‹ Traité de la chaleurChapitre 157 sur 301 · CÏIAPITRE III. — CHAUFFAGE ET VENT. DES SALLES DE RÉUNION · texte numérisé non relu

CÏIAPITRE III. — CHAUFFAGE ET VENT. DES SALLES DE RÉUNION

qui s'était engagé à maintenir dans les pièces une température de 13% moyennant une somme de 30 francs par jour de chauffage, salaire du chauffeur compris.

D'après le rapport de la commission d'architecture chargée de la réception, l'appareil de chauffage se composait d'une chaudière en tôle cylindrique verticale, renfermant le foyer, et percée à la partie supérieure d'une ouverture pour le dégagement des gaz brûlés, qui traversaient pareillement quatre cylindres en fonte de 0",50 de diamètre, du centre à la circonférence, et de la circonférence au centre ; ces cylindres renfermaient des tuyaux de 0'",H de diamètre, parcourus par un courant d'air venant de l'extérieur. De la partie supérieure de la chaudière, partait un tube qui montait au point le plus élevé, où il se terminait par le vase d'expansion. Ce tube ascendant était environné d'un tuvau de zinc, d'une section dix fois plus grande, et environné de foin ; Tair extérieur s'échauffait dans ce tuyau, et passait ensuite dans les pièces à échauffer ; le tube revenait à la chaudière en traversant des poêles. Ces dispositions sont peu convenables ; le mouvement ascendant de l'air brûlé dans les appareils de chauffage est peu favorable à l'utilisation des surfaces de chauffe, parce que Tair brûlé suit toujours le chemin le plus court; le chauffage de l'air ne devrait pas avoir lieu autour du tuyau ascendant, parce que le refroidissement de l'eau diminue la vitesse de circulation ; c'est évidemment sur le tuyau de descente qu'il fallait effectuer le chauffage. De plus, il y a entre deux séances une perte notable de la chaleur des poêles et de l'appareil. La ventilation laissait de même beaucoup à désirer. La grande salle du Conseil d'Etat était ventilée par des orifices praliqués dans le sol, près des fenêtres, et communiquant avec un canal qui venait s'ouvrir dans le cendrier de la chaudière à eau chaude. Mais, comme nous l'avons déjà vu, par l'appel d'un foyer qui sert ou même temps au chauffage, on ne peut produire qu'une ventilation insignifiante et variable, ou une ventilation très-chère, en ne recouvrant pas entièrement la grille de combustible.

2623. Malgré ces défauts, le chauffage de ce palais a été l'objet d'un rapport très-favorable de la commission d'architecture, rapport qui prouve combien il est nécessaire d'introduire dans l'éducation des architectes quelques notions sur la physique et sur les appareils de chauffage, et surtout combien il est fâcheux que les administrations et l'Etat laissent aux architectes l'appréciation des systèmes de chauffage et de ventilation. Je citerai seulement deux

phrases du rapport : « Dans V appareil de M, Duvoir-Leblanc^ il nest pas besoin de plus de feu que celui qui serait nécessaire pour fuire bouillir de Feati, Ainsi, d'après cela, la quantité do chaleur nécessaire pour produire de la vapeur serait indépendante de la quantité de vapeur produite. La chaleur ne se dissipe que par les portes et les fenêti^es, » Le rédacteur n'a pas ajouté quand elles sont ouvertes ; mais cela résulte de la locture du rapport. J'ai lu bien des rapports extraordinaires, mais aucun de comparable à celui dont il est question.

Crrand amphithéâtre du ConserYatoIre «les arts et métiers.

2626. Le chaufl'age et la ventilation de cette grande salle, qui peut contenir plus de huit cents pcîrsonnes, avait aussi lieu par des appareils construits par M. Duvoir-Leblauc. Leurs effets ont été étudiés par M. le général Morin, direcloiu' du Conservatoire, et les résultats de ses observations ont fait l'objet d'un long mémoire inséré dans les comptes rendus de l'Académie des sciences du 26 avril 18ij2. Yoici d'abord, d'après ce rapport, la disposition des appareils.

2627. Dispositif de r appareil de ventilation du grand amphithéâtre du Conservatoire, — La ventilation de ce vaste local, dans lequel se trouvent rassemblés, le soir, des auditeurs au nombre do sept à huit cents et même plus, et qui, chauffé de façon que, quand deux cours se succèdent avec des auditoires parfois très-différents en nombre, la température doive y rester sensiblement la même, présentait d'assez grandes difficultés.

« Un premier dispositif adopte, il y a cpielques années, n'avait pas complètement réussi. Les conduits d'aspiration n'avaient guère que 0'"%65 de surface totale de section, et la cheminée O^^iQ, et il n'y avait pas d'appel à la partie supérieure. Par suite de ces proportions trop restreintes, la température s'élevait considérablement, et l'air était vicié dans la partie supérieure de l'amphithéâtre. Plusieurs fois des auditeurs avaient été incommodés. Je m'entendis avec M. l'architecte du Conservatoire, et uncî modification des dispositions employées fut demandée à M. Léon Duvoir. J'indiquerai en peu de mots le nouveau dispositif. •

2628. « Le grand amphithéâtre du Conservatoire est chauffé, pendant les heures des cours publics, à une température qui ne doit pas être inférieure à 4 5°, d'après les termes du marché, et qui s'élève habituellement à 20'' quand il contient huit cents per-

GHAPITKE ni. — CHAUFFAGE ET VENT. DES SALLES DE RÉUNION. 3i t

sonnes, ainsi que cela arrive habituellement pour certains cours. Il faut que la température soit sensiblement la même dans toutes les parties de Tamphithéâtre, au bas et, au sommet; de plus, il importait d'extraire, sans gêner l'auditoire, une quantité d'air suffisante pour enlever toute émanation désagréable.

