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GHAPITRB 111. — CHAUFFAGE ET VENT. DES SALLES DE RÉUNION

par un certain nombre de tuyaux avec la cheminée du lustre.

2647. Sous le rapport du chauffage, le système que nous venons d'exposer laisse peu à désirer ; mais il est loin d'en être ainsi sous le rapport de la ventilation. L'appel par la cheminée du lustre détermine par les fissures des portes des loges^ des courants d'air incommodes et même dangereux, car la température des couloirs est basse relativement à celle de la salle. D'un autre côté, les courants d'air chaud qui s'établissent à la sortie des orifices, dans le parterre et dans les loges, sont en général désagréables, et les spectateurs préfèrent fermer ou boucher tous les orifices de ventilation. Il en résulte que la ventilation de la salle est à peu près nulle et que presque tout l'air appelé par le lustre vient directement de la scène.

2648. D'après dès renseignements qui m'ont été fournis il y a déjà longtemps, la température de l'air à la cheminée du lustre serait de 26« au théâtre de l'Opéra-Comique, de 28 à 30' au théâtre de la Gaieté, et de 30 à 35*" au théâtre du Palais-Royal. Ces températures varient d'ailleurs beaucoup pendant la durée d'une représentation, comme nous le verrons un peu plus loin. Au théâtre du Palais-Royal, la vitesse d'écoulement était de 0^,60, la surface libre à peu près de 6 mètres carrés, ce qui fait 21 600 mètres cubes par heure, et comme le nombre des spectateurs s'élevait à 1 200 environ, le volume d'air pour chacun n'atteignait que 18 mètres cubes par heure, en supposant la ventilation uniformément répartie. Mais il est bien certain, d'après ce que nous venons de dire, que cette bonne répartition n'existe pas, et ne saurait que bien difficilement exister dans un théâtre avec la ventilation par appel. Cette dernière observation s'est trouvée confirmée par le résultat qu'ont fourni les ventilations par appel installées à Paris dans les théâtres de la ville ; le Théâtre- Lyrique, le Cirque (place du Châtelet) et la Gaieté.

2649. En 1861, une commission avait été chargée par le préfet de la Seine de dresser le programme à suivre pour opérer la ventilation et le chauffage du Théâtre-Lyrique et du Cirque que la ville construisait. Cette commission adopta la proposition de son rapporteur, le général Morin, laquelle consistait à ventiler par appel et à se servir à cet effet de la chaleur développée par les becs de gaz de l'éclairage ; comme chauffage, la commission, éclairée sans doute par les résultats de l'explosion meurtrière du calorifère à eau chaude de Saint-Sulpice, spécifia des calorifères à air chaud. Elle fixait à 30 mètres cubes, au moins, par spectateur et par heure, le volume d'air à exiraire de la salle. Cette condition a été interprétée de telle façon

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qu'on Ta appliquée au volume d'air écoulé par les cheminées d'évaeuatton et oon au volume d'air qui affluait par les orifices d'accès de l'air neuf.

. 2650. Nous décrirons succinctement les dispositions employées au Tiiéâtre-Lyriqne parce qu'elles ont été établies conformément au programme et aux indications du général Morin et par ses soins.

Là ventilation était effectuée au moyen de l'appel produit en se servant de la chaleur développée par les becs de gaz de l'éclairage principal, composé de 1180 becs placés derrière un plafond transparent ; cet éclairage remplaçait le lustre ; la coupole avait sa surfice presque eatièrement vitrée en verre dépoli et peint. Ce vitrage formait la base de la cheminée d'appel et formait une séparation entre celle-ci 6t la salle. Toutes les gaines donnant' issue à l'air vicié de la salle aboutissaient à cette grande cheminée de la coupole.

De chaque côté du parterre se trouvait une gatne afférente à cette partie de la salle, et qui était parcourue par le tuyau de fumée de l'un des calorifères, afin d^activer l'appel au rez-de-chaussée ; ces gaines aboutissaient aussi à la cheminée des coupoles. En été, on avait la (acuité de faire un feu de houille dans ces deux gaines latérales afin d'augmenter le tirage.

.2651. Nous avons indiqué plus haut le dispositif imaginé par Daroet pour l'introduction de l'air neuf dans les salles de théâtre : il consistait à le faire arriver par les doubles fonds des planchers de «chacun des étages, et à le faire déboucher au pourtour de chaque rang de loges au parement de leur galerie. La commission des théâ- Ims de la ville de Paris adopta ce mode de distribution dans son pregramme Au fond des loges et au niveau de leur plancher devaient être placées les bouches d'évacuation de l'air vicié ; ces houches aboutissaient par des canaux aux gaines qui se rendaient à la cheminée surmontant la coupole ; la construction de Tédifice ne pecmit pas de placer ces bouches au bas des loges et obligea à les méUne toiujours au fond, mais près du plafond de ces mêmes loges. Pour le parterre et l'orchestre, les orifices d'évacuation de l'air vicié avaient une communication directe avec la cheminée de la coupole ; oauxidu yneaiier étage, du second et du troisième se réunissaient pour aboutira celle même cheminée, et ceux du quatrième étage avaient knr iga&tte spéciale.

âfiSS. L'«ir neuf pour la ventilation du théâtre était amené en toute saifion par un canal souterrain, qui s'ouvrait, à fleur de sol» le square de la tour Saint-Jacques. Le programme avait biea

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