CHAPITRE III. — CHAUFFAGE LT VENT. DES SALLES DE RÉUNION. 3IÎ
iilation dans les murs de façade, on atténue dans une certarne mesure le refroidissement par les murs du bâtiment.
La machine du sous-sol qui fait mouvoir les appareils de ventilalion des combles sert en même temps à faire mouvoir un montecharge et divers autres appareils : pompe à incendie, pompe à eau pour les services courants, etc.
2640, Cette installation présente l'avantage d'un chauffage qu'on peut faire varier à volonté avec une grande facilité ; de plus, l'emploi d'une ventilation mécanique rend celle-ci complètement indépendante du chauffage. Mais comme la ventilation se fait exclusivement par appel, on n'évite pas les rentrées d'air par les fissures des portes et des fenêtres. On pourrait désirer aussi que des dispositions eussent été prises pour rafraîchir l'air neuf en été.
Théâtres.
2641. Les théâtres des Romains n'étaient pas couverts, ou, du moins, ne l'étaient qu'accidentellement par des toiles, et ils n'étaient fréquentés que pendant le jour. Ces circonstances devaient les rendre très-salubies, beaucoup plus que nos théâtres fermés quand ils ne sont pas convenablement ventilés ; cependant la chaleur produite parle grand nombre des spectateurs portait quelquefois la température à un degré très-élevé, que l'on abaissait par des arrosages fréquents, par de l'eau injectée en pluie très-fine, et quelquefois même parfumée.
2642. Dans nos théâtres fermés, la chaleur produite par les spectateurs, par les appareils d'éclairage et l'altération de Tair résultant de la respiration et de la transpiration exigent une puissante veutilation. Le chauffage de la salle s'effectue par des calorifères de différents systèmes, et la ventilation s'établit par la cheminée placée au-dessus du lustre, qui constitue un foyer d'appel. Cet appel pourrait être souvent suffisant pour produire l'assainissement si les orifices d'accès de l'air neuf et ses mouvements dans la salle étaient convenablement disposés.
2643. M. Darcet, comme membre du Conseil de salubrité, a fait une étude spéciale des conditions d'assainissement des salles de spectacle, en ayant égard aux considérations théoriques, et il a fait exécuter les dispositions qu'il avait imaginées. La commission dont M. Darcet faisait partie a eu à s'occuper successivemoul de Tassai-
nissenient do rOdéon, do l'Opéra, du Gymnase, des Variétés, du Théàlre-Francais et du théâtre de rOpéra-Comique.
M. Darcet a publié dans les Annales d hygiène publique un mémoire sur la question dont il s'agit ; c'est de ce mémoire que j'ai extrait ce qui suit, en y ajoutant seulement quelques détails. Les dispositions générales que ce savant a imaginées, il y a bien des années, sont les suivantes :
26i4. Le mode de cliauflTage employé est le chauffage à vapeur; la chaudière est placée, autant que possible, dans un bâtiment voisin, afin d'éviter les conséquences d'un accident. Un calorifère à vapeur se trouve au-dessous du parterre, et Tair chaud arrive par des fentes ménagées à la partie supérieure latérale des bancs. D'autres sont placés dans le vestibule et dans les couloirs des différents étages de loges. Ceux des couloirs se composent de plaques au niveau du sol et de poêles à vapeur ; ces poêles chauffent directement de Tair extérieur, ou de l'air qui a déjà passé par la chambre du calorifère qui se Irouve au-dessous du parterre. Les loges d'acteurs et le théâtre renferment également des poêles à vapeur. Les galeries appelés foxjers sont chauffées par des foyers découverts, et en même temps par des courants d'air chaud sortant des calorifères des couloirs. Nous devons dire que ces cliauffages à vapeur n'ont pas, en général, été établis, et qu'on leur a substitué des calorifères à air chaud.
26io. L'air extérieur, préalablement chauffé, arrive dans la salle par les orifices des bancs du parterre et des canaux pratiqués entre le plafond de chaque étage de loges et le plancher de l'étage supérieur, et l'air des couloirs pénètre à volonté dans les loges par des orifices pratiqués dans le mur de fond de la loge et garnis de registres qu'on ferme plus ou moins. L'emploi de ces derniers orifices ne devait constituer qu'un mode accessoire de ventilation, et Ton ne devait s'en servir que comme supplément dans le cas où la somme des autres orifices se serait trouvée insuffisante par suite de circonstances exceptionnelles.
2646. Au-dessus du lustre se trouve une cheminée munie de registres, et qui est garnie à la partie supérieure et latéralement de jalousies. Une cheminée analogue a été établie au-dessus de la scène. Cette dernière sert, pour les représentations où on brûle de la poudre, à produire un appel d'air suffisant pour empêcher la fumée de se répandre dans la salle. L'appel du lustre étant moins puissant pour rétoge le plus élevé, le plafond de ces loges cominuni(iue directement