« Pour y parvenir, M. Léon Duvoir a ouvert, vers le bas des gradins de l'amphithéâtre, sous les jambes des auditeurs, des orifices d'appel qui sont en communication avec des conduits pratiqués sous les gradins. Ces orifices sont au nombre de 39, dont 34 ont O^yOS sur 0",20 et sont répartis sur les deux tiers de la hauteur de l'amphithéâtre, et dont les 5 autres sont situés sous le premier gradin et ont 0'",13 sur 0™,60 d'ouverture. Tous ces conduits se réunissent dans une pièce située sous l'amphithéâtre et qui contient le calorifère à eau chaude. Dans cette pièce et à 0™,58 au-dessus du sol s'ouvrent 4 bouches d'appel prolongées par autant de conduits verticaux qui se réunissent en im seul tuyau horizontal communiquant à une grande cheminée d'appel, au bas de laquelle se trouve un foyer qu'on n'allume qu'en cas de besoin.

« Des tuyaux à circulation d'eau chaude, avec des parties renflées, appelées bouteilles, passent dans le fond du conduit horizontal pour en chaufTer l'air et produire l'aspiration.

« La cheminée verticale contient deux tuyaux en fonte, l'un qui communique au fourneau d'une machine à vapeur, et l'autre, toujours chaud, qui sert de commencement de cheminée au calorifère.

« Ces deux tuyaux sont raccordés avec deux autres plus petits qui forment la cheminée du petit calorifère auxiliaire, employé pour déterminer ou accélérer au besoin Tappel d'air. En outre, il a été établi, au plafond de l'amphithéâtre, au-dessus de la partie la plus élevée des gradins, une large bouche d'appel qui communique avec un tuyau horizontal, lequel débouche dans la grande cheminée.

2629. « Les sections de passage de l'air expulsé de l'amphithéâtre sont les suivantes :

Orifice d'appel dans la ; N" 1. A gauche en entiani 0,560. 0»500 = Û",?80000

chambre du foyer, à l N" 2. A droite en entrant 0,018.0,480 = 0'",296440

0-50 au-dessous de j N" 1. A gauche près du foyer.. .. 0,587.0,514 =0-,30l718

rentrée ( N» 4. A droite près du foyer 0,543.0,524 = 0-,î84532

Tuyau au-dessus de ramphithéàtre, 0,700 sur 0,700 Û",49

Aire totale des orifices d'appel l-,652890

CHEMINÉ p. D^API'EL.

Section prise à hauteur du regard, 1-,10() sur I",030. 1-, 133000

A déduire pour la section des tuyaux de fonte G". 187000

Section libre de passage O^jOiOOOO

«Ainsi, la section de la cheminée n'eslque les 0,946 : 1,653 = 0,57 de celles des orifices d'appel, ce qui nécessite une accélération de la vitesse au débouché des conduits dans la cheminée. On conçoit cependant qu'il est difficile d'éviter cet inconvénient sans être conduit à donner à la cheminée des dimensions bien considérables et bien dispendieuses. »

2630. Il résulte de cette description, et de renseignements pris sur les lieux, que l'appareil de chauffage et do ventilation est disposé de la manière suivante :

Au bas de TamphithéAtre et de chaque côté de la table du professeur se trouve un poôle à eau chaude- à travers lequel s'élève un courant d'air chaud provenant dq Textérieur ; cet air chaud s'élève d'abord à la partie supérieure, se rend dans une cheminée d'appel 1° par une ouverture pratiquée à la hauteur du plafond; 2" par des orifices percés dans les faces verticales des bancs et qui communiquent avec le dessous de l'amphithéâtre. De là, quatre tuyaux le conduisent sous la grille d'un foyer placé au bas de la cheminée d'appel; dans le chemin, l'air est échauff'é par des tuyaux à eau chaude. Là cheminée d'appel renferme deux cheminées en fonte d'une petite hauteur, pour l'écoulement de la fumée des doux fourneaux de chauffage.

2631. Cette disposition est assez mal entendue sous plusieurs rapports. La pensée du constructeur a sans doute été de pouvoir, à volonté, porler l'air à une température suffisante pour l'appel, soit à l'aide des tuyaux d'eau chaude, soit à l'aide du foyer. Nous ne pouvons que répéter qu'avec le chauffage à l'eau chaude, l'appel coûte beaucoup plus cher qu'avec le chauffage direct, sans compter les frais d'installation, qui sont beaucoup plus considérables. En second lieu, faire passer de Tair. à échauffer h travers un foyer est une disposition qui peut produire de très-grandes anomalies, résultant de la variation de la surface libre; inconvénient qu'on évite complètement en plaçant le foyer à côté de la cheminée. Aussi, dans huit séries d'expériences, les vitesses d'écoulement dans les quatre tuyaux qui débouchent au-dessous de ta grille dans la cheminée d'appel

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