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CHAPITRE II. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HABITATIONS

ches de chaleur ; Fair contenu dans la salle avait une odeur de brûlé (oTl désagréable, et la chaleur, trop forte près du poêle, n'avait pu parvenir, du côté opposé, jusqu'au bureau où siégeait le ministre. Je me plaignis de cet état de choses; on m'envoya, le lendemain, le fumiste du ministère; je lui fis augmenter convenablement Fouverture de la prise d'air, et je fis établir, sur le devant du poêle, une grande bouche de chaleur ayant, autant que je puis m'en souvenir, 20 décimètres carrés d'ouverture, c'est-à-dire environ vingt fois autant de section qu'en avaient les bouches de chaleur primitives ; on ne toucha pas à Farmature du poêle, et toute la réparation fut terminée en un jour de travail. Une seconde cheminée ne servant pas, existait derrière le bureau, à l'opposé de celle du poêle ; je la fis ouvrir par le bas, au-dessous de l'estrade, pour évacuer l'air vicié dans la salle, et le lendemain, jour de séance des trois conseils réunis, on obtint, sans pousser le feu dans le poêle, tout le succès désirable, tant sous le rapport de Féchaufiement égal de tous les points de la salle, que sous celui de la salubrité de Fair qu'on y respirait.

« Le même changement a été fait de la même manière et avec le même succès au poêle de la salle des séances du conseil de salubrité à la Préfecture de police, à celui du laboratoire des essais à la Monnaie de Paris, etc., etc. »

2587. Dans l'article dont je viens de parler, M. Darcet admet que l'air, en sortant du poêle, doit être échauffe seulement de 20° ; alors, en supposant que la combustion de 1 kilogramme de houille peut échauffer 900 mètres cubes d'air de 20*», et que la vitesse de sortie est de 2 mètres, il en conclut que les poêles doivent avoir des bouches de chaleur de 12,50 décimètres carrés de surface pour chaque kilogramme de houille à brûler par heure. Mais il ne suffit pas que les bouches de chaleur aient une surface assez grande, il faut que dans tout le circuit que parcourt l'air qui s'échauffe, la section ne soit pas inférieure à celle des bouches; autrement le rélargissement du canal, à son extrémité, n'aurait que peu d'influence. L'énorme section à laquelle M. Darcet est conduit serait souvent difficile à établir. Je pense qu'une section deux fois plus petite serait bien suffisante dans tous les cas, et bien supérieure encore à celle que les constructeurs d'appareils donnent toujours aux bouches de chaleur.

Modes de ehaalTaffe et de TentilatloM les pl«e cenTesaMes daae les

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2588. Pour les antichambres des grandes maisons, le chauffage par les poêles en terre cuite, garnis de larges bouches de chaleur versant un grand volume d'air à une température peu élevée, est le mode le plus avantageux, parce que Talimentation du foyer ne se fait qu'à des époques assez éloignées, et que Tair échauffé peut servir à la ventilation des pièces voisines. Ce même mode de chauffage serait aussi le plus convenable pour les escaUers des hôtels.

2589. Pour les salles à manger, comme elles ne sont occupées que pendant les heures de repas, elles ne doivent être échauffées que par intermittence ; le meilleur mode de chauffage consiste dans des calorifères en tôle, qui permettent de cesser le chauffage quand la chaleur produite par les convives et les lumières est suffisante. La forme la plus convenable serait celle d'un parallélipipède, long et étroit, renfermant des tuyaux verticaux, communiquant par le bas avec l'air extérieur, et versant l'air échauffé dans la pièce par la partie supérieure, l'air brûlé cheminant de haut en bas dans l'intervalle des tubes. Un orifice destiné à la ventilation devrait être établi au bas de la cheminée. Pour les petites habitations, le poêle pourrait être surmonté d'une caisse en tôle, servant à chauffer les assiettes. Les poêles en terre cuite ne sont utiles que quand ces salles sont constamment occupées.

2590. Les chambres particulières sont ordinairement chauff^ées par de simples cheminées. Ces appareils, comme je l'ai dit, produisent peu d'effet utile sous le rapport du chauffage, et beaucoup trop sous le rapport de la ventilation. L'appareil décrit (2523) serait d'un usage bien plus avantageux que tous les autres parce qu'il permet de régler le chauffage et la ventilation, et qu'il utiUse la majeure partie de la chaleur produite.

2591. On pourrait aussi employer des poêles ordinaires ou les poêles à double enveloppe désignés sous le nom de calorifères. On obtiendrait ainsi un plus grand effet utile ; mais la ventilation se trouverait réduite au volume d'air nécessaire à la combustion. II serait toutefois facile de produire une ventilation variable à volonté, dans des limites assez étendues, eii étabUssant [fig, 664 et 665) dans la plaque de tôle qui ferme l'ouverture du bas de la cheminée et que traverse le tuyau à fumée du poêle ou du calorifère, une ouverture à

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registre glissant ou tournant par laquelle l'air de la pièce s'ëcoulerail dans la cheminée; seulement, dans ce mode de ventilation, l'air extérieur est uniquement fourni par les fissures des portes et des fenêtres.

Fig. 664. Fig. 665. Fig. 66G.

