le seul effet de la respiration et des appareils d'éclairage, la température de l'air serait élevée de 2^'',^i. Si la ventilation était deux fois plus grande, la température s'élèverait seulement de 12%82, et de 5l%28, si elle était réduite à moitié. A la vérité, je n'ai pas tenu compte delà chaleur perdue parles vitres et les murailles, mais elle est en général très-petite relativement à la quantité de chaleur produite dans les grandes réunions de nuit.

2601 . Mais une autre circonstance contribue plus encor*^ à l'insa-

lubrité de la salie et rend cette insalubrité presque indépendante du degré de ventilation produit par un ou plusieurs foyers découverts. L'air qui pénètre dans la pièce, qu'il provienne d'un calorifère ou directement de l'extérieur, est toujours à une plus basse température que celui de la salle de .réunion; il tombe sur le sol' et chemine vers les foyers d'appel en suivant le plancher et en n'entraînant avec lui qu'un petit volume d'air échauffé : ainsi, il n'y a qu'un très-faible renouvellement de l'air à une petite hauteur, et au-dessus se trouve de l'air stagnant dont la température et l'état insalubre augmentent avec la hauteur. On retrouve ici, et d une manière trèsnette, le cas que nous avions prévu en parlant du mouvement de l'air dans les lieux ventilés, lorsque l'air de ventilation est plus froid que l'air de la pièce.

Il faut alors nécessairement changer le mode de ventilation, et faire sortir l'air par la partie supérieure ; l'air marchant de bas en haut ne sera échauffé qu'à une assez grande hauteur par les appareils d'éclairage ; l'air chaud sortant des poumons s'élèvera directement, et une ventilation modérée suffira pour maintenir une température convenable et un bon état sanitaire.

2602. On pourrait employer une ouverture pratiquée dans la cheminée du foyer découvert, à la hauteur du plafond, garnie d'un registre qu'on n'ouvrirait que quand les circonstances l'exigeraient. L'appel latéral introduirait dans la cheminée un certain volume d'air de la pièce ; l'effet serait augmenté, si le registre s'abaissait intérieurement et diminuait la section de la cheminée. A la vérité, ce tirage affaiblira celui qui a lieu par l'ouverture du foyer découvert ; mais ce sera un avantage, et cette disposition sera très-efficace, si le tirage de la cheminée est suffisant, et si l'air extérieur, préalablement échauffé à 10 ou 12"^, arrive dans la pièce par un large orifice ; mais si l'air extérieur ne pouvait pas pénétrer facilement dans la pièce, et si la cheminée, au-dessus du plafond, n'avait pas une assez grande hauteur, il pourrait se former dans la cheminée deux courants en sens contraires et le courant descendant amènerait de la ftimée dans la pièce.

2603. On emploie quelquefois des vitres mobiles autour d'une charnière horizontale, et placées à la partie supérieure des fenêtres. En ouvrant une ou plusieurs de ces ouvertures, on fait nécessairement sortir l'air chaud ; mais, à moins que l'air extérieur, échauffé par des calorifères, n'arrive dans la pièce en grande abondance, de manière à y produire un certain excès de pression, les ouver-

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