CHAPITRE m. — CHAUFFAGE ET VENT. DES SALLES DE RÉUNION
ont varié dans le rapport de 2 à i , tandis que ces vitesses ont varié seulement dans le rapport de 4 à 3 pour rorifice débouchant dans la cheminée.
2632. Dans le mémoire dont il est ici question, M. le général Mo-* rin donne les résultats des expériences faites sur les cinq tuyaux d'appel qui amènent Tair dans la cheminée. On peut en conclure que la ventilation totale observée, divisée par le nombre des auditeurs estimé à huit cents, a été comprise entre 13 mètres cubes et 10 mètres cubes par personne et par heure; la plus faible ventilation a eu lieu quand la température de l'air extérieur était le plus élevée. La température, à la partie supérieure de Tamphithéàtre, a toujours été de 20% et do 19° à 18%o k la partie inférieure. L'air n'avait aucune odeur désagréable. En tenant fermé un des orifices d'accès de l'air dans le foyer, la vitesse dans les autres n'a pas changé. La vitesse dans les tuyaux d'appel a toujours été comprise entre 2", 15 et 1",10. Le foyer d'appel n'a été, en général, que faiblement entretenu ; les jours d'expériences, la consommation de houille n'a pas été observée. La quantité totale de houille consommée pour le chauffage et la ventilation a varié de 180 à 22.^ kilogrammes par jour. Les conclusions de M. Morin sont que l'appareil de M. Duvoir-Leblanc satisfait à la fois aux conditions d'un bon chauffage et d'une abondante ventilation. Mais nous ferons remarquer que, d'un jour à l'autre, entre deux leçons, une portion notable de la chaleur possédée parFeau des poêles, des tuyaux et de la chauilière, disparait par le refroidissement, en ne produisant qu'un effet tardif inutile. Cet appareil ne peut donc satisfaire à la condition d'économie, qui ne doit pas plus être négligée dans un établissement public que dans un établissement particulier. Si l'emploi du système à Teau chaude, à l'exception toutefois du mode de Perkins, consistant en de très-petits tuyaux, ne convient pas, c'est certainement pour les chauffages intermittents comme celui d'un amphithéâtre.
2633. M. le général Morin a cherché, en comparant les résultats obtenus dans des circonstances différentes, s'il y avait une influenco du nombre des (\uditeurs sur la ventilation. Il a trouvé qu'elle augmentait avec leur nombre, ce qui devait être, toutes les autres circonstances étant les mêmes. Mais M. Morin pense « que l'influence du nombre des auditeurs n'est pas assez grande pour qu'il soit indispensable d'en tenir compte dans l'établissement des appareils, excepté pour les réunions nombreuses de personnes échauffées par un exercice énergique. » Il m'(»st impossible de partager celte opi-
314 LlVHIi XV. — CHAUFFAGE KT VENTILATION DES LILUX HABITÉS.
nion ; chaque individu, par Tacle même de la respiration, dégage au moins 40 unités de chaleur par heure, employées à chauffer Tair, et cette chaleur ne peut pas disparaître. Si, dans les expériences rapportées dans le mémoire, on avait mesuré la température de Tair à la sortie des bouches du calorifère, on aurait pu apprécier Tinduence du nombre des auditeurs sur la température de Tair à rentrée des orifices d'aspiration. Il est d'ailleurs facile de prouver, par un calcul bien simple, qu'en supposant une ventilation de 10 mètres cubes d'air par personne et par heure, les 40 unités de chaleur émi^^es par chaque individu, indépendamment de la chaleur employée à la vaporisation de Teau provenant de la transpiration, élèveraient Tair de ventilation d'environ 12°.
Le maximum de ventilation, lorsque tous les orifices d'appel étaient ouverts, a été de 12"%711 le 18 février, et le minimum de 9"*, 556 le 42 mars. La salle peut contenir neuf cents personnes; en suppostjntque ces volumes d'air soient employés d'une manière efficace à l'assainissement et que la ventilation soit uniformément répartie, le volume d'air pour chaque personne serait de 14 mètres cubes et de iO"%o, volumes trop faibles pour une bonne ventilation. Le mémoire n'indique point qu'il y ait eu de précaulions prises pour régler la ventilation ; il n'indique point les conditions dans lesquelles l'air introduit est réparti, il pourrait se faire qu'en certains points, la ventilation fût insuffisante, tandis que, dans d'autres, elle serait en grand excès. Alors, quoique la pièce fût traversée par un grand volume d'air, une partie plus ou moins considérable pourrait être fort insalubre.
Enfin, une dernière condition, aussi essentielle, surtout pour l'assainissement d'une pièce contenant un si grand nombre de personnes si rapprochées, c'est que chacune d'elles reçoive de l'air pur, et non de l'air échauffé et déjà vicié par la respiration.
L'incertitude que le mémoire laisse subsister sur la régularité de la ventilation totale, sur l'uniformité de sa répartition dans la salle, et sur l'état de l'air qu'on y respire dans différents points, fait facilement comprendre que Topinion du général Morin sur l'efficacité de l'appareil ne soit pas partagée par tout le monde. Un article de la Beviie de Clnslniction publique^ relatif à la question qui nous occupe, se termine ainsi : « Nous ajouterons que nous avons constaté nous-méme une lourdeur accablante de l'atmosphère à quelques-unes des leçons faites dans cette salle : ce jour-là on n'expérimentait pas l'appareil. » (Benêt Sainte-Preuve.)