2Sd2. Si le tuyau de cheminée était adossé à un mur extérieur, on pourrait facilement produire une ventilation par un appel régulier de l'air extérieur au moyen de la disposition indiquée par la figure 666 ; A est le tuyau d'appel qui traverse le mur placé derrière la cheminée, B le tuyau d'écoulement de l'air brûlé ; au-dessous est l'orifice à registre de sortie de l'air de l'appartement.

2593. Dans le cas où la pièce ne serait pas munie de cheminée dans le mur, le même résultat est encore facile à obtenir au moyen de la disposition indiquée dans la figure 667 ; A est le tuyau d'appel, BBle tuyau d'écoulement de l'airlrùlé, C Torifice de sortie de l'air: cet orifice communique avec un tuyau DD qui environne le tuyau d'écoulement de l'air brûlé.

2594. Toujours en supposant l'absence de cheminées dans la pièce à chauffer, mais en admettant qu'il s'en trouve une au-dessus, on pourrait employer la disposition indiquée par la figure 671 . AA tuyau d'écoulement de l'air brûlé ; DD tuyau d'écoulement de l'air de la pièce ; BB, tuyau d'appel de l'air extérieur ; ce tuyau est garni d'un appendice E; au moyen duquel, en fermant les registres a

et c et ouvrant le registre b, on peut chauffer la pièce sans produire' de ventilation. En fermant seulement le registre a, la ventilation s'effectue par les fissures des portes et fenêtres.

Fig. 667. Pig. 668.'

2595. Si la salle a une très-grande longueur, on peut adopter la disposition indiquée figure 669. A. est un calorifère métallique à air chaud et h. double enveloppe, recevant directement l'air extérieur qui doit être écliauffé ; B est une cheminée située sur la face opposée et qui sert en même temps "pour le chauffage et pour la ventilation.

2596. I^ figure 670 représente la disposition du chauffage d'une pièce X, qui n'avait point de cheminée. La pièce précédente Y, qui sert d'antichambre h la première, a reçu un calorifère A, garni d'une large bouche à air chaud D, et dont le tuyau à fumée BB débouche dans la cheminée C, entièrement fermée par la partie inférieure. On a placé ensuite dans la pièce X un foyer découvert E, dont le tuyau FF traverse la salle X, et vient se rendre danslachcmi-

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née €. Cet appareil, qui fonctionne depuis vingt-huit ans à l'École centrale, est d'un service très-commode. On accrott à la fois le «hauffage et la ventilation de la pièce X, en augmentant l'activité dû feudansle foyer E. La pièce Y est occupée parles bureaux ; la pièce X «st le cabinet du directeur. Cette dernière pièce, qui est très-élevée,

-et qui est éclairée par une très-grande fenêtre, n'avait jamais pu être chauffée ; elle l'est maintenant très-facilement, et avec un feu très-faible dans la cheminée E. La bouche D est rectangulaire ; elle B 0'*,40 sur 0~,20: sa surface est vingt fois plus grande que celle de la bouche que le fumiste qui a construit le calorifère voulait établir; et c'est évidemment dans la grandeur de cette bouche que réside l'efficacité de l'appareil. Ce mode de chauffage n'a présenté qu'un seul inconvénient: les tuyaux de chauffage, dans le calorifère A, n'étant fixés qu'avec de la terre, comme dans les autres calorifères du même genre, il arrive que, quand le tirage de la cheminée Ë l'emporte sur celui de la cheminée B, un peu d'air brillé, et par suite un peu de fumée, passe dans l'air chaud qui débouche dans le canal D. Cette quantité de fumée est très-petite, tout à fait insensible Pïctrt. lU. 19

290 LIVRE XV. — CHAUFFAGE ET VENTILATION DES LIEUX HABITESà l'odorat, mais à la longue elle finit par donner une légère teinte de bistre au mur qui est au-dessus de la bouche à air chaud. I^ mélange d'une petite quantité de fumée à l'air chaufTé dans les calorifères est inévitable, quand la vitesse du courant d'air chaud l'emporte sur celle de l'air brûlé, car on n'a aucun moyen de rendre complètement étanches les joints des métaux et de la terre cuite. Mais on pourrait en faire disparaître les traces soit en employant pour combustibles du coke ou des houilles sèches, soit en brûlant

Fig. 670.

un combustible quelconque et en avançant dans la pièce l'extrémilé du tube D, soit enfm en plaçant à la partie supérieure de ta bouche une plaque inclinée qui éloignât la veine d'airchaud du mur.

2597. Pour des pièces, même d'une assez grande étendue, qui sont précédées de plusieurs autres, dont les portes et les fenêtres ferment médiocrement, et dont l'ouverture du foyer n'est pas trop grande, on peut obtenir un chauffage et une ventilation suffisants même dans les plus grands froids, avec un foyer découvert ordinaire, mais à la condition de hrdler beaucoup de combustible. Ce mode de chauffage a pourtant un avantage fort apprécié par certaines personnes, et qui le fait préférer à tous les autres, c'est de faire respirer de l'air frais, et non de l'air échauffé et desséché.

2598. Chavffage et ventilation des salons. — liorsque les salons

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