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CHAPITRE III. — CHAUFFAGE ET VENT. DES SALLES DE RÉUNION

2673. Dans la coupole, une cheminée centrale réunit toutes ces ventilations et porte dans l'atmosphère Tair vicié de la salle. A la base de cette cheminée se trouvent établies des surfaces de chauffe alimentées par des foyers additionnels placés dans les caves, et une couronne de gaz qui devra servir en Tabsence du chauffage de la salle à obtenir un appel suffisant.

La cheminée générale porte à sa partie inférieure un registre qui se ferme après la sortie du public et le levage du lustre, et à sa partie supérieure un appareil Morjn qui la préserve de la pluie et de l'action contraire des vents. Chacun des conduits d'évacuation porte, comme la cheminée générale, un registre qui se ferme après la sortie du public.

2674. Nous ne connaissons pas d'expériences directes faites pour déterminer les résultats obtenus par ces dispositions ; il est probable que dans une certaine mesure les inconvénients que nous avons signalés relativement au mode de ventilation par appel subsistent à l'Opéra nouveau comme nous avons pu le constater dans les résultats des expériences du général Morin en ce qui concerne le Théâtre- Lyrique. Cependant, dans le cas du nouvel Opéra, le développement plus considérable des espaces qui entourent la scène, espaces qui en hiver sont chauffés séparément, doit atténuer les effets des rentrées d'air qui se font par les voies non prévues, et les courants d'air qui se produisent par les fissures des portes, des vasistas, de la scène, etc., ayant à peu près la température de la scène, peuvent, en définitive, n'avoir que des inconvénients peu sérieux. Il resterait toujours à déterminer si la ventilation se fait régulièrement dans toutes les parties de la salle, et si chacune d'elles reçoit bien effectivement la quantité d'air qui lui est assignée.

Cette insuffisance du mode d'appel a mené à chercher dans l'emploi de la pulsion un remède aux inconvénients signalés. Nous trouvons un exemple de cette méthode dans ce qui a été fait pour le chauffage et la ventilation du théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles. Les travaux nécessaires ont été exécutés dans ce théâtre, déjà construit depuis longtemps, sous la direction de M. Bordiau, architecte, par MM. Geneste et Herscher.

2675. Le théâtre de la Monnaie était autrefois desservi par quatorze petits calorifères à air chaud, répartis dans les dessous et présentant, outre de sérieux dangers d'incendie, des difficultés de service et un fonctionnement imparfait. Pour la ventilation, rien de spécial n'avait été prévu ; le fond des loges seul, à la partie supé-

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rieure, se trouvait mis en communication avec les couloirs au moyen d'ouvertures munies de grillage à mailles fines.

Voici les dispositions qui ont été prises à nouveau, et dont une partie, celle qui concerne la salle proprement dite, a pu déjà, par son fonctionnement, apporter une amélioration considérable dans le régime du théâtre.

2676. Les caves ont été réaménagées pour y préparer l'air de ventilation. Celui-ci, pris sur la grande place de la Monnaie, est amené dans une sorte de vestibule ou réservoir A (fîg. 673], sur lequel s'ouvrent plusieurs chambres indépendantes les unes des

autres ; ces chambres communiquent respectivement avec les diverses parties du théâtre; les unes, B, 6, avec la salle au moyen d'ouvertures multipliées b, b (fig. 676}, réparties tout autour du plafond, et les chambres C, C (fig. 675), avec la partie supérieure du

cadre du rideau ; d'autre part, les chambres D, D correspondent avec quelques salons spéciaux et quatre loges principales, et enfin les chambres E, E avec les vestibules, corridors et couloirs ; chaque chambre est munie d'une porte qu'on peut ouvrir à volonté, et pourvue d'une batterie de tuyaux à vapeur également indépendants, en sorte que l'air pur pris au dehors, étant amené par propulsion dans le réservoir A, on peut à volonté envoyer dans les diverses parties de la salle de l'air en quantité, et à température variable à volonté.

2677. L'évacuation de l'air vicié se fait de la salle en partie par la rosace du gi*and lustre F (fig. 679), au plafond, dont la section d'échappement peut être réglée à volonté, en partie par le fond des loges par les ouvertures dj d et en partie au moyen d'une série d'orifices c, e pratiqués tout autour du parterre et de l'orchestre ; ces bouches d'évacuation correspondent à des gatnes-coUecteurs K, pour les dernières et L pour les premières, dans lesquelles l'aspiration est produite mécaniquement. Une plus grande force est dépensée pour l'introduction de l'air dans la salle par pulsion, de manière à éviter le plus possible les courants d'air violents, passant par les portes des loges et les couloirs du parterre et de l'orchestre. Dans ce dernier but également, les vestibules et corridors sont convenablement clos du côté de l'intérieur et abondamment chaufies pendant l'hiver. Outre ces dispositions, la salle est chauffée rapidement avant l'arrivée des spectateurs au moyen de bouches spéciales pratiquées dans le sol du parterre.

2678. Les appareils destinés à produire le chauffage et la ventilation sont installés dans le sous-sol ; ils comprennent deux générateurs M de petite capacité, fournissant la vapeur nécessaire au fonctionnement des appareils mécaniques qui mettent l'air en mouvement en même temps qu'au chauffage de l'air insufflé.

Les appareils destinés à fournir le mouvement de l'air pur aussi bien que de lair vicié comprennent une machine à vapeur actionnant une machine soufflante ; l'air comprimé se rend dans un régulateur de la pression 0, d'où il est distribué aux injecteurs Q.

Des appareils spéciaux permettent à la vapeur de se distribuer sans difficulté et à basse pression. Les batteries de chauffage étant en outre indépendantes les unes des autres, on conçoit qu'il est aisé d'obtenir partout une température convenable en hiver. Malgré les difficultés de l'installation, on a pu, avec les dispositions que nous venons de décrire, obtenir une ventilation effective de 30 000 mètres cubes par heure.

Traité do ]i chaleur par E.H-cl.tl .